On rentre d'Amsterdam, ou les sans-papiers etaient invites a la
mega-conference totalement delirante "Next 5 minutes", dont le sujet est
l'activisme dans les nouveaux medias:
- vendredi 12 mars: presentation du mouvement des sans-papiers et
des actions de "Kein Mensch ist illegal", sous le titre "Art of campaigning"
- dimanche 14 mars: atelier de rencontre de nombreux groupes de
soutien a des luttes de sans-papiers, partout dans le monde (y compris en
Asie). Plein de gens supers et interessants !
Bientot tous les details sur "pajol".
Pour vous mettre l'eau a la bouche en attendant, la traduction de
l'excellent texte introductif redige par [cross the border], suivie de
l'original en anglais.
Marc
-----------------------------------------
Personne n'est illegal
kein mensch ist illegal
noone is illegal
<
http://www.contrast.org/borders>
HACKERS CONTRE LES FRONTIERES
Medias et activistes en lutte contre le regime des frontieres
Workshop a la conference "Next 5 minutes"
<
http://www.n5m.org>
De Balie, kleine zaal, Amsterdam
Dimanche 14 mars 1999, 15h-16h30
Avec: Autonoom Centrum (Amsterdam), Marc Chemillier (Paris), De Fabel van
de Illegaal (Leiden), IM-media (Paris), Cross the border (Munich), Olia
Lialina (Moscow), RTmark (United States), Rex Varona (Hongkong) et d'autres
<BORDER=0>
Bien sur, le reve d'abolir les frontieres est bien plus vieux que
l'Internet. Le mythe des frontieres a toujours ete tiraille par le mythe du
recul de ces frontieres toujours plus loin et de leur depassement. Dans le
processus actuel de globalisation, les frontieres, au moins celles qui
delimitent les Etats-nations, semblent en un sens disparaître - mais
seulement pour les flux d'argent, de marchandises et de capitaux, pas pour
les personnes. Les regions frontalieres sont devenues un laboratoire pour
les nouvelles technologies de controle, et les frontieres postmodernes, ou
post-nationales, deviennent les elements d'un systeme d'apartheid a
l'echelle mondiale.
Quoi qu'il en soit, l'apologie habituelle de l'Internet met en avant la
promesse qu'une diffusion a l'echelle mondiale des nouvelles technologies
pourrait eliminer toutes les barrieres entre les personnes. Beaucoup de
critiques ont montre comment cette rhetorique etait une maniere de
detourner l'attention sur les mefaits reels du capitalisme, ou meme une
propagande pour imposer la barbarie neoliberale. Cependant, il y a une
erreur plus dangereuse dans la metaphore habituelle selon laquelle le net
serait un "continent" alternatif au monde reel, un endroit ou la
communication libre et sans entrave pourrait devenir realite. En effet, les
frontieres sont en realite quelque chose d'immateriel, et le reseau devient
une arene pour la mise en oeuvre d'une nouvelle forme de police des
frontieres.
Ironiquement, le rideau de fer a ete remplace rapidement par ces nouvelles
frontieres, qui consistent en l'utilisation strategique des technologies
modernes de surveillance. Ainsi, on assiste a l'emergence d'un gigantesque
systeme de donnees comme celui de Schengen et son complement national
appele SIRENE, ou encore la base de donnees d'empreintes digitales dans
laquelle des informations sont stockees concernant les demandeurs d'asile.
Le long de la frontiere entre l'Allemagne, la Pologne et la Republique
Tcheque, la police des frontieres est armee d'une large panoplie de gadgets
high-tech : outils de navigation GPS (Global Position System), cameras
thermo et infra-rouge, etc.
Ainsi, la frontiere se deplace, se referme sur elle-meme : elle s'applique
aux regions frontalieres et a leurs cites, aux chemins de fer et aux
principaux axes, ainsi qu'aux reseaux de communication. Les frontieres
europeennes se deplacent vers les pays voisins, etendant le controle a une
zone modele, qui comporte l'espace Schengen en son centre, entoure par un
cordon de pays sous haute surveillance. Ces efforts sont marques egalement
par une intense propagande qui stigmatise les minorites, interdit les
migrations et la mobilite, et enrole la population locale dans des actes de
collaboration et d'administration du regime de cloisonnement frontalier.
Mais y a-t-il encore une chance que la promesse du net soit prise au
serieux et que les malentendus soient elimines au benefice d'une approche
productive ? Si oui, comment pouvons-nous obtenir pour tout le monde ce qui
est reserve a une tres petite minorite qui a les moyens de voyager et de se
deplacer librement ? Libre circulation pour tous - dans la VIE REELLE - est
notre but : ouverture des frontieres et liberte de circulation pour tout le
monde. Ce n'est pas une question de charite ou de compassion, mais une
question de principe. Ce n'est pas de l'idealisme naïf, mais une realite
qui concerne tout le monde : la globalisation n'est pas optionnelle, ses
effets ne sont pas limites "aux autres". Le developpement de la
globalisation va determiner tres directement le champ de liberte et
d'action de chacun de nous, dans chacun de ses faits et gestes quotidiens.
Bien sur, il ne s'agit pas de prier et d'invoquer les nouvelles
technologies ou de faire croire qu'elles peuvent etre maintenues libres des
controles etatiques. Conceptuellement et pratiquement, les reseaux
deviennent un champs de bataille pour un regime dans lequel la vie et ses
composantes sont des objets et des cibles, ou, alternativement, des
vehicules pour la singularite, l'autonomie, et le libre flux des idees, des
actions, et surtout, des gens eux-memes. Cette deuxieme vision comporte des
champs nouveaux et inconnus, et avec eux, des defis politiques, ethiques et
esthetiques.
- Reveler et attaquer les mecanismes de la collaboration transnationale et
le reseau (post-)gouvernemental de controle et de surveillance.
- Explorer de nouvelles subjectivites trans-frontalieres, hors des ennuyeux
et "nomades" congres, qui dans presque tous les cas, obligent certains a
d'humiliantes demandes de visa ou d'invitations.
- Connecter des strategies artitisques et des interventions politiques, de
l'activisme dans les medias tactiques et de la militance dans la vie reelle.
- Tester et developper des connexions et de la connectivite entre les
nouveaux mouvements sociaux et les luttes, telles que le mouvement des
sans-papiers qui se battent pour leur droit au sejour, avec les resistances
dans les pays d'origine.
- Debattre d'une nouvel abolitionnisme, lutter contre tout concept de
frontiere et d'apartheid, a l'interieur comme a l'exterieur du perimetre
des Etats-nations.
La campagne "Personne n'est illegal"
Durant l'ete 1997, trois ou quatre douzaines d'activistes politiques
publiaient a l'Hybrid Workspace de la Documenta X un manifeste "Personne
n'est illegal" <
http://www.contrast.org/borders/noone.html>. Pendant dix
jours, nous avons ouvert un bureau temporaire consacre a la nouvelle
campagne dans l'Orangerie de Kassel. Certains d'entre nous sont des
activistes des medias, des realisateurs radio, de films, photographes, et
artistes. Certains d'entre nous s'etaient rencontres il y a des annees :
dans le mouvement social des annees quatre-vingt, ou pendant les annees
quatre-vingt-dix, lorsque des concepts nouveaux, non-fonctionnels etaient
apparus pour combiner art et politique, tels que les comites d'assistance
sociale. Mais d'autres se rencontraient pour la premiere fois, ayant
seulement communique par e-mail. Ces nouveaux contacts ont ete rendus
possibles par une utilisaiton sans prejuge des nouvelles technologies.
Personne n'etait reellement un expert, mais nous etions tres curieux de
voir comment enrichir et developper le symbolisme politique classique :
mettre en place les premiers site Web, echanger des mails, diffuser des
programmes radio par le net, echanger des videos, faire des
teleconferences, avec des centaines de participants, ou meme retransmettre
integralement une manifestation a travers un telephone mobile.
L'appel "Personne n'est illegal" a ete le point de depart d'une campagne
basee sur l'activite de douzaines de reseaux locaux dans toutes les grandes
ville d'Allemagne. Mais derriere l'appel d'une plate-forme commune, il n'y
a pas d'appareil ou de structure centralisee. Connectes par des
mailinglistes ou par des envois postaux, les groupes travaillent selon des
circonstance specifiques, mettant l'accent sur l'aide aux immigres en
situation irreguliere, l'occupation d'eglises, l'organisation publique ou
semi-publique de debats a propos du franchissement illegal des frontieres,
l'organisation d'actions contre les expulsions. Trois fois par an, des
conferences sont organisees, ou les groupes font part de leurs experiences
et discutent sur les buts communs, la pratique et les problemes.
En 1998, deux grands evenements a l'echelle de toute l'Allemagne ont eu
lieu, a l'initiative du reseau "Personne n'est illegal" : la caravane pour
les droits des refugies et des immigres, originellement lancee par
l'association Human Right de Breme. Quelques semaines avant les elections
allemande en septembre, et avec le slogan "Nous ne votons pas, mais nous
avons une voix", la caravane a parcouru plus de 40 villes en Allemagne.
Plusieurs centaines de groupes, organisations pour les refugies, collectifs
auto-organises d'immigres, et soutiens, se sont joints aux differentes
actions.
<
http://www.humanrights.de/caravan>
Deux semaines avant, les tentes du premier campement d'ete etaient plantees
a une centaine de metres de la frontiere Germano-Polonaise, pres de
Goerlitz.
<
http://www.contrast.org/borders/camp/report1.html>
<
http://www.contrast.org/borders/camp/report2.html>
Pour la deuxieme fois, la campagne "Personne n'est illegal" va se rendre a
la frontiere europeenne entre Allemagne, Pologne et Republique Tcheque.
Durant l'ete 1999, du 7 au 15 aout, des activistes de differents pays vont
se rassembler dans un campement a quelques centaines de metres de la
frontiere. La connexion sera etablie entre plusieurs campements simultanes
qui auront lieu dans toute l'Europe ainsi qu'aux USA.
Le slogan "Hackers contre les frontieres" met en evidence le role central
que les medias tactiques et la militance "de la vie reelle" vont jouer.
Nous invitons toutes les radios mobiles, les activistes, les webmestres
tactiques, les guerilleros de la communication, les djs, les musiciens,
artistes, et autres, a rejoindre le campement et a participer de toutes les
manieres possibles.
<
http://www.contrast.org/borders/camp/actual99.html>
Contact et renseignements:
grenze-VHy1kQqPSwc@xxxxxxxxxxxxxxxx
Tel. portable: ++49/172/8910825
ou inscription a la mailingliste [cross-l]
en envoyant SUBSCRIBE CROSS-L dans le corps d'un message adresse a
listserv-mjVklT+pzYrMFIMGWPqnnw@xxxxxxxxxxxxxxxx
-------------cross the border--
--ueber die grenze ------------
http://www.contrast.org/borders
--phone: ++49/89/172/8910825---
-----mar 12-14 n5m3 amsterdam--
-mar 26-28 conference munich---
---aug 7-15 camp borderline----
____________________________________________
HACKING THE BORDERLINE
Media & RL activism against new border regimes
Workshop at next 5 minutes conference
<
http://www.n5m.org>
De Balie, kleine zaal, Amsterdam
Sunday, March 14th
15.00 - 16.30 hours
With: Autonoom Centrum (Amsterdam), Marc Chemillier (Paris), De Fabel van
de Illegaal (Leiden), IM-media (Paris), Cross the border (Munich), Olia
Lialina (Moscow), RTmark (United States), Rex Varona (Hongkong) and others
<BORDER=0>
Of course, the dream of abolishing borders is much older than the Internet.
The myth of borders was always tied up with the myth of pushing them back,
overwhelming them, and moving the frontier forward. In the current process
of globalization, borders, at least those which encompass nation-states,
seem to dissapear in a way -- but for flows of money, goods, and capital,
not for people. Borderlands have become a laboratory for new control
technologies, and the postmodern or post- national borderlines become the
barrings of a worldwide apartheid system.
Nevertheless, the hype of the Internet is essentially based on the promise
that the worldwide dissemination of new technologies might remove all
barriers between people. Many critics have unmasked this rhetoric as an
escape from real existing capitalism or as promotional campaign for
neoliberal barbarism. However, there is a more dangerous mistake made in
the popular regard for the net as an 'alternative' territory to the 'real
world,' or as a place, where free and unfettered communication might become
a reality. In this view, borders become something you cannot see or touch,
and the net and the various networks became an arena for 'new' border
policies.
Ironically, then, the iron curtain was replaced very quickly by these new
borders, which consist of the strategic use of modern observation and
surveillance technologies. Thus we see the rise of huge decentralized
databases such as Schengen Information System (SIS) and its national
supplementary counterparts called SIRENE, or the fingerprint database in
which personal data about asylum-seekers is stored. Along the German
borderline with Poland and the Czech Republic, border guards are armed with
a wide range of high-tech gadgets: Global Position System (GPS) navigation
devices, thermo- and infra-red-cameras, and so on.
Thus, the former border is moving, folding in on itself: it is mapping the
borderland and inner cities, the railways and main arteries, and the
communications networks. The European borders are moving forward to
neighbouring countries, expanding the control system toward a zone model,
which includes the Schengenland as its center, surrounded by a cordon of
countries under intense surveillance. These efforts are marked as well by
intense propoganda that stigmatizes minorities, defames migration and
mobility, and co-opts or coerces the local populations into acting as
collaborators and administyrators of the border regime.
But is there still a chance to take the promise of the net seriously and
turn these misunderstandings to productivity? If so, how can we claim for
all what is permitted to only the very few with the resources to travel and
settle freely? Free access for all -- in REAL LIFE -- is our goal: open
borders and freedom of movement for everybody. These are not questions of
charity or compassion, but a matter of course and concern for all. This is
no longer a naive dream but a reality for everyone: globalization is not
optional, its effects not for 'those other people.' These developments
determine very directly the range and freedom of everyone's everyday
practices.
Obviously, there is much more to do than praying and praising the new
technologies or providing illusions about keeping them free from state
control. Conceptually and practically, networks became battlefields for a
regime in which life and its components are objects and targets, or,
alternatively, as vehicles for autonomy, singularity, and the free flow of
ideas, activities, and, most of all, for people as such. This latter vision
involves new and unknown fields and possibilities, and with that,
political, ethical, and esthetic challenges:
--> Researching and attacking the mechanisms of transnational collaboration
and (post-)governmental networks for control and surveillance
--> Exploring new 'border-crossing' subjectivities outside of the boredom
of so-called 'nomadic' congress-hopping, which in almost every case
requires undignified begging for visa and invitations
--> Connecting artistic strategies and political interventions, tactical
media activism, and 'real life' militance
--> Testing and developing connections and connectivity between the new
social movements and struggles, such as the sans papiers fighting for their
right to stay, and the resistance in the countries of origin
--> Debating a new abolitionism, fighting against any concept of border and
apartheid inside and outside the perishing nation states
<No one is illegal campaign>
In summer 1997 three or four dozen political activists published in Hybrid
workspace at documenta X the manifesto 'no one is illegal'
<
http://www.contrast.org/borders/noone.html>. For ten days we opened a
temporary office devoted to the brand new campaign in the Orangerie in
Kassel. Some of us were media activists, radio practitioners,
photographers, filmmakers, and artists. Some of us had know each other for
years: from the eighties social movements, or from the early nineties, when
new, non-functionalising concepts of combining arts and politics were
tried, such as the 'welfare-commitees.' But some of us were meeting for the
very first time, having communicated only be email. The new meeting was
made possible by an unprejudiced or accepting use of new technologies.
Nobody was really an expert, but we were very curious about how to enrich
and expand classical political symbolism: setting up the first websites,
emailing, net-based audio transmissions, videotape exchanges,
videoconferencing with hundreds of participants, or even broadcasting
entire demonstrations with mobile phones.
The appeal 'no one is illegal' was the starting point for a campaign based
on the activity of dozens of local networks in every big city in Germany.
But beside the appeal as a common ground, there is no apparatus or
centralized structure. Connected by mailing lists and a postal mail
circulars, the groups worked under specific circumstances to focus on very
different points: hiding and supporting illegal migrants, squatting
churches, organizing public or semi-public debates about illegal
border-crossing, and starting actions against deportations. Three times per
year conferences are held, where the groups exchange experiences and talk
about common goals, practices, and problems.
In 1998, two main Germany-wide events were arranged and/or supported by the
'no one is illegal' network: the Caravan for the rights of refugees and
migrants, originally initiated by the Human Rights Association, Bremen.
Some weeks before the German elections in September and under the slogan
'we have no vote, but a voice!', the caravan moved through more than 40
cities in Germany. Several hundred groups, exile organisations,
asylum-seekers or migrant self organisations, and supporters joined the
various action.
<
http://www.humanrights.de/caravan>
Two weeks before, the tents for the first summer camp were pitched about a
hundred meters from the German-Polish borderline near Goerlitz.
<
http://www.contrast.org/borders/camp/report1.html>
<
http://www.contrast.org/borders/camp/report2.html>
For a second time, the "No one is illegal" campaign will move to the EU
frontier between Germany, Poland, and the Czech Republic. In summer 1999,
August 7th till 15th, activists from many different countries will gather
at a campsite some hundred meters from borderline. Connections to
simultaneous camps all over europe and in the US are being planned.
The event's slogan is "Hacking the borderline" points up the central role
that media task forces and "real-life" militants will play. We invite all
mobile radio- and camcorder-activists, tactical webmasters, communication
guerilleros, soundsystems, dj's, musicians, artists, and anyone else to the
camp and to contribute to it in any way possible.
<
http://www.contrast.org/borders/camp/actual99.html>
contact and more informations:
<
mailto:grenze-VHy1kQqPSwc@xxxxxxxxxxxxxxxx>
mobile phone: ++49/172/8910825
or subscribe to [cross-l] mailinglist with a SUBSCRIBE CROSS-L command in
the body of a message to
<
mailto:listserv-mjVklT+pzYrMFIMGWPqnnw@xxxxxxxxxxxxxxxx>
-------------cross the border--
--ueber die grenze ------------
http://www.contrast.org/borders
--phone: ++49/89/172/8910825---
-----mar 12-14 n5m3 amsterdam--
-mar 26-28 conference munich---
---aug 7-15 camp borderline----