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CDDSP 59: " pour une autre politique de l'immigration": msg#00078

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Subject: CDDSP 59: " pour une autre politique de l'immigration"

Communiqué du Comité de Défense des Droits des Sans Papiers 59 en relation avec le colloque " Pour une autre politique de l'immigration" qui aura lieu à Lille le 29 janvier 2000.

POUR UNE NOUVELLE POLITIQUE DE L'IMMIGRATION

La frilosité de la circulaire Chevènement du 24 juin 1997 et le rejet d'environ la moitié des demandes de régularisations ont montré le peu de volonté du gouvernement de résoudre le problème des Sans-Papiers.
Pourtant la question de la régularisation est au c?ur de ce que l'on peut considérer comme le socle d'une éthique de la pensée de gauche, le Droit des Hommes à vivre dans le lieu où ils résident indépendamment de toute distinction et il faudrait ajouter à la classique formule « sans distinction de race ou de religion » un « sans distinction de nationalités » ; c'est la seule façon de reconnaître que Etat de droit ne se réduit pas au droit de l'Etat.
Droit des Hommes à vivre dans le lieu où ils résident, mais nous ajouterons, mesure d'hygiène sociale, dans la mesure où la mise « hors le droit » de par la loi (et c'est exactement le cas des Sans-Papiers) d'une partie de la population d'un pays constitue une source de désordre. Reste alors deux façons d'éliminer ce désordre, l'élimination des Sans-Papiers, c'est-à-dire leur expulsion du territoire, ou la régularisation administrative leur permettant de se retrouver à égalité avec le reste de la population. Le choix entre ces deux solutions n'est pas un simple problème administratif, ce choix relève d'une éthique et par conséquent engage une politique. La solution à la Pasqua- Debré a sa cohérence. le droit de l'Etat passe devant l'Etat de droit, les hommes n'y sont que la matière que l'on gouverne en fonction d'intérêts qui leur sont étrangers et la Nation apparaît comme la justification des décisions de l'Etat. L?alternative ne peut être que la prise en compte des hommes, c'est-à-dire de leur droit à vivre, sans discrimination aucune, dans le lieu où ils résident, la reconnaissance de ce droit et les conditions de l'hygiène sociale ne peuvent que conduire à la régularisation pour tous comme forme de rétablissement d'un ordre social perturbé.
C'est cela qu'un gouvernement, incapable de penser une cohérence sur ce point, n'a pas su au voulu faire comme l'a montré la circulaire Chevènement et sa non-application (à moins que l'objectif d'une telle circulaire ait été depuis le début de ne pas régulariser), comme l'a montré aussi la nouvelle version de l'ordonnance de 1945 (la loi dite RESEDA du 11 mai 1998). Cette dernière loi, qui maintient la conception policière de l'accueil des étrangers, montre le peu d'empressement de l'actuel gouvernement à permettre aux étrangers vivant sur le territoire français d'avoir droit aux mêmes droits que les Français, autant dire que pour l'actuel gouvernement l'étranger reste un paria qu'il est nécessaire de contrôler; ainsi une partie de la population résidant en France restera sans-papiers, autrement dit « hors le droit » de par la loi, quitte à ce que les autorités régulent cette partie de la population par un rituel d'expulsions devenu aujourd'hui une habitude de gouvernement. La circulaire du 11 octobre 1999 est là pour nous le rappeler.
Il y avait pourtant une alternative; une abrogation des lois Pasqua-Debré-Méhaignerie, ramenant à l'état antérieur, ce qui aurait permis dans un premier temps la régularisation de tous les Sans-Papiers, dans un second temps, la mise à plat de la politique d'immigration et la mise en place d'une loi permettant aux étrangers résidant en France d'y vivre dans la plénitude de leurs droits, y compris celui d'acquérir à terme la nationalité française, reconnaissant ainsi que l'acquisition de la nationalité est essentiellement un acte administratif permettant à qui réside dans un pays de participer pleinement à la vie de ce pays.
Cela le gouvernement ne l'a pas voulu, conformément à ce principe du libéralisme économique qui dit que la libre circulation concerne les marchandises et non les Hommes. L'allégeance aux nouvelles féodalités financières valait bien que le gouvernement déroge aux respects des Droits de l'Homme. Quant au désordre social Il y a des forces de polices pour rassurer.
C'est donc dans le respect d'une éthique de gauche prenant en compte à la fois le Droit des Hommes (mais cette prise en compte participe de la définition d'une éthique de gauche) et les conditions d'une hygiène sociale fondée sur cette éthique que nous exigeons la régularisation de tous les Sans-Papiers et la mise en place d'une politique de l'immigration respectant les Droits de l'Homme.
Un gouvernement qui ne respecte pas cette double exigence ne peut prétendre être un gouvernement de gauche.
COMITE DE DEFENSE DES DROITS DES SANS PAPIERS
Tél : 03.20.31.80.56 - Fax : 03.20.92.48.37

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