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Lettre Algerie 09012000 N°85: msg#00027

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Subject: Lettre Algerie 09012000 N°85

RAPPEL :
5 et 6 Fevrier 2000 Colloque:L?integrisme islamique en France et en Europe
.Programme et Inscription salimapour-YDxpq3io04c@xxxxxxxxxxxxxxxx

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Lettre (presque quotidienne) de POUR!

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SOMMAIRE 09 01 2000 N°85

VIOLENCES
POLITIQUE
Les discussions avec Hassam Hattab continuent?
Le FIS dement tout accord avec L?AIS
SOCIETE
Fin de la greve a Alfasid
DEBAT
L?islamisme legal et le combat politique
DOUCE BELGIQUE
Regularisation de sans papiers
Les expulsions musclées continuent
DOUCE FRANCE
L?Aid celebré en rangs dispersés
Rififi au Congres Mondial Amazigh
IRAK :JUSTICE EXPEDITIVE

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Violences

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Deux membres des GLD ont été égorgés dans la localité de Aïn Berbar
Par Nabil Chaoui 5Jeune Independant 09012000)
A la veille de l?Aïd, les terroristes ont frappé ! Mardi dernier, la horde
sanguinaire du GIA a tendu un faux barrage au niveau de la localité d?Aïn
Berbar (commune de Seraïdi). Si pour cette fois-ci la majorité des citoyens
transportés par minibus ou par taxi a été épargnée, deux membres des GLD
(Groupe de légitime défense) à bord d?un véhicule ont connu la fureur des
terroristes. Les deux éléments, reconnus par le GIA, ont été enlevés. Ils
ont, par la suite, été découverts égorgés mercredi dernier, dans la forêt du
mont de l?Edough. L?un des deux hommes des GLD assassinés, le nommé Belkheir,
est le dernier d?une famille dont les membres ont tous été décimés par les
terroristes barbares. La famille Belkheir, très connue à Seraïdi et à Annaba,
avait perdu, il y a peu de temps, deux fils tués au cours d?un accrochage
avec la bande de Zouabri. Le père a été tué au cours de circonstances
similaires. L?unique fils restant de cette famille de moudjahidine a connu ce
mardi une mort atroce au vu de l?horrible ouverture du cou, opérée sans doute
à l?aide d?un couteau non aiguisé
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.Médéa, un jeune homme égorgé
Le corps d?un jeune homme âgé d?une vingtaine d?années a été découvert
vendredi matin égorgé et gisant dans un fossé sur le bas-côté de la RN1 non
loin d?une station-service à un kilomètre au nord de la ville. Selon
plusieurs sources, le corps du défunt serait celui d?un jeune homme simple
d?esprit qui a été souvent aperçu près des mosquées où il faisait des
incursions tonitruantes et sur les places publiques où il criait sa peur
d?être assassiné.
Kasdi R.(Le matin 09012000)

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Bombe dans un cimetière : 2 blessés graves
Alors que tous les cimetières de Khemis-Miliana et des environs ont été
soumis à la surveillance deux jours avant l?Aïd, les terroristes ont pu quand
même placer une bombe dans le cimetière de Sidi Abed, près de Aïn Sultan, à 5
km à l?est de Khemis-Miliana.
L?engin, placé près d?une tombe, a causé des blessures à 2 personnes, dont un
enfant de 13 ans, la deuxième personne a été évacuée vers l?hôpital de Douéra.
Il est à rappeler que cet endroit est situé près du fief du GIA où les
services de l?ANP continuent leur ratissage depuis le dernier faux barrage .
B. M. H (Le Matin 09012000)

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.Khemis-Miliana
Alerte à la bombe dans un bain maure
La veille de l?Aïd, le bain maure situé en face de la mosquée El Attik où
deux engins explosifs ont été déposés deux jours auparavant a connu une
grande panique suite à une alerte à la bombe qui s?est avérée fausse.
Certaines femmes sont sorties complètement nues et les passants ont dû leur
prêter leurs vestes pour les couvrir. Selon les services de sécurité, cette
fausse alerte a été l??uvre de voleuses qui ont profité de la panique pour
délester les femmes de leurs bijoux.(Le Matin 09012000)
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Aïn Defla, la population sous pression terroriste
100 000 personnes ont quitté leurs habitations

Entre 80 000 et 100 000 citoyens ont quitté leurs maisons dans la wilaya de
Aïn Defla (145 km à l?ouest d?Alger) pour des raisons sécuritaires, a appris
AAI, auprès de sources dignes de foi. En effet, l?exode touchait les
habitants des zones limitrophes avec les deux chaînes montagneuses de
l?Ouarsenis et du Dahra, suite aux actes terroristes dont la région a
particulièrement souffert depuis 1994.
Ce mouvement touchant un aussi grand nombre de personnes vers des zones moins
exposées aux actes terroristes a posé un sérieux problème de prise en charge
sociale des familles déplacées, notamment concernant le logement, la
scolarisation des enfants, l?emploi et la santé.
Devant l?incapacité des pouvoirs publics à faire face à cette situation, ces
familles, du moins un grand nombre d?entre elles, se sont installées dans des
bidonvilles, aux extrémités des tissus urbains. Selon des spécialistes en
planification, le budget actuel des communes ne peut prendre en charge ces
migrations en masse et une augmentation du budget à cet effet est plus que
nécessaire. Notons que les communes les plus touchées par les migrations sont
celles de Amra (300 familles), Mekhatria (317 familles), Arib (461) El Abadia
(1 394) situées toutes dans les monts du Dahra. Dans la partie sud de Aïn
Defla, ce sont les villages et hameaux se trouvant dans les monts de
l?Ouarsenis qui ont eu le plus de familles déplacées. Ces dernières se sont
établies dans les communes suivantes : Oued Chorfa (344 familles), Tarek Ibn
Ziad (469), Djendel (122), Aïn Lachiakh (plus de 1 000), Aïn Defla (180) et
Berbouche (310).
D?autres villes comme Tipaza Blida, Chlef, Alger et Médéa ont également servi
de refuge pour certaines familles fuyant le terrorisme.
AAI(Le Matin 09012000)

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POLITIQUE

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J I Dimanche 09 Janvier 2000
Grace à l?article 41 de la loi sur la concorde civile dont bénéficie l?AIS Le
groupe de Hattab peut être «amnistié» même au-delà du 13 janvier !
Par Mohamed Khellaf

Le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), de Hassan
Hattab, qui est en train de négocier sa reddition, pourrait bénéficier des
dispositions de l?article 41 de la loi sur la concorde civile, même au-delà
de la date fatidique du 13 janvier prochain, a-t-on appris hier de sources
bien informées. Dans notre édition du 2 janvier, nous avons rapporté que
Hattab s?est déplacé à Batna où il devait convaincre l?émir régional de son
organisation, le dénommé Sahraoui, de la justesse d?une reddition. D?après
les mêmes sources Hattab aurait signifié aux autorités du pays, que, en
échange de l?auto-dissolution de son groupe, l?Etat algérien doit lui
accorder le même traitement dont a bénéficié l?organisation de Madani Mezrag.
Hattab aurait soutenu sa position par le fait que son organisation ne s?est
jamais attaquée à la population et n?a pas commis de crimes collectifs.
Il faut rappeler que la loi sur la concorde civile stipule dans son article
41, considéré comme une amnistie, que «les dispositions sus-citées ne sont
pas applicables, sauf en tant que besoin, aux personnes ayant appartenu à des
organisations qui ont volontairement décidé de mettre fin aux actes de
violence et se sont mises à l?entière disposition de l?Etat». Ce qui veut
dire, en d?autres termes, qu?au cas où le GSPC de Hassan Hattab décide, dans
les tout prochains jours, de se rendre, il ouvrirait droit, de fait, au
bénéfice de l?exemption de toutes poursuites judiciaires. Dans la cadre de
ces pourparlers, rappelle-t-on, quatre de ses émirs se sont rendus avant la
fin de l?année, après avoir été informés des dispositions de la loi. Ces
émirs ont été envoyés par Hattab afin de transmettre ses intentions aux
autorités militaires. Selon des sources concordantes, un de ces quatre émirs
aurait été vu dans sa ville natale à Lakhdaria (70 km à l?est d?Alger).
Des observateurs estiment que si la reddition du groupe de Hattab venait à se
concrétiser, le processus de paix, engagé depuis l?élection de Bouteflika,
amorcerait son dernier virage.  D?autant que ce groupe contrôle la région du
Centre, et dont les actions terroristes s?étendent des Issers (Boumerdes)
jusqu?aux monts de Sidi Ali Bounab (Tizi-Ouzou et Bouira) et une région à
Batna. L?éventuelle dissolution du GSPC donnera l?occasion à l?ANP et les
éléments de l?AIS qui l?on rejoint de mener, après le 13 janvier, la grande
opération contre les hordes sauvages du GIA.  Selon les dernières
informations qui nous sont parvenues, les groupes du GIA se concentreraient
dans la région du Dahra (Aïn Defla, Khemis Miliana, Djendel) et le littoral
ouest d?Alger (Ténès et Tipasa).  L?avantage du terrain en faveur de ces
groupes ainsi que leur mobilité pourraient rendre, selon des observateurs, la
tâche difficile aux forces de sécurité. Pour cela, Bouteflika a promis qu?il
mènera une lutte sans complaisance.     M. Kh.

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Le porte-parole de l'Instance du FIS dément un accord


La concorde civile reste menacée en Algérie

Baudoin Loos( Le Soir 7 janvier 2000)


A moins d'une semaine du 13 janvier, qui marque l'expiration du délai contenu
dans la «loi sur la concorde civile», par laquelle le président Bouteflika
entendait faire déposer les armes à l'essentiel de la mouvance islamiste
armée, la plus grande confusion continue à régner en Algérie. Les violences
restent quotidiennes - quatorze nouvelles victimes ont été annoncées hier
dans la presse locale - en vertu du rejet de la loi par les groupes
islamiques armés (GIA) de toutes sortes, et seul environ un gros millier
d'islamistes auraient quitté les maquis pour bénéficier des diverses clauses
de clémence contenues dans la loi. Mais même l'AIS renâcle désormais à jouer
dans ce jeu aux règles obscures, malgré les informations en sens contraire
livrées par des médias algériens mercredi.
L'AIS (Armée islamique du salut, «bras armé» du Front islamique du salut)
avait conclu une trêve durant l'été 1997 avec l'état-major de l'armée
algérienne, notamment pour se démarquer des massacres à grande échelle qui se
multipliaient. Ces trêvistes ne sont pas concernés par la loi sur la concorde
civile, laquelle précise tout de même qu'ils doivent jouir d'une amnistie
globale et qu'une partie d'entre eux se mettront au service de l'armée pour
combattre les GIA. Lundi, l'Instance du FIS à l'étranger, proche de l'AIS,
faisait savoir que cette dernière avait "gelé temporairement la mise en
application des clauses de l'accord (avec l'armée) jusqu'à ce que les
autorités honorent leur part convenue". Deux jours plus tard, la radio
nationale algérienne annonçait que ce gel n'était déjà plus d'actualité, le
chef de l'AIS Madani Mezrag ayant reçu la visite d'un général avec lequel un
accord a été conclu sur la dissolution du mouvement et le retour de ses
membres dans leurs familles dès les vacances de l'Aïd al-Fitr" (la fin du
Ramadan, qui aura lieu ce week-end).
Contacté par «Le Soir» hier, Abdelkrim Ould Adda, porte-parole de l'Instance
du FIS à l'étranger, a démenti cette dernière information. "L'AIS reste
mobilisée et le gel de l'accord est actuellement maintenu, nous dit-il. Il
n'y pas plus eu de contact avec le pouvoir et le reste n'est que manipulation
en provenance des médias proches du régime dans le but de créer la division
dans les rangs de l'AIS".
Qu'est-ce qui a «coincé» entre Alger et l'AIS? "L'AIS, nous dit Ould Adda, a
commencé à appliquer une clause du volet sécuritaire de l'accord en décembre,
quand une première liste de deux cents personnes, âgées ou blessées, sont
sorties des maquis pour reprendre une vie normale avec leurs droits civiques,
comme convenu. Mais le pouvoir a voulu faire passer cet acte pour une
«reddition» de l'AIS, alors que n'est pas de cela qu'il s'agit. Et nos gens
n'ont pas bénéficié du traitement prévu.Je crois que le pouvoir a voulu
gonfler les chiffres de la loi sur la concorde civile en y incluant les
membres de l'AIS car ces chiffres donnent à penser que cette loi est un
échec."
Pour le FIS, le président Bouteflika est victime du clan des «éradicateurs»
(anti-islamistes à tout crin) "qui vient de reprendre le dessus au sein du
régime et le tient en otage". Pourtant, à entendre Abdelkrim Ould Adda, les
intentions du FIS et donc de l'AIS n'ont pas varié: "Nous voulons intégrer le
champ politique dans le cadre de la Constitution. Une nouvelle page doit être
tournée, qui suppose une réconciliation nationale et non cet apartheid où
l'«on» veut nous confiner. Nous tenons absolument à cette réconciliation. Si
elle échoue, ce sera de la responsabilité du pouvoir".
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La Trinbune 9 janvier 2000
Dans une interview accordée au quotidien belge Le Soir
Ould Adda dément la suspension des redditions et la dissolution de l?AIS
Par Hocine Belkadi

Contrairement à ce qu?avaient rapporté la plupart des journaux privés et même
les agences de presse étrangères, les représentants du FIS dissous nient la
dissolution de l?armée islamique du salut et le gel du processus de reddition
de ce qui reste de ses troupes. Déjà, jeudi dernier, des informations
contradictoires en provenance de Jijel où se trouve le quartier général de
l?AIS laissaient planer le doute sur la véracité de l?information. D?autant
que côté officiel, rien ne filtre. Les témoins à Jijel n?évoquent pas le
retour chez eux du reste des bataillons de l?AIS. Un des porte-parole du FIS
dissous exilés a démenti à partir de Bruxelles, en fin de semaine dernière,
la dissolution de l?Armée islamique du salut, dans une déclaration donnée au
journal belge Le Soir. Pourtant, des informations insistantes avaient circulé
pendant plusieurs jours selon lesquelles la dissolution de l?AIS serait
imminente. Des témoins oculaires dont des journalistes ont noté un mouvement
inhabituel dans les monts de Texenna mardi dernier, jour où un officier
supérieur s?y est rendu -un général paraît-il- pour ramener à la raison
Madani Mezrag en ban de rupture avec le pouvoir. Immédiatement après, les
mêmes informateurs «euphoriques» avancaient le succès de la rencontre sans
qu?aucune source officielle ne vienne confirmer ou infirmer la chose. Selon
cette version, la dissolution de l?AIS ne fait plus l?ombre d?un doute depuis
ce mardi 4 janvier lorsque l?officier anonyme de l?ANP se serait entretenu
avec Mezrag. Elle sera, selon elle, rendue publique d?ici le 13 janvier. Mais
Ould Adda est catégorique: «L?AIS reste mobilisée.» D?après ses déclarations,
«il n?y pas eu de contact avec le pouvoir et le reste n?est que manipulation
en provenance des médias proches du régime dans le but de créer la division
dans les rangs de l?AIS». Le processus de reddition des éléments de l?AIS et
la dissolution de l?organisation demeurent suspendus. Est-ce à dire que le
déplacement du général dans les monts de Texenna la semaine dernière n?a pas
porté ses fruits ? Tout porte à le croire si l?on se fie aux propos de Ould
Adda qui dément l?existence de tout accord de dernière minute avec le
pouvoir. Plus troublant encore, Ould Adda affirme que Madani Mezrag n?a
jamais été contacté par un officier ces derniers temps. Selon ce porte-parole
de l?ex-FIS, le blocage se trouve dans la façon de suggérer que les éléments
de l?AIS soient aussi irréductibles que ceux des GIA. Il se trouve aussi dans
l?affabulation de repentis concernant la première vague de 200 éléments armés
malades ou invalides qui sont «descendus» à la mi-Ramadan. Cette affabulation
est pour le FIS dissous une violation d?un des termes de l?accord secret
AIS-ANP prévoyant une réintégration sans faille des éléments armés de l?AIS.
C?est-à-dire qu?ils ne soient pas présentés comme des terroristes ayant
capitulé. Pour Ould Adda, «le pouvoir a voulu gonfler les chiffres de la loi
sur la concorde civile en y incluant les membres de l?AIS car ces chiffres
donnent à penser que cette loi est un échec». Lundi dernier, Rabah Kebir
faisait savoir à partir de Bonn que l?AIS avait gelé temporairement la mise
en application des clauses de l?accord jusqu?à ce que les autorités honorent
leurs engagements. La veille de l?Aïd, et au seul moment où le pouvoir a dit
quelque chose, c?est par le biais de la chaîne I de la radio qui annonçait
promptement que tout était rentré dans l?ordre, sans donner plus de détails,
laissant entendre que tous les éléments armés de l?AIS fêteront l?Aïd chez
eux. En tout cas, la confusion est totale. Les informations, en cette heure
de vérité de la «concorde civile», n?ont jamais été aussi contradictoires et
confuses. De bout en bout le secret total aura plané.
H. B.
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L?ex-FIS dément la dissolution de l?AIS
Les dirigeants du FIS dissous paniquent à l?idée de perdre leur organisation
armée. Ils démentent les récentes évolutions enregistrées dans l?affaire de
l?Armée islamique du salut (AIS) qui serait prête à annoncer sa dissolution
dans les jours à venir en affirmant qu?aucun contact n?a eu lieu entre le
pouvoir et cette dernière. Abdelkrim Ould Adda, l?un des représentants du
parti dissous à l?étranger, l?a déclaré ce week-end au quotidien Le Soir de
Bruxelles. Ould Adda, qui affirme depuis toujours être en possession d?une
lettre de Abassi Madani le mandatant pour la représentation de l?ex-FIS à
l?étranger, affirme au contraire que « l?AIS reste mobilisée ». Il soutient
qu?« il n?y a pas eu de contact avec le pouvoir » et que tous les
développements qui ont occupé les devants de l?actualité ne sont que «
manipulations ». Il accuse la presse algérienne d?en être à l?origine afin de
créer « la division dans les rangs de l?AIS ».
Abdelkrim Ould Adda s?exprimait de la sorte le jour même (mercredi dernier)
où d?intenses tractations se déroulaient pourtant à Jijel où sont cantonnées
la majorité des troupes de l?AIS sous la coupe de Madani Mezrag autoproclamé
émir national de la branche armée de l?ex-FIS. Des informations persistantes,
non démenties par les autorités, ont fait état du déplacement de hauts
officiers de l?ANP dans cette localité afin de négocier avec ce même Madani
Mezrag la reddition du reste de ses troupes et la dissolution de son
organisation. Cette rencontre est intervenue après que la délégation de
l?ex-FIS à l?étranger eut annoncé le gel des redditions (200 éléments de
l?AIS, des malades et des blessés surtout, s?étaient rendus au début du mois
de Ramadhan). Mercredi au soir, tout laissait entendre que les négociations
avaient abouti. Et l?on s?attend depuis à ce que Madani Mezrag annonce dans
les prochains jours la dissolution de l?AIS qui sera suivie de la reddition
de ses troupes.
Cette évolution semble donc ne pas être du goût des « politiques » de
l?ex-FIS. Ces derniers ne conçoivent visiblement pas d?avoir été tenus à
l?écart de toute négociation avec le pouvoir comme ce fut d?ailleurs le cas
lors des tractations qui ont abouti à la trêve du 1er octobre 1997. Leurs
propos révèlent surtout leur refus de se départir de leur organisation armée.
Avec la dissolution de l?AIS, ces derniers perdraient en effet la principale
carte de chantage qu?ils ont sur le pouvoir. Ce qui explique d?une part la
lettre de Abassi Madani à Ali Benhadjar, dirigeant de la Ligue de la daâwa et
du djihad (LIDD), qui a rejoint la trêve de l?AIS. Dans cette missive
authentifiée par Ali Djeddi et d?autres membres de la direction de l?ex-FIS,
Abassi Madani ordonnait à l?AIS de cesser toute reddition et déclarait son
hostilité à la loi sur la concorde civile.
LE MATIN Dimanche 9 janvier 2000

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X


.Annaba, 5% d?augmentation de salaire pour les travailleurs d?Alfasid
Fin de la grève
Le complexe sidérurgique respire de nouveau. Après un coma qui a duré quatre
jours conduisant à une perte de plusieurs milliards de dinars et à un risque
d?élargissement du mouvement protestataire à tous les secteurs aussi bien au
niveau local que national, la grève a pris fin le jour de l?Aïd, vendredi
dernier, à 6 h du matin.
Suite à la réunion qui s?est tenue jeudi soir à partir de 23 h et qui a
abouti à un protocole d?accord concernant les 22 revendications du syndicat
d?entreprise d?Alfasid, la grève a pris fin à la signature de cet accord
collectif, permettant ainsi le démarrage des installations. Les travailleurs,
lors d?une dernière marche symbolique qui s?est déroulée vendredi matin,
quelques heures après la fin de la grève, ont applaudi les décisions sages et
courageuses des deux parties en conflit depuis le 28 août 1999.
La direction générale d?Alfasid s?engage, pour sa part, à retirer toutes les
actions en justice relatives à la grève et qu?elle avait entreprises contre
le syndicat ainsi que de ne pas faire de ponctions sur les salaires des
grévistes tout en déduisant les jours de grève de leur congé annuel.
Principal point de désaccord entre le syndicat et la direction :
l?augmentation de 20 % sur les salaires de base a été accordée par la
direction. Une augmentation de 5 % se fera sans conditions et ce, à partir du
mois en cours. Les 15 % restant seront échelonnés en 3 tranches de 5 % à
condition que les objectifs d?amélioration fixés à 80 millions de dinars
soient atteints. Les autres revendications telles que la prime de transport,
la prime de rendement individuel (PRI) qui sera ramenée à 20 %, les
astreintes et les permanences, la déclaration des maladies professionnelles à
la CNAS, les perturbations et retards dans le transport des travailleurs et
autres, ont été toutes accordées et approuvées par la direction générale qui
s?engage à les appliquer dans les plus brefs délais.
Des commissions paritaires seront installées à partir du 15 janvier prochain
et auront pour mission de traiter et de régler plusieurs points, entre autres
ceux relatifs au statut de la cokerie et des postes à haut risque et à
l?amélioration des conditions de travail avec la création de vestiaires,
douches, sanitaires, salles de récupération et réfectoires ainsi que
d?assurer des repas chauds et de l?eau potable aux travailleurs.
Quant au cas des locataires de la cité sur site Diar Essalem, la direction
générale accepte d?examiner le dossier et de demander auprès des autorités
concernées un lot de terrain afin de créer une coopérative immobilière.
Aussi, à propos du même dossier, la DG engagera dès le mois de mai prochain
une démarche de remplacement des locataires extra-Sider par des travailleurs
méritants.
Le syndicat, pour sa part et au nom des travailleurs qu?il représente,
s?engage à participer d?une manière rentable dans le redressement d?Alfasid
afin de réaliser les objectifs économiques requis par la direction de
l?entreprise et ce, en signant un pacte de stabilité cautionnant ainsi le
respect d?une trêve sociale de deux ans.
Le conflit du poumon de Sider a été enfin résolu. Reste maintenant les autres
filiales, telles que Gessit et Almain, qui connaissent des problèmes graves
et qui risquent de dégénérer en grèves et mouvements de protestation dans les
jours à venir.
Yakoub Yelfouf (Le Matin 09012000)

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DEBAT

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L?islamisme légal et le combat démocratique
Par Abdou B.(La Tribune 09012000)
s
Ainsi donc, le rocambolesque feuilleton de l?AIS serait sur le point de se
terminer. Et les pythies nous assurent, après avoir «hâtivement» crié au
revirement de Mezrag et ses hommes qu?une éventuelle rediffusion était exclue
à partir de la dissolution consentie de cette armée dont l?histoire a été à
ce jour écrite dans les journaux. Exclusivement. Si le journaliste peut être
l?historien du fait divers, l?AIS née dans l?ombre et qui y retourne,
est-elle un simple fait divers ? Mais lorsqu?un fantôme décide de ne plus
hanter des espaces atrocement défigurés par la guerre, il serait sans doute
de mauvais goût de faire la fine bouche ou de lui demander de reboiser ce qui
a été calciné !Un acteur de la violence qui a ravagé le pays depuis près de
dix ans décide de se ranger des armes. C?est sans aucun doute une bonne
nouvelle pour la paix. Quitte pour les scénaristes de broder autour d?une AIS
qui a fait déployer tant d?énergies, tant de moyens, couler tellement de sang
et d?encre, et qui n?a même pas obtenu le statut de belligérant. Avec la
disqualification du FIS dissous, sous son ancien logo, le dépôt des armes par
sa branche armée et la guerre qui sera normalement menée à terme contre les
GIA, la problématique de l?islam politisée dans toutes ses dimensions, va
être enfin posée dans la société. Durant la campagne présidentielle,
l?écrasante majorité des thèmes débattus par les sept candidats avait très
peu de relations, pour ne pas dire aucune, avec une république islamique,
avec des modèles alimentaires ou vestimentaires et encore moins avec un
retour au discours unique et au tarissement des libertés individuelles et
collectives inscrites dans la Constitution. L?avant-scrutin avait révélé les
véritables préoccupations et angoisses des Algériens, qui aspirent
véritablement à de profonds changements, pas seulement d?hommes, mais de
programmes et dans les méthodes, pour une véritable participation
citoyenne.Les décantations en cours ont remis en selle, autrement, et avec
plus d?efficacité, et donc de perspectives, des courants islamistes
importants, qui ne sauraient être réduits aux anathèmes et aux écrits plus
passionnels que lucides qui sous-estiment non seulement les appareils mais
surtout les ancrages qui se manifestent tôt ou tard. La problématique de
l?Islam politisée va être enfin regardée en face par des actants qui ont
toujours refusé que des milliers voire des millions d?Algériens puissent
penser et vouloir à côté du microcosme et autrement que certains sigles. Ces
derniers pompeusement, avec un volontarisme incantatoire, ont été baptisés
«forces républicaines et modernes» mais cependant incapables de remplir un
stade de hand, là où vivent les «gueux», les victimes programmées de
l?import-import. Le pouvoir actuel, beaucoup plus réaliste et surtout mieux
informé sur les réalités sociales, sécuritaires, économiques et sur les
configurations sociologiques du pays, sait de quoi il retourne. Il sait que
les formations dites islamistes ont des électeurs, des militants, des groupes
de pression, des sources de financement et des élites plus ou moins aptes à
cogérer le pays. Il fait avec en intégrant le MSP, Ennahda fortement
amoindris, aux côtés du FLN et du RND, monté de bric et de broc. Dans le
champ légal, constitutionnel, il y a les partis de MM. Taleb et Djaballah.
Sur l?autre versant, il y aurait dans la majorité plurielle le RCD et l?ANR
et en dehors, la formation de M. Ghozali, anti-islamiste clairement affichée.
L?opposition démocratique, dans sa version moderniste, se réduirait au FFS et
au PT en attendant de savoir si le travail de M. Ghozali se limiterait à
occuper la place laissée vacante par le RCD et s?il aura pour cible le FFS et
le reste de l?opposition ou s?il se présentera comme une alternative au
pouvoir et recherchera forcément des alliances en dehors de la sphère
dirigeante.Risque-t-on d?assister à la mise en place d?un système de vases
communicants à l?intérieur d?un même cercle ? Ce qui ne gonflera pas pour
autant, sauf par des écrits journalistiques, le courant démocratique. Ou bien
assisterons-nous à une véritable recomposition où chacun sera mesuré à l?aune
de sa force populaire et à la pertinence de ses propositions ?Le premier des
équilibres serait que les forces républicaines et modernes s?articulent
autour du FFS, dans la liberté de tous et avec la créativité de chacun. Avec
des programmes crédibles et des hypothèses inédites quant à la place de la
religion dans l?avenir. L?Islam, qui est la deuxième religion du monde, est
devenu une force considérable reconnue comme telle par toutes les puissances,
à commencer par les Etats-Unis, plus pragmatiques qu?idéologiques. Réduire la
démocratie à un spectre couvert par le RCD, l?ANR et M. Ghozali reviendrait à
condamner définitivement son avènement. Les gisements de progrès et de
modernité sont beaucoup plus nombreux et plus ancrés dans la société, dans
les réseaux civiques et citoyens en dehors des «officiels», dans le pouvoir,
parmi les foules qui ont suivi les sept candidats.Libérés du FIS et de la
présence de l?AIS, les courants islamistes qui ont une place à part entière,
ont tiré toutes les leçons du passé récent et sanglant. Ils ont acquis, pour
certains, la légitimité des urnes et celle «octroyée» par mille et une forme
de répression. Cependant, leur ascension est résistible par un «déluge»
démocratique, seul capable, programme contre programme, de les évaluer à une
présence vraiment conforme à leur force de propositions. A moins que ne se
profile un remake avec, encore une fois, un gonflement artificiel de
l?islamisme qui serait pourtant, dit-on, «complètement défait», un courant
démocratique «acceptable» surdimensionné, une traque, avec tous les moyens,
du FFS et des autres opposants, décrétés non pas concurrents politiques mais
«ennemis du pays», pour retourner à case départ. Celle de la période qui
allait de juin à décembre 1991. Bis repetita ou game over ? La solution
définitive a été trouvée depuis longtemps en démocratie. Elle consiste à
laisser, à l?intérieur du champ national qui est une propriété collective,
s?affronter pacifiquement et loyalement la majorité et l?opposition qui sont
partout les deux revers d?une même médaille. Celle de l?alternance.
A. B.
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DOUCE BELGIQUE

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La Belgique va régulariser des milliers de sans-papiers

La loi, qui définit quatre situations de régularisation, pourrait concerner
au moins 20 000 personnes


Luc Rosenzweig ( Le Monde 8 janvier 2000 )

La plus grande opération de légalisation d'étrangers séjournant
clandestinement sur le territoire de la Belgique doit commencer, lundi
10 janvier, dans tout le royaume. Pendant trois semaines, les personnes
concernées pourront retirer les formulaires de demande d'autorisation de
séjour dans les mairies. Ces dossiers seront alors transmis à une commission
de régularisation, qui émettra un avis, favorable ou défavorable, la décision
finale étant du ressort du ministre de l'intérieur.
Ces mesures sont la conséquence de l'accord de gouvernement conclu en juillet
1999 entre les partis de la coalition dirigée par le premier ministre libéral
flamand Guy Verhofstadt (libéraux, socialistes et écologistes flamands et
francophones). Concernant la politique de l'immigration, cet accord comporte
deux volets : une offre de régularisation aux sans-papiers répondant à une
série de conditions et un renforcement des moyens permettant l'expulsion du
territoire des nouveaux clandestins.
La mise en oeuvre du premier volet, que le nouveau pouvoir souhaitait rapide,
avait été retardée par un faux pas juridique : un décret du ministère de
l'intérieur modifiant la loi en vigueur sur l'entrée et le séjour des
étrangers, promulgué fin septembre, avait fait l'objet d'un recours devant le
Conseil d'Etat, introduit avec succès par le Vlaams Blok, l'extrême droite
flamande. Le Conseil d'Etat estimait en effet qu'une loi votée par le
Parlement ne pouvait être modifiée que par une autre loi votée dans les mêmes
conditions. Une loi, reprenant le décret dans des termes identiques, fut donc
adoptée à une large majorité le 22 décembre et son application commence avec
sa parution, le 10 janvier, au Journal officiel du royaume.

RÉSEAUX MAFIEUX
Les responsables belges se sont largement inspirés des opérations similaires
effectuées en Europe, notamment en France, tout en apportant des aménagements
particuliers liés à la situation particulière et aux traditions de la
Belgique. La condition première pour introduire un dossier est de faire la
preuve de sa présence sur le territoire belge au 1er octobre 1999. Les
autorités veulent ainsi éviter le « tourisme de régularisation » de
sans-papiers dont la régularisation a été refusée dans d'autres pays de
l'Union européenne.
Le ministère de l'intérieur se réserve aussi le droit de refuser a priori le
passage en commission de personnes pouvant porter atteinte à l'ordre public
ou à la sécurité de l'Etat. Cette disposition vise plus particulièrement les
étrangers repérés comme faisant partie de réseaux mafieux, notamment dans le
domaine de la traite des êtres humains, particulièrement actifs en Belgique,
et les réseaux islamistes. Les commissions de régularisation seront composées
de trois personnes : un président issu de la magistrature, un avocat et un
membre d'association humanitaire travaillant dans le secteur de l'immigration.

« ATTACHES SOCIALES »
Quatre situations ouvrant droit à la régularisation ont été définies par la
loi :
- Les demandeurs d'asile dont le dossier n'a pas été réglé au bout de quatre
ans de procédures (trois pour les demandeurs ayant des enfants scolarisés).
Ainsi, des déboutés du droit d'asile dont l'ordre de quitter le territoire
belge n'avait pas été mis en application dans les délais indiqués pourront
être régularisés. Ce seul chapitre pourrait concerner plusieurs milliers de
personnes.
- Les personnes dont le retour dans le pays d'origine ou le pays de départ
vers la Belgique est impossible pour des raisons liées à leur sécurité. Les
commissions auront la responsabilité d'évaluer la réalité du danger, sur la
base de documents et d'analyses fournies par le ministère des affaires
étrangères.
- Les personnes atteintes d'une maladie grave. Sur ce point, le ministre de
l'intérieur, Antoine Duquesne (libéral francophone), a mis en garde contre
toute interprétation laxiste : « Il ne s'agit pas d'accorder le séjour à des
malades pour la seule raison que la qualité des soins en Belgique est
meilleure que dans leur pays d'origine, ce qui est très souvent le cas. Cette
clause ne pourra être appliquée que dans des situations où l'expulsion d'une
personne malade s'apparenterait à de la non-assistance à personne en danger »,
a-t-il déclaré.
- Les personnes pouvant prouver des « attaches sociales » en Belgique depuis
au moins six ans (cinq pour les familles ayant des enfants scolarisés). Ces
attaches sociales sont par exemple la fréquentation régulière de services
publics, de l'école pour les enfants, des services de santé, etc.
« SECOURS EN NATURE »
Antoine Duquesne s'est d'autre part déclaré dans l'incapacité d'évaluer le
nombre de demandes qui allaient parvenir dans les mairies, la clandestinité
échappant par nature à la statistique. Mais, comme il fallait bien une base
pour planifier le nombre de formulaires à imprimer, et celui du personnel
amené à traiter les dossiers, les services concernés se sont fondés sur celui
des demandes déposées dans les préfectures françaises lors de la dernière
opération de régularisation. Rapporté à la population belge (10 millions
d'habitants), cela pourrait aboutir au dépôt de 20 000 demandes de
régularisation, concentrées pour la plupart dans les grandes villes
(Bruxelles, Anvers, Gand).
Mais ce chiffre pourrait se révéler beaucoup plus important, en raison des
conditions plutôt favorables faites par la Belgique aux demandeurs d'asile.
La loi prévoit en effet que ceux-ci doivent recevoir « des secours en
nature » pendant la procédure, mais les bureaux d'aide sociale se trouvent
dans l'incapacité d'organiser logement, nourriture et autres prestations, et
préfèrent donner des subsides en espèces aux personnes concernées. Une
pratique qui a été rapidement connue dans les pays « fournisseurs » de
demandeurs d'asile, notamment en Europe de l'Est.
Luc Rosenzweig


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Les « expulsions musclées » par avion continuent

La mort par étouffement en février 1999 d'une jeune Nigériane, Semira Adamu,
lors de son expulsion par avion, avait provoqué une vive émotion en Belgique.
Les méthodes de la gendarmerie, notamment celle du coussin appliqué sur le
visage de la personne expulsée pour l'empêcher de crier, avaient été
stigmatisées. Les écologistes, alors dans l'opposition, avaient été à ce
moment-là à la pointe du combat contre les expulsions et avaient soutenu les
sans-papiers occupant des églises.
Le fait d'être aujourd'hui membre de la majorité n'a pas empêché un député
écologiste, Vincent Decroly, d'interpeller vivement le ministre de
l'intérieur sur les conditions d'expulsion vers Dakar, le 18 novembre, de
Matthew Sellu, un jeune Sierra-Léonais débouté du droit d'asile. Vincent
Decroly s'était rendu au Sénégal pour constater de visu les blessures de
Matthew Sellu, et en avait ramené une bande vidéo qu'il montra à ses
collègues de la Chambre.
Le Monde 9 janvier 2000


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DOUCE FRANCE

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FRANCE / L?Aïd célébré en rangs dispersés

C?est dans la confusion et en rangs dispersés que la communauté musulmane de
France a célébré l?Aïd El Fitr.
Une partie a, suivant l?orientation de la Mosquée de Paris, rompu le jeûne
samedi, l?autre, l?a fait vendredi. Cette fausse note qui a désorienté les
musulmans témoigne, s?il en est, de la difficulté des responsables religieux
à se prévaloir en France d?une représentation commune et unique, à l?instar
des autres religions.
La Mosquée de Paris, qui a annoncé l?Aïd pour samedi, s?est fondée, d?une
part sur le fait qu?il n?y avait pas de lune sur la France jeudi soir
conformément à l?indication de l?observatoire d?Amiens et, d?autre part, sur
la sunna. «Tous les savants du monde vous diront qu?il n?y avait pas de lune
sur la France jeudi soir.» Et «il n?y avait que l?Arabie Saoudite qui avait
annoncé l?Aïd, pour vendredi. Dans le doute, la commission religieuse réunie
à la Mosquée de Paris a voulu suivre la sunna. Celle-ci dit que lorsqu?il y a
un doute, il vaut mieux jeûner 30 jours. La décision a été prise en toute
conscience, en toute responsabilité», a affirmé Dalil Boubakeur, recteur de
la Mosquée de Paris à l?antenne de Beur FM. El Azhar a également annoncé
l?Aïd pour samedi. Mais certains lieux de culte, à l?instar de la mosquée
d?Evry ou de la mosquée Myrrha, ont célébré l?Aïd vendredi au motif que plus
de deux pays musulmans ont annoncé l?Aïd pour vendredi. M. Amrani, recteur de
la mosquée d?Evry, a indiqué à l?antenne de la radio communautaire qu?«il y a
huit ans, un accord était passé avec la Mosquée de Paris selon lequel nous
suivrions les deux premiers pays musulmans qui rompent le jeûne. Nous n?avons
pas besoin d?une autorité religieuse pour nous informer.» Et, se voulant
consensuel, il a ajouté que «ceux qui ont fêté l?Aïd vendredi sont dans la
légalité et ceux qui ne l?ont fêté que samedi sont protégés, ils ont suivi
une autorité religieuse».
Pour sa part, Khalil Maroun, responsable de la mosquée d?Evry estime que
«chaque mosquée doit garder son indépendance tant que nous n?avons pas de
plate-forme... Si on doit m?accuser d?être pro-marocain, les auditeurs
doivent savoir que le Maroc fêtera l?Aïd peut-être dimanche. Cest l?Algérie
qui fête l?Aïd vendredi». L?obédience de la Mosquée de Paris suscite des
rivalités, voire est contestée par des courants religieux dont celui de la
mosquée d?Evry financée par le Maroc. Réagissant à cette querelle de date,
Soheib Bencheikh, mufti de la mosquée de Marseille, nous a affirmé que «dans
un pays musulman, c?est honteux, cela devient un spectacle scandaleux quand
on est dans un pays non musulman qui nous observe. C?est une démonstration de
l?archaïsme de notre manière de calculer les heures et les jours canoniques.
Normalement, c?est à la Mosquée de Paris d?être le vecteur, or, sa
communication n?est pas passée et la communauté est dans le désarroi». Avec
plus de 4 millions d?âmes, la communauté musulmane de France y est la
deuxième communauté religieuse et la communauté musulmane la plus nombreuse
en Europe.
Mais elle n?a toujours pas de représentation officielle, minée par les
rivalités, les divisions de personnes et de clans. Ce qui explique que la
chaise de l?Islam en France dans les espaces officiels est toujours vide,
contrairement aux autres religions qui ont su dépasser leurs différends. Une
fois de plus, les musulmans n?ont pas été conviés à la présentation de v?ux
de nouvel an à l?Elysée, ce que déplore le recteur de la Mosquée de Paris. Il
est temps que des modes d?organisation soient trouvés. Jean-Pierre
Chevènement, ministre des Cultes, vient d?organiser une consultation pour
jeter les bases d?une représentation de la communauté musulmane. D?autres
ministres de l?Intérieur ont tenté de le faire avant lui. Mais les
responsables religieux ont réagi négativement au fait que Jean-Pierre
Chevènement demande à tout responsable musulman de signer une déclaration des
droits et obligations avant tout accès à l?instance de représentation. Cette
clause est considérée comme humiliante. «Quelle que soit la méthode mise en
?uvre, la réprésentation nationale à venir des musulmans de France devra
s?imposer par elle-même, par la qualité de sa réflexion et par la force de
ses propositions», estimait Soheïb Bencheïkh, une des personnalités
consultées, dans un récent entretien au journal Le Monde. Mais au-delà des
querelles des responsables religieux, les musulmans de France ont célébré
l?Aïd, les uns vendredi, les autres samedi, mais tous dans le recueillement,
voire la gravité et avec le même souhait : que la paix règne sur l?humanité.
Ce souhait a une signification et une tonalité encore plus forte dans la
bouche des ressortissants algériens dont le regard et la pensée sont tournés
vers le pays natal. En attestent les v?ux échangés dans les cafés, dans les
marchés et tout autre espace de rencontres entre voisins et proches ou sur
les ondes des radios communautaires.
Par Nadjia Bouzeghrane(EL Watan 09012000°

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Début et fin du ramadan en France
Des radios communautaires demandent un consensus

La communauté musulmane de France a célébré l?Aïd El-Fitr dans la désunion.
Une partie a fêté la fin du ramadan vendredi tandis que l?autre partie
jeûnait pour ne le fêter qu?hier.  Ainsi des radios communautaires
maghrébines, interpellés par leurs auditeurs, ont appelé hier à la «fixation
unanime» des dates du début et de la fin du ramadan et demande la création
d?une instance collégiale représentative de l?islam en France.
Dans un communiqué, trois radios parisiennes, Radio Méditerranée, Beur FM et
France Maghreb, et trois radios de province, Radio Salam à Lyon, Radio Panach
à Revin (Ardennes) et Radio Gazelle à Marseille, déplorent que la sortie du
ramadan se soit faite en ordre dispersé cette année, soit vendredi soit
samedi, selon les prescriptions des différentes instances musulmanes en
France.
Sollicitées par tous pour annoncer ces dates, les radios rappellent qu?elles
n?ont pas pour mission de trancher ces querelles de minarets» et «ne
souhaitent ni approfondir la discorde ni participer au désarroi de la
communauté».  Elles appellent «tous ceux qui se prétendent et se considèrent
comme représentants des musulmans de France à plus de cohésion», pour
«parvenir dès le prochain ramadan à un consensus quant à la fixation unanime
d?une date unique» de début et de fin du ramadan en France, «à l?instar des
autres pays». Ces radios «exhortent» par ailleurs les autorités françaises «à
?uvrer en vue d?aider à l?accélération de la création d?une instance
collégiale représentative de l?islam de France». R. N.

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La TribuneDimanche 9 janvier 2000
Mabrouk Ferkal demeure le porte-parole du CMA
La justice française déboute les organisateurs «lyonnais» du Congrès amazigh
Une réunion des associations membres est prévue aujourd'hui à Paris
Par Malek Ben Mokrane

La crise qui secoue les instances du Congrès mondial amazigh depuis le mois
de juin dernier a connu, ces derniers jours, un rebondissement très important
qui remet en cause la légitimité et la représentativité de tout ce qui a été
entrepris par les initiateurs de la rencontre de Lyon, en août dernier,
notamment les tout nouveaux bureau mondial et conseil fédéral. En effet,
cette question de légitimité a fait l?objet d?un traitement judiciaire dont
les résultats ont renforcé la représentativité de l?instance législative du
CMA, à savoir le conseil fédéral, qui a pris la décision, en juin 1999, de
destituer quelques membres du bureau mondial, ceux-là mêmes qui ont initié la
rencontre de Lyon. Cette dernière, appelée deuxième assemblée générale par
ses initiateurs et qualifiée de supercherie et de mascarade par le conseil
fédéral et des dizaines d?associations membres du CMA, a désigné, pour
rappel, M. Rachid Raha Ahmed comme président. Celui-ci, au nom du CMA, issu
de la rencontre de Lyon, a traduit M. Mabrouk Ferkal en justice pour lui
dénier le droit de parler au nom du CMA. M. Ferkal, l?un des organisateurs du
deuxième séminaire du MCB en 1989, a été désigné par le conseil fédéral comme
porte-parole du Congrès mondial amazigh, après la démission, en janvier 1999,
du président, l?écrivain canarien Antonio Félix Martin Ormega. M. Ferkal
devait rester porte-parole du CMA jusqu?au deuxième congrès, prévu en l?an
2000 par le conseil fédéral lors d?une réunion qui a eu lieu en juin dernier.
Et c?est la même réunion qui a décidé de destituer quelques membres du bureau
mondial (exécutif) accusés d?«utiliser le CMA à des fins occultes».Donc,
après la rencontre de Lyon, organisée par les membres déchus et dénoncée par
les associations membres des pays de Tamazgha et de la Diaspora, le conseil
fédéral s?est mis à préparer la deuxième assemblée générale, prévue cet été.
D?ailleurs, une réunion des associations membres se déroule aujourd?hui à
Paris, afin de réussir le congrès de l?été prochain. Elle a été décidée par
le conseil fédéral lors d?une réunion qu?il a tenue le 05 décembre 1999 à
Bruxelles.Ce sont tous ces préparatifs qui ont fait paniquer M. Raha Ahmed et
l?ont poussé à assigner Mabrouk Ferkal en justice pour lui «interdir [?]
d?utiliser à toutes fins (comprendre les démarches auprès des banques, de la
poste, télécom, Internet, la préfecture [?] NDLR) le nom du Congrès mondial
amazigh (CMA), interdire la réunion, fixée à Paris les 8 et 9 janvier 2000,
et la tenue de l?assemblée générale de l?été 2000 au nom du CMA et condamner
M. Ferkal à un franc symbolique au titre des dommages et intérêts». Les
termes de l?assignation sont on ne peut plus clairs et ils posent le problème
de la légitimité et de représentativité. Le verdict du procès en référé, qui
a eu lieu le 28 décembre, a été donné jeudi dernier par M. Guyot, juge des
référés. Ce dernier, affirmant que certaines pièces présentées par l?avocat
de la partie civile, Me Bahloul, étaient sans valeur, a débouté Rachid Raha
Ahmed de ses demandes.En fait, même si ce dernier a décidé de faire appel de
ce jugement, le verdict du juge est lourd de sens. Il est clair que Mabrouk
Ferkal est toujours porte-parole du CMA et que la réunion des 8 et 9 janvier
2000 (hier et aujourd?hui) a lieu dans la légalité. Mais le problème qui se
pose actuellement avec acuité est celui de la légalité de la rencontre de
Lyon. En effet, si Mabrouk Ferkal est toujours porte-parole du CMA, que
deviennent les instances issues de la rencontre de Lyon qui a consacré Rachid
Raha Ahmed président ? La décision du juge de maintenir M. Ferkal à son poste
ne souffre aucune ambiguïté. Elle consacre l?illégitimité du bureau mondial
et du conseil fédéral, issus du «Congrès» de Lyon en août dernier.
M. B. M.

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IRAK

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L?Humanité 07 Janvier 2000 -
Le général Ali Hassan al-Majid. Le cousin du président irakien Saddam Hussein
a présidé la cour martiale qui a condamné à mort quarante militaires
appartenant à un régiment basé dans le sud du pays. Le Parti communiste
irakien, qui a diffusé cette nouvelle depuis son siège de Chaqlawa, au
Kurdistan d'Irak, indique que les 40 hommes ont été fusillés par un peloton
d'exécution dans la cour d'une prison militaire d'Amara, à 400 km au sud-est
de Bagdad. Le PCI précise que leur procès s'est déroulé en l'absence
d'avocats et " sans la moindre démarche judiciaire appropriée " et que les
raisons de leur condamnation ne sont pas connues.






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