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[Fwd: [gulliver] Fw: LETTRE COMMUNE PRESSION SUR LE GOUVERNEMENT]: msg#00052

Subject: [Fwd: [gulliver] Fw: LETTRE COMMUNE PRESSION SUR LE GOUVERNEMENT]
This is an OpenPGP/MIME signed message (RFC 2440 and 3156)
Bonjour,

Voilà une lettre destinée au premier ministre qui pourra vous aider dans
votre préparation, car même si elle est un peu longue, il y a des choses
intéressantes.

Amicalement,

jm - Linux-Arverne

-- 
jm  .oO ( http://jmtrivial.info )

--- Begin Message ---
Subject: [gulliver] Fw: LETTRE COMMUNE PRESSION SUR LE GOUVERNEMENT
dites je viens de trouver ça qui est dessous sur la liste debian user
french : est-ce que quelqu'un a des infos supplémentaires là dessus ? 
Ca semble assez gratiné non ? 
Est-ce que les membres de Gulliver ne pourraient pas s'associer à ce
mouvement ? 
Jean-Louis 

 Begin forwarded message:

Date: Mon, 28 Nov 2005 14:48:38 +0100
From: Wormhole <wormhole-39ZsbGIQGT5GWvitb5QawA@xxxxxxxxxxxxxxxx>
To: Liste debian user Liste debian user
<debian-user-french-0aAXYlwwYIJuHlm7Suoebg@xxxxxxxxxxxxxxxx> Subject: LETTRE 
COMMUNE PRESSION
SUR LE GOUVERNEMENT


Il me semble que cette lettre est parfaite. Pour ma part, comme tout le
monde,  je n'ai pas beaucoup de temps pour écrire, alors j'ai pris ce
modèle de  lettre que j'ai signé, maintenant à vous tous d'en faire
autant et le dernier  pourra l'envoyer au premier ministre (pas de
timbre seulement en recommandé  est en plus c'est gratuit pour envoyer
des lettres à l'état.)
####################################################


Monsieur le Premier Ministre,

Je vous écris ce jour car vous avez déclaré l'urgence fin septembre sur
le  projet de loi DADVSI (1206), projet de loi qui transpose la
directive  européenne EUCD (2001/29CE), qui elle-même implémente deux
traités de  l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (WCT
et WPPT) datant  de 1996, et que ni la France, ni l'Union européenne
n'ont pour l'instant  ratifiés.

Je tenais à vous dire que, au regard du contenu de ce projet de loi et
des  spécificités de la procédure que vous avez déclenchée, je suis très
inquiet  pour l'avenir du droit d'auteur français.

Je m'explique.

En autorisant les producteurs de films et de disques à déployer des 
dispositifs techniques (les mesures techniques) pour contrôler l'usage
privé  des oeuvres numérisées et l'exercice des exceptions au droit
d'auteur, le  projet de loi DADVSI transforme cet usage (la lecture, l'é
coute) et ces  exceptions (et notamment l'exception de copie privée) en
des droits  contractualisables par la technique, que l'auteur peut
autoriser ou interdire  a priori.

Le projet de loi prévoit ainsi que les mesures techniques pourront
limiter à  une seule copie le nombre de copies privées d'une oeuvre
originale non  distribuée par un service à la demande (CD, DVD) ; et
qu'elles pourront  interdire purement et simplement toute copie privée
dans le cadre d'oeuvres  distribuées par un service à la demande, ou si
l'utilisateur qui veut faire  la copie n'a pas acquis licitement
l'oeuvre.

Le projet de loi s'assure, de plus, qu'il soit extrêmement difficile
pour un  membre du public de faire valoir ses droits en instaurant une
juridiction  d'exception (le médiateur sur la copie privée) qui ne peut
être saisie que  par des associations de consommateurs, et qui
intervient a posteriori.

Le projet de loi DADVSI prévoit, par ailleurs, jusqu'à trois ans de
prison et  300 000 euros d'amende pour quiconque proposera, utilisera ou
fera connaître,  directement ou indirectement, un outil ou une
information permettant de  neutraliser une mesure technique, et ce
quelle que soit la finalité  poursuivie par l'utilisateur. Un tel acte
est assimilé dans le projet de loi  à un délit de contrefaçon, délit
qui, comme vous le savez sans doute, est  assorti d'une présomption de
culpabilité.

Et enfin comme, techniquement, pour contrôler la copie, il faut forcé
ment  contrôler l'accès ___ donc la lecture ___, de facto si le projet de
loi était  adopté en l'état, il ferait du droit de lire un droit
exclusif. Demain,  chaque lecture dans l'environnement numérique
pourrait être conditionnée par  l'obtention d'une autorisation via un
serveur d'authentification distant.

Si la CNIL s'opposait au déploiement de tels dispositifs, la protection 
juridique des mesures techniques réputées efficaces comme dit la
directive ne  servirait à rien dans le cadre de la lutte contre les
usages non autorisés  (par la loi ou arbitrairement), puisqu'il est é
vident que, au regard de  l'état de la technique, les mesures techniques
ne pourront prétendre être  efficaces que si elles s'appuient sur des
puces cryptographiques à  identifiant unique, et que si elles prévoient
la possiblité de révocation de  clé par un serveur distant en cas de
diffusion d'une faille les concernant.

Cela n'est d'ailleurs pas sans poser de sérieux problèmes en matière de 
protection de la vie privée et de sécurité économique nationale.

La technologie que les membres de la RIAA (Recording Industry
Association of  America) et de la MPAA (Motion Picture Association of
America) souhaitent  utiliser pour protéger leurs oeuvres, et que le
projet DADVSI entend protéger  demain par le secret, a ainsi été
commentée en ces termes dans un rapport  d'information parlementaire sur
la stratégie de sécurité économique nationale  (1664) rédigé par le dé
puté du Tarn, Bernard Carayon :

Récemment, la polémique au sujet de la Trusted Computing Platform
Alliance  (TCPA) visant à intégrer au processeur une partie cryptée
directement  utilisée par le système d'exploitation a mis en lumière ces
enjeux. Les  sociétés Microsoft et Intel comptaient ainsi pouvoir maî
triser le piratage  des logiciels. Cependant, ces fonctionnalités
pourraient également permettre  à des personnes mal intentionnées, ou
des services de renseignement  étrangers, de disposer d'un moyen de
contrôler à distance l'activation de  tout ou partie des systèmes à
l'insu de leurs utilisateurs.

Le projet de loi DADVSI constitue donc une extension radicale et infondé
e du  droit d'auteur, assez surréaliste sur le long terme, mais qui a
clairement le  potentiel pour diviser encore plus la France entre les
ayant-accès à la  culture numérisée et les autres, avant un éventuel
retour en arrière.

Même si l'expérience orwellienne qu'il propose n'est pas menée à terme,
les  conséquences sociales, économiques et stratégiques pourraient être 
importantes s'il était adopté en l'état et commençait à être appliqué
par des  juges.

D'une part, tout comme les millions d'internautes qui échangent
actuellement  des oeuvres numérisées sans autorisation, nombreux seront
sans doute les  membres du public ne se livrant pas à cette pratique et
ne la cautionnant pas  forcément, mais qui n'accepteront pas de se voir
imposer des dispositifs  limitant des usages aussi légitimes et naturels
que la libre lecture ou la  copie privée. Surtout quand on leur opposera
que cette disposition existe  pour eux, car ils pourraient peut-être un
jour redistribuer des copies au  tout-venant sur Internet.

On voudrait tuer la légitimité du droit d'auteur en le transformant en
droit à  l'arbitraire que l'on ne s'y prendrait pas autrement. La pré
somption de  culpabilité en matière d'usage et de copie dans la sphère
privée n'a pas lieu  d'être, pas plus que le contrôle technique qui va
avec.

De plus, créer de nouveaux délits transformant des usages culturels de
masse  licites en infractions pénales, alors que l'on est incapable
d'empêcher dans  les faits les millions d'échanges non autorisés de
fichiers sans basculer  dans la répression de masse, témoigne d'une dé
connexion totale de la réalité  ou d'un véritable désir d'escalade,
passant par exemple par la privatisation  des missions de la police ou
de la justice sur Internet.

Ce transfert des missions régaliennes de l'État au profit des parties
civiles  entraînera, à n'en pas douter, le développement et
l'utilisation par les  internautes de réseaux garantissant l'anonymat et
utilisant intensément la  cryptographie. Lutter contre la technique avec
la technique est une voie sans  issue, sauf à être prêt à imposer par
force des outils de contrôle d'usages  culturels au grand public portant
atteinte à la vie privée, et être prêt à  supprimer l'article 30 de la
loi sur la confiance dans l'économie numérique  qui indique que
l'utilisation de moyens de cryptologie est libre.

D'autre part, et comme l'a si bien dit Dominique Barella, président de
l'Union  Syndicale des Magistrats dans une tribune parue dans Libération
le 14 mars  2005 :

Quand une pratique infractionnelle devient généralisée pour toute une 
génération, c'est la preuve que l'application d'un texte à un domaine 
particulier est inepte. La puissance de la jeunesse est immense, le jour
où  des milliers de jeunes se retrouveront place de la Bastille pour
protester  contre le CD téléchargé à un euro, aucun élu ne leur ré
sistera.

Les jeunes mineurs délinquants d'aujourd'hui seront demain des électeurs
 majeurs.

Plus les chantres du tout-contrôlé blinderont les oeuvres numérisées et 
tenteront de revenir sur les droits existants du public en prétextant
lutter  contre la contrefaçon, plus le fait de contourner une mesure
technique et le  fait de partager de la musique deviendront des actes
politiques.

Par ailleurs, j'attire votre attention sur le fait que, sur le plan 
économique, ce projet de loi ne sert principalement qu'une poignée 
d'entreprises extra-européennes travaillant dans l'électronique grand
public,  le logiciel et les services en ligne.

En organisant la création de monopoles illégitimes sur les technologies 
permettant l'accès à la culture et à l'information, la protection
juridique  des mesures techniques pénalise les concurrents français et
européens des  sociétés à forte intégration comme Microsoft, Apple ou
Sony, sans être  d'aucune utilité en matière de protection des droits
des créateurs et des  artistes.

L'ADAMI et la SPEDIDAM, sociétés de gestion collective, qui défendent à
elle  deux les droits de plus de vingt-cinq mille artistes français,
l'ont  d'ailleurs bien compris puisqu'en compagnie des principales
associations de  consommateurs et de familles françaises (UFC, CLCV,
UNAF), elles contestent  aussi le contenu du projet de loi. (Communiqué
APA du 9 juin 2005)

L'expérience de sept ans d'application du jumeau américain de la
directive  2001/29CE, le DMCA est, il est vrai, éloquente
(http://www.eff.org/IP/DMCA/).  Aux États-Unis, la contrefaçon numérique
domestique ne s'est jamais aussi  bien portée et le DMCA n'a été utilisé
que de façon abusive et à des fins  anti-concurentielles. Les
propositions de lois pour limiter ses effets  nuisibles se multiplient
d'ailleurs et il serait regrettable que la France ne  prenne pas en
compte cet état de fait.

Le projet de loi DADVSI n'empêchera pas la copie numérique sans
autorisation  (du moins tant que la France ne se sera pas transformée en
pays  techno-totalitaire) mais il facilitera par contre, tout comme le
DMCA, la  vente liée, les ententes illicites et les abus de position
dominante au  détriment des petites entreprises et des auteurs indé
pendants. Il le fera  d'autant plus facilement que ses auteurs ont
interprété les traités et la  directive 2001/29CE de façon extrémiste.
Même les États-Unis ne sont pas  allés aussi loin.

L'insécurité juridique est une arme de guerre économique redoutable
surtout  quand elle apparaît sur un marché stratégique ultra-concentré
et dominé par  des acteurs étrangers.

Le projet de loi DADVSI exclut les auteurs de logiciels libres des
segments de  marché les plus porteurs (lecteur multimédia, serveurs de
streaming vidéo,  systèmes embarqués dans les baladeurs numériques, les
assistants personnels  et les téléphones portables, etc.). Il menace la
liberté d'expression  d'ingénieurs et de chercheurs, notamment des
chercheurs en sécurité  informatique, mais pas seulement.

Des étudiants de l'École centrale de Paris travaillant sur une suite de
vidéo  à la demande, logiciel libre utilisé en exploitation par
plusieurs  entreprises du CAC 40 et des centres de recherche publics,
ont ainsi été  menacés par un grand éditeur de logiciels propriétaires
américain abusant  notoirement de sa position dominante. La base légale
utilisée était la  directive 2001/29CE.

La société américaine reprochait aux étudiants français d'avoir dé
veloppé un  lecteur multimédia interopérable et d'avoir divulgué son
code source alors  qu'il contient des méthodes permettant la
neutralisation d'une mesure  technique que cette société développe et
distribue.

Les Centraliens ont objecté que la directive 2001/29CE n'était pas
transposée,  qu'ils n'avaient violé aucun secret industriel et qu'ils ne
portaient  atteinte ni à un droit d'auteur, ni à un brevet. Aux derniè
res nouvelles, pas  de nouvelles.

Mais si le projet de loi DADVSI passe en l'état, devront-ils choisir
entre  arrêter de développer du logiciel libre, continuer à prendre le
risque d'un  procès pour absence de prise en compte de leurs droits dans
l'acquis  communautaire actuel relatif au droit d'auteur, ou partir dans
un pays qui  n'aura pas mis en oeuvre de façon aussi extrême les traités
OMPI repris dans  la directive 2001/29CE et le DMCA, ou qui tout
simplement ne les aura pas  ratifiés ?

Cette censure, cette insécurité juridique, cette fuite de cerveaux
annoncée  est fondamentalement inacceptable tant sur un plan moral que
sur un plan  stratégique.

Dans sa partie consacrée au projet de directive sur les brevets
logiciels, le  dernier rapport de la Commission des Finances, de l'É
conomie générale et du  Plan sur les outils de la politique industrielle
(2299), adopté à  l'unanimité, était particulièrement explicite quant à
l'intérêt du logiciel  libre pour la France et l'Europe :

L'industrie du logiciel et les flux financiers qu'elle draine, restent
aux  mains de quelques grands éditeurs, principalement américains. L'é
closion  d'une industrie du logiciel libre permettrait à l'Europe de
reprendre  l'initiative en la matière, et de laisser mûrir un potentiel
industriel,  économique et social en pleine expansion. La maîtrise de
l'information et des  systèmes d'information est un enjeu essentiel. Les
logiciels propriétaires,  contrairement aux logiciels libres, ne
permettent pas aux utilisateurs de  maîtriser les outils informatiques.
Ce défaut de maîtrise est évidemment  critique dans certains secteurs
sensibles...

A comparer avec la justification donnée par le député Christian
Vanneste,  rapporteur sur le projet de loi DADVSI, quand il explique,
dans son rapport  sur le projet de loi (2349), pourquoi les droits des
auteurs de logiciels  libres n'ont pas été pris en compte lors de la ré
daction des dispositions  prétendant protéger la libre concurrence sur
le marché du logiciel :

Pour éviter que les détenteurs des droits sur les logiciels de
protection, qui  représentent un marché important mais avec peu
d'acteurs, ne délaissent le  marché français par crainte que la
communication de tout ou partie de leur  code source ne conduise les
contrefacteurs à contourner trop rapidement la  protection, le bénéfice
de l'exception est encadré par l'exigence de  respecter les conditions
garantissant la sécurité de fonctionnement des  mesures techniques de
protection ainsi utilisées.

Notez que quand le député Vanneste évoque la publication de leur code
source,  il fait une monumentale erreur puisqu'il parle là, non pas du
code source du  fournisseur de la mesure technique, mais du code source
des auteurs de  logiciels libres implémentant des formats, des
protocoles et des algorithmes,  éléments qui eux sont actuellement
utilisés et utilisables par tous. Ces  éléments ne sont en effet
actuellement protégés ni par le droit d'auteur, ni  par le droit des
brevets, ni par aucun autre droit d'ailleurs. Et  heureusement.

Le député Vanneste confond l'idée et l'expression de l'idée, la
description  technique d'une structure de données et l'automate qui
l'utilise pour  interopérer avec d'autres.

Si, demain, un juge déclarait comme le député Vanneste que la protection
 juridique des mesures techniques couvre les méthodes de traitement de 
l'information nécessaires à la sécurité de fonctionnement d'une mesure 
technique, et en déduisait que toute personne divulguant une telle mé
thode  est un contrefacteur, et que donc la publication d'un code source
 implémentant une telle méthode est un délit qu'il doit sanctionner pé
nalement  conformément au souhait du législateur français et européen,
et si au fil du  temps, cette jurisprudence devenait la norme ; alors
des informations  essentielles à l'interopérabilité et des dé
monstrations mathématiques  seraient protégés par le secret, les idées
ne seraient plus de libre  parcours, la libre concurrence serait faussé
e, la liberté d'expression  mutilée, et le logiciel libre prohibé.

Pour conclure sur cet exposé des motifs à charge contre le contenu
actuel du  projet de loi DADVSI, exposé sans doute incomplet mais que
j'espère  suffisant, j'ajouterai que je trouve scandaleux que la
Commission ait menacé  la France de sanctions financières pour qu'elle
ratifie rapidement deux  traités internationaux. Surtout quand on sait
qu'ils l'ont été sans mandat il  y a une décennie à l'OMPI par la
direction générale du Commerce extérieur et  que les négociateurs franç
ais de l'époque disent, aujourd'hui, quand on les  interroge : On a rien
vu venir. Désolé.

L'Europe démocratique ne se construira pas sous la menace, dans
l'obstination  brute, voire fruste, et au mépris du droit des peuples à
avoir un débat  parlementaire national digne de ce nom, surtout sur une
loi destinée à  protéger leur patrimoine culturel à l'ère du numérique.

Menacer la France de sanctions financières pour qu'elle introduise au
plus  vite dans son droit d'auteur des dispositions ultra-polémiques,
tant par leur  nature que par leur origine, témoigne d'une conception
très particulière du  débat parlementaire, du rôle des élus nationaux et
de la non-prise en compte  de l'exception culturelle par les
fonctionnaires de Bruxelles. Surtout quand  on sait que la Commission a
menacé la France suite à la signature discrète,  par le président de la
Commission et celui du Conseil le 20 juin dernier à  Washington, d'un
accord bilatéral avec les États-Unis sur la propriété  intellectuelle.

Qui plus est, la Commission est très mal placée pour venir reprocher à
la  France de n'avoir pas transposé cette directive dans les temps
impartis.

Le jour où la Commission respectera l'article 12 de cette directive et 
remettra le rapport d'application décrivant les effets de la directive
dans  les États membres ayant déjà transposé, elle sera sûrement plus
crédible dans  son rôle de cerbère du droit communautaire.

L'article 12 prévoyait, en effet, que la Commission devait remettre ce
rapport  au Parlement européen, au Conseil et au Conseil économique et
social au plus  tard le 22 décembre 2004. Or, à ce jour, elle ne l'a pas
fait. L'appel  d'offre destiné aux prestataires privés désireux de
postuler pour mener cette  étude indique qu'il ne le sera pas avant 2007
et qu'il en coûtera 170 000  euros au contribuable européen
(MARKT/2005/7/D).

J'ajouterai que l'on attend toujours aussi que la Commission trouve des 
solutions aux trois problèmes majeurs qu'elle a identifiés lors de la
revue  de transposition qui s'est tenue le 11 octobre 2004 à Bruxelles
et qui avait  pour objectif de lui permettre de rédiger le rapport
d'application.

À savoir : 1°) le problème de double paiement pour le consommateur,
problème  consécutif à l'impossible application de l'article 5.2b de la
directive  2001/29CE, 2°) l'absence de prise en compte des droits des
auteurs de  logiciels libres lors de la rédaction des articles 6 et 7 de
cette directive,  3°) le conflit qui existe entre cette directive et la
directive 91/250CE.

Pour toutes ces raisons, et pour d'autres toutes aussi importantes comme
la  protection du domaine public ou de la mission des bibliothèques, je
vous  demande donc solennellement, Monsieur le Premier Ministre, de
retirer le  projet de loi DADVSI de l'ordre du jour parlementaire, et
vous invite à  contester le bien-fondé de la directive 2001/29CE devant
la Cour de Justice  des Communautés européennes. Ne vous laissez pas
faire, Monsieur le Premier  Ministre. Vous aurez, j'en suis sûr, le
soutien de très nombreux Français.

Notez, à ce sujet, qu'un éminent professeur de droit hollandais, le
professeur  Bernt Hugenholtz, ancien membre du Legal Advisory Board de
la Commission  européenne, propose ses services pro bono à tout État
membre qui souhaiterait  contester la directive. Dans un document
intitulé Why the copyright directive  is unimportant, and possibly
invalid  (http://www.ivir.nl/publications/hugenholtz/opinion-EIPR.html),
il déclare en  effet :

Since the Directive has little or nothing to offer in terms of legal
certainty  or harmonisation (or anything else, for that matter), one
must question the  solidity of its legal basis in the EC Treaty. Over
the past decade, we have  all too easily accepted the EC's legislative
powers in the field of  intellectual property. Where do these powers
originate? As all previous  directives in the field of copyright and
neighbouring rights, the Copyright  Directive is based on articles 47.2,
55 and 95 (ex articles 57.2, 66 and  100A) of the EC Treaty. These are
the same legal foundations that the Tobacco  Advertising Directive
(Directive 98/43/EC) was built on. In a case brought  before the
European Court of Justice, Germany has challenged that directive's 
legal basis and requested its annulment, pursuant to article 230 (ex
173) of  the Treaty. On October 5, 2000, the Court delivered its
judgment. The Court  notes that the Directive does not not facilitate
the free movement of goods  or the freedom of services, and does not
remove distortions to competition.  In sum, the Directive lacks a proper
legal basis, and should be annulled.

The European Court's decision raises the intriguing prospect of one or
more  disgruntled Member States challenging the validity of the
Copyright  Directive. Wouldn't that be the perfect way of getting rid of
this  monstrosity? I hereby offer my services to any Member State pro
bono.

Comme quoi, sauf à suspecter le professeur Hugenholtz et les Allemands
d'être  anti-européens ou non-démocrates, on peut parfaitement faire
tomber une  directive sans fondement sur les bases des traités européens
existants, sans  pour autant remettre en cause la construction dé
mocratique européenne ou  attendre son achèvement.

En espérant que vous saurez vous saisir de ce dossier, et que vous
veillerez à  ce que soient protégés les droits du public, la vie privée
de vos  concitoyens, la libre concurrence, les auteurs de logiciels
libres,  l'indépendance technologique de la France, la liberté
d'expression, et la  démocratie, veuillez agréez, Monsieur le Premier
Ministre, l'expression de ma  plus haute considération.

Monsieur MICHAUT Guy Yves 43 ans Chef d'entreprise d'ingénierie
informatique Quartier Siblas Le Bayard 127 Rue de Thoulon 
83000 TOULON


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GULLIVER,       http://gulliver.eu.org/


--- End Message ---

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