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Subject: chroniqued'une expulsion pas encore arrivée.....

dimanche 23 janvier 19 heures : coup de fil affolé d'un de nos amis du collectif du Val d'Oise:
La police veut m'arrêter!
Nous appelons (deux soutiens, en l'occurrence alima députée européenne 'verte' et moi même militante PC adhérente au MRAP et écoutons Abdelatif  qui nous raconte :
J'ai laissé ma machine à laver allumée, elle a fuit, les voisins ont appelé les pompiers, ceux ci ont appelé la police pour ouvrir la porte, et lorsque je suis arrivé, les agents étaient dans mon appartement en train de fouiller (sans commission rogatoire b.d.l.R;)ils m'ont demandé mes papiers : ils n'ont pas voulu accepter mon permis de conduire et maintenant ils veulent m'embarquer. "(notre ami est en France depuis 1991 a une promesse d'embauche comme carrossier)
Alima demande l'officier de quart qui jure ses grands dieux qu'ils ne sont là que pour le P.V. et derrière nous entendons toujours l'ami qui crie : si, si, ils veulent 'embarquer" Nous lui crions de rentrer chez lui et de ne pas en sorti.
Nous arrivons sur les lieux 1/4 d'heure après.
Le car de police est encore là, ils nous demandent où nous allons et qui nous sommes Alima se présente comme parlementaire.
Nous rentrons dans l'appartement en désordre et essayons de calmer notre ami.
La police arrive à la porte qu'Alima et moi, bouchons de nos épaules (pas frêles!) et un des agents tend une convocation à Abdelatif.
Nous disons à celui-ci de ne pas se présenter, mais vu son insistance à y aller nous décidons d'aller avec lui.
Mardi 25 janvier : nous (plusieurs soutiens) nous présentons au commissariat avec Abdelatif et un OP vient chercher Abdelatif qu'Alima et moi accompagnons.
Nous nous asseyons et après discussion l'OPJ demande que nous sortions afin de vérifier le dossier de notre ami à la Préfecture. Ni Alima, nio moi ne voulons sortir, et devant notre pugnacité à ne pas bouger, il appelle ses hommes (parmi eux, il y avait une femme de la stature de michèle Bernier c'est à dire 1 m 90, 90 kg) qui m'empoignent d'abord, honneur à mes èo ans et mon mètre 45, et qui manumilitari me traîne (je me laisse traîner) dans la salle d'attente du commissariat, même traitement pour notre députée et son mère 55, nos affaires suivent pêle-mêle. (tous les soutiens sont plutôt médusés de la manière dont on nous traite)
Le divisionnaire passe et me dit qu'il me reçoit dès qu'il le peut. Il le fait, j'expose les faits calmement et il me rétorque que je nous n'avions qu'à sortir de notre plein gré, et il ne bouge pas d'un iota. Lorsque je lui fait remarquer que l'interpellation est illégale, il me répond que non...
Mardi soir à 16 heures on l'emmène en centre de rétention.
Mercredi 26 janvier :Nous allons voir Abdelatif au centre de rétention car nous étions relativement tranquilles, car nous savions que le consulat n'avait pas délivré de laisser-passer.
Mardi soir on nous avait dit qu'il serait jugé mercredi mais au dernier moment changement de programme on nous prévient qu'il sera jugé Jeudi
Jeudi 27 janvier 14 heures : Nous sommes une dizaine à attendre l'audience.
le juge délégué attend son prévenu, son conseil le cherche... et revient nous dire que l'on a embarque Abdelatif ce matin à 11 heures à Roissy pour le Maroc!!!!!!!!
Nous téléphonons immédiatement à la P.A.F. qui nous précise que notre ami a refusé d'embarquer et qu'il est en rétention à Roissy, qu'il sera déféré ce soir au parquet et que on le juge demain à Bobigny..et que son avocat pourra le voir demain à 9 heures
Voilà où on en est ce soir.
Demain nous nous mobilisons pour aller au TGI...où un juge délégué statuera. (demain soir vous aurez un message)
Ce qui me semble le plus dur dans un état dit de droit, c'est que l'on ne peut pas faire confiance aux instances qui représentent la République.
Le mois dernier une de nos amies s'est faite arrêté en allant en préfecture sur convocation téléphonique, après un mois de préventive à Fleuri elle a été condamnée à deux mois de prison avec sursis.
Il y a une semaine un algérien s'est fait expulser (on l'a arrêté parcequ'un voisin s'est plaint du bruit, et on n'a rien pu faire pour lui)
et aujourd'hui c'est abdelatif qui fait les frais d'une vindicte quelconque, Les illégalités perdurent :
Pas de motif réel d'interpellation sinon une fuite d'eau
tombé dans le piège de la convocation, il est arrêté (et nous naïves nous faisions confiance)
Embarqué de force sans passeport, ni laissez-passer.....
Cela me rappelle, non pas la période de la guerre où mon père a été arrêté en 1943 par les R.G., il n'est jamais revenu, ma mère non plus. Ils avaient le défaut d'être communistes, apatrides et juifs de surcroît.
Heureusement, il n'y a plus de camps de concentration et je n'ai pas le droit de faire l'amalgame , pourtant je sais que cette nuit je ferais le même cauchemar récurrent ....  depuis 1945, une araignée me coince dans un coin de cave, et je cours en rond dans la boue dans Birkenau, poursuivie par les S.S..
LA LUTTE CONTINUE Liliane
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