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dimanche 23 janvier 19
heures : coup de fil affolé d'un de nos amis du collectif du Val
d'Oise:
La police veut
m'arrêter!
Nous appelons (deux soutiens, en
l'occurrence alima députée européenne 'verte' et moi
même militante PC adhérente au MRAP et écoutons
Abdelatif qui nous raconte :
J'ai laissé ma machine
à laver allumée, elle a fuit, les voisins ont appelé les
pompiers, ceux ci ont appelé la police pour ouvrir la porte, et lorsque
je suis arrivé, les agents étaient dans mon appartement en train
de fouiller (sans commission rogatoire b.d.l.R;)ils m'ont demandé mes
papiers : ils n'ont pas voulu accepter mon permis de conduire et maintenant ils
veulent m'embarquer. "(notre ami est en France depuis 1991 a une promesse
d'embauche comme carrossier)
Alima demande l'officier de quart
qui jure ses grands dieux qu'ils ne sont là que pour le P.V. et
derrière nous entendons toujours l'ami qui crie : si, si, ils veulent
'embarquer" Nous lui crions de rentrer chez lui et de ne pas en
sorti.
Nous arrivons sur les lieux 1/4
d'heure après.
Le car de police est encore
là, ils nous demandent où nous allons et qui nous sommes Alima se
présente comme parlementaire.
Nous rentrons dans l'appartement en
désordre et essayons de calmer notre ami.
La police arrive à la porte
qu'Alima et moi, bouchons de nos épaules (pas frêles!) et un des
agents tend une convocation à Abdelatif.
Nous disons à celui-ci de ne
pas se présenter, mais vu son insistance à y aller nous
décidons d'aller avec lui.
Mardi 25 janvier : nous
(plusieurs soutiens) nous présentons au commissariat avec Abdelatif et un
OP vient chercher Abdelatif qu'Alima et moi accompagnons.
Nous nous asseyons et après
discussion l'OPJ demande que nous sortions afin de vérifier le dossier de
notre ami à la Préfecture. Ni Alima, nio moi ne voulons sortir, et
devant notre pugnacité à ne pas bouger, il appelle ses hommes
(parmi eux, il y avait une femme de la stature de michèle Bernier c'est
à dire 1 m 90, 90 kg) qui m'empoignent d'abord, honneur à mes
èo ans et mon mètre 45, et qui manumilitari me traîne (je me
laisse traîner) dans la salle d'attente du commissariat, même
traitement pour notre députée et son mère 55, nos affaires
suivent pêle-mêle. (tous les soutiens sont plutôt
médusés de la manière dont on nous traite)
Le divisionnaire passe et me dit
qu'il me reçoit dès qu'il le peut. Il le fait, j'expose les faits
calmement et il me rétorque que je nous n'avions qu'à sortir de
notre plein gré, et il ne bouge pas d'un iota. Lorsque je lui fait
remarquer que l'interpellation est illégale, il me répond que
non...
Mardi soir à 16 heures on
l'emmène en centre de rétention.
Mercredi 26 janvier :Nous
allons voir Abdelatif au centre de rétention car nous étions
relativement tranquilles, car nous savions que le consulat n'avait pas
délivré de laisser-passer.
Mardi soir on nous avait dit qu'il
serait jugé mercredi mais au dernier moment changement de programme on
nous prévient qu'il sera jugé Jeudi
Jeudi 27 janvier 14 heures :
Nous sommes une dizaine à attendre l'audience.
le juge
délégué attend son prévenu, son conseil le
cherche... et revient nous dire que l'on a embarque Abdelatif ce matin à
11 heures à Roissy pour le Maroc!!!!!!!!
Nous téléphonons
immédiatement à la P.A.F. qui nous précise que notre ami a
refusé d'embarquer et qu'il est en rétention à Roissy,
qu'il sera déféré ce soir au parquet et que on le juge
demain à Bobigny..et que son avocat pourra le voir demain à 9
heures
Voilà où on en est ce
soir.
Demain nous nous mobilisons pour
aller au TGI...où un juge délégué statuera. (demain
soir vous aurez un message)
Ce qui me semble le plus dur dans
un état dit de droit, c'est que l'on ne peut pas faire confiance aux
instances qui représentent la République.
Le mois dernier une de nos amies
s'est faite arrêté en allant en préfecture sur convocation
téléphonique, après un mois de préventive à
Fleuri elle a été condamnée à deux mois de prison
avec sursis.
Il y a une semaine un
algérien s'est fait expulser (on l'a arrêté parcequ'un
voisin s'est plaint du bruit, et on n'a rien pu faire pour lui)
et aujourd'hui c'est abdelatif qui
fait les frais d'une vindicte quelconque, Les illégalités
perdurent :
Pas de motif réel
d'interpellation sinon une fuite d'eau
tombé dans le piège
de la convocation, il est arrêté (et nous naïves nous faisions
confiance)
Embarqué de force sans
passeport, ni laissez-passer.....
Cela me rappelle, non pas la
période de la guerre où mon père a été
arrêté en 1943 par les R.G., il n'est jamais revenu, ma mère
non plus. Ils avaient le défaut d'être communistes, apatrides et
juifs de surcroît.
Heureusement, il n'y a plus de camps de
concentration et je n'ai pas le droit de faire l'amalgame , pourtant je sais que
cette nuit je ferais le même cauchemar récurrent .... depuis
1945, une araignée me coince dans un coin de cave, et je cours en rond
dans la boue dans Birkenau, poursuivie par les S.S..
LA LUTTE CONTINUE
Liliane
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