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Belgique journée etat des lieux etat d'urgence + carte blanche sur les régu: msg#00081politics.activism.zpajol
1/ JOURNEE D'INFO ETAT DES LIEUX ETAT D'URGENCE 2/ CARTE BLANCHE A L.VANPAESCHAEN ET J.YERNA SUR LA CAMPAGNE DE REGULARISATION (LE SOIR 22/01) ETAT DES LIEUX-ETAT D'URGENCE LOI DE REGULARISATION? LOI DE RECENSEMENT! JOURNEE D'INFORMATION DIMANCHE 6 FEVRIER A 14H AU CINEMA NOVA (3, Rue d'Arenberg, 1000 Bruxelles) 14H PROJECTION DU FILM: "Sans papiers sans droits" réalisé par l'atelier vidéo de la maison des enfants d'Anderlecht / Les Corsaires 15H INTERVENTION / DEBAT Avec: GEORGES-HENRI BEAUTHIER (Avocat) LAURENCE VAN PAESCHEN (Journaliste) FRANÇOIS CLARINVAL (auteur dramatique) 19H RESTO POPULAIRE ETAT DES LIEUX ETAT D'URGENCE La nouvelle loi de régularisation ressemble plus à une loi de recensement qu'à une réelle régularisation. Elle a fait beaucoup d'appelés et fera peu d'élus. Elle laissera la plupart des sans papiers sans aucun droits, vivant dans l'ombre et la peur soumis à l'arbitraire et aux conditions d'exploitation du travail clandestin ou pire, exposés aux répressions, aux camps, aux expulsions... Quelle est la situation aujourd'hui ? . Un silence mediatique sur la perversité, l'organisation Kafkaïenne et les conséquences de cette loi. . Une absence d'analyse critique du discours et des pratiques politiques en matière de droit d'asile. . Des milliers de sans papiers non repris dans les critères de cette nouvelle loi et sans espoir de régularisation. . Des milliers de sans papiers dont les tentatives de régularisation vont être rejetées et qui se retrouvent aujourd'hui cachés et exposés aux rafles. . Une loi qu'on brandit comme une « victoire » pour en finir avec la question et tenter d'étouffer deux années de mobilisation. . Des promesses par le ministre Duquesne de renforcer des contrôles, de poursuivre les expulsions massives par charters avec plus de fermeté . Des discours rascistes, amalgame immigration/criminalité, formules du type "appel d'air " "effet d'aspirateur". . Un profond cynisme des politiques avec le déploiement d'un dispositif impressionnant aux frontières (chiens, détecteurs de personnes, policiers armés), des rafles qui ont déjà commencé dès le deuxième jour des régularisations, des distributions d'ordre de quitter le territoire... Il nous semble donc urgent de donner une information claire sur cette loi et sur ses conséquences, de briser le discours à sens unique en apportant une autre parole, une parole résistante face à une fascisation de plus en plus manifeste des discours et des pratiques politiques. Urgent aussi que les personnes qui de près ou de loin ont voulu soutenir les sans papiers se rencontrent, s'échangent les informations et imaginent ensemble des moyens pour faire barrage aux rafles et aux expulsions qui vont de pair cette régularisation au compte-goutte.. Rendez vous le 6 février à 14h au cinéma le nova 3 rue d'arenberg... 22/01/00 - © Rossel & Cie SA - LE SOIR Bruxelles Régulariser n'est pas la fin des clandestins La première phase de la campagne de régularisation - celle de la rentrée des dossiers par les «illégaux» - touche à sa fin. Elle se sera déroulée dans un consensus souriant: le ministre de l'Intérieur et le gouvernement (forcément), mais aussi quelques grandes organisations reconnues de défense des étrangers, et même certains porte-parole de mouvements de sans-papiers ont appelé les illégaux et les clandestins à se faire connaître massivement et en toute confiance, avec la promesse d'une procédure indépendante, transparente et souple. Il faut saisir sa chance maintenant, il n'y en aura pas d'autre! L'appât a des allures de menace et la collaboration est historique. Les seules voix discordantes ont été celles des avocats Beauthier et Fermon qui dénoncent dans un ouvrage commun (1) les dangers d'un texte qui est «plus une loi sur le recensement des illégaux qu'une loi sur la régularisation». Il en est pourtant d'autres et ils sont nombreux (associations, collectifs, coordinations, intellectuels...) qui ne partagent pas la satisfaction soi-disant générale. Pourquoi ne se sont-ils pas fait entendre? Peut-être n'ont-ils tout simplement pas osé. Parce que dans ce climat entretenu de «dernière chance», les voix dissonantes risquent fort d'être accusées de l'indécente volonté de «gâcher ça» ou pire, de sacrifier les sans-papiers au nom d'on ne sait quelle cause «irréaliste». (...) Il n'est évidemment pas d'autre alternative aujourd'hui que d'informer le plus justement et le plus honnêtement possible les sans papiers. D'aider ceux qui veulent introduire une demande et qui correspondent le plus exactement aux critères (pour autant que ceux-ci soient clairs!) à la faire. Et d'inciter ceux qui n'y entrent pas ou qui ne peuvent fournir toutes les preuves requises à ne pas sortir du bois: se découvrir équivaudrait à se réserver une place dans l'avion de retour. Des expulsions en vue? Le «réalisme» est de reconnaître que cette loi va maintenir dans l'illégalité ou plonger dans une clandestinité plus sombre encore des milliers de personnes qui n'auront pas pu ou pas osé se montrer. (...) Parce que les «clandestins» n'ont par définition pas d'attestation d'une administration communale ou d'un service public, parce que leurs enfants sont nés sur une table de cuisine et qu'ils ne sont pas déclarés, parce qu'ils n'ont pas de compte en banque, pas de bail enregistré, pas de preuve de leur travail en noir sous-payé. Pas de preuve de la vie pourtant souvent «intégrée» qu'ils ont construite ici depuis cinq, dix, voire vingt ans. (...) beaucoup de ceux qui ont introduit une demande l'ont fait dans l'angoisse et préparent, quand ils le peuvent, une stratégie de repli. Parce que le pendant de la régularisation est l'expulsion, au besoin collective et par la force (...). Et que tous auront dû livrer leur adresse, des documents permettant de les repérer facilement au cas où l'adresse serait «diplomatique» et une preuve de leur identité et de leur nationalité. (...) (...) combien de temps encore allons-nous tolérer que certains d'entre nous doivent courber la tête et se taire parce qu'ils sont «sans papiers»? (...) Combien de temps allons-nous supporter la déportation, les coups, les camisoles chimiques et les numéros inscrits au bic sur les bras des Tsiganes? Combien de temps allons-nous accepter le mensonge sécuritaire, l'équation étranger-criminalité qui justifie aujourd'hui le blocage des frontières, le quadrillage des autoroutes et des gares, la fouille des trains... Dispositif tapageur, coûteux et inefficace. On peut en effet douter que les quelques malheureux Kosovars et Sri Lankais arrêtés aux frontières alors qu'ils tentaient de gagner l'Angleterre constituent une menace pour la sûreté de l'Etat... Ces mesures ont en tout cas, sinon pour but avoué, du moins comme conséquence réelle, de criminaliser une fois de plus «l'étranger» et d'accréditer la thèse de «l'invasion» chère aux partis d'extrême droite! Elles auront aussi permis de tester le seuil de tolérance de la population face à un dispositif sécuritaire disproportionné. Le test est malheureusement probant: seul le Mrax a réagi... (...) (...) la régularisation n'est pas une «chance», pas «une faveur que le gouvernement n'accordera qu'une fois», mais un droit pour tous ceux que des conditions de vie indignes, des stratégies économiques et politiques inhumaines - auxquelles les gouvernements occidentaux participent (...) - ont jeté sur les routes puis dans nos rues. (...) une société qui ne reconnaît pas aux humains les droits qui sont déjà reconnus aux marchandises et aux capitaux n'est plus «civilisée». Une société qui n'a pour réponse à la misère que la fermeture de ses portes et de ses fenêtres n'a comme perspective que l'asphyxie. LAURENCE VANPAESCHEN et JACQUES YERNA (Cracpe - Collectif de Résistance aux Centres pour Etrangers) (1) «Régularisation: comment, pour qui?», éditions EPO, janvier 2000. Titre et intertitre sont de la rédaction. |
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