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Subject: [actus_l] P2P : grains de sable dans les rouages de la riposte graduÃe - msg#00124
List: politics.activism.vie-privee.actu
http://www.pcinpact.com/actu/news/42000-conservation-logs-riposte-graduee-olivennes.htm
P2P : grains de sable dans les rouages de la riposte graduÃe
Si tu ne pirates plus, j'annule tout
Lâavant-projet de loi en phase de rÃdaction au gouvernement rÃvÃle jour
aprÃs jour ses petits secrets, ou problÃmes.
On le sait, pour lâidentification des abonnÃs dont lâadresse IP aura ÃtÃ
repÃrÃe par les ayants droit, au besoin automatiquement, des agents
publics, dÃsignÃs par le ministre de lâÃconomie et celui de la Culture
vont Ãtre dotÃs de pouvoir hors normes.
Des supers pouvoirs pour les "agents publics"
Ils pourront avoir accÃs aux donnÃes stockÃes par les FAI. Mais il y a
mieux : ils pourront encore convoquer et entendre  toute personne
susceptible de leur fournir des informations  pour les nÃcessitÃs de la
procÃdure. De mÃme, ils pourront accÃder aux locaux professionnels pour
accÃlÃrer les traitements. Ces agents se rendront par exemple chez Free
afin d'exiger la communication de toutes les donnÃes attachÃes à un
abonnement, et dont la conservation est obligatoire. La Haute Autorità et
la commission de protection des droits composÃe dâagents cumuleront ainsi
les fonctions de police et de justice, confortablement.
De simples courriels, plutÃt que les lettres recommandÃes
Une fois les donnÃes glanÃes, pourra Ãtre organisÃe la cÃlÃbre riposte
graduÃe, pierre angulaire du systÃme Olivennes.
LÃ, un problÃme qui nâa pas Ãtà encore mis en avant jusquâà prÃsent, est
celui de la mÃthode de communication. Lâabonnà sera averti par simple
courriel si sa ligne est utilisÃe par des contrefacteurs prÃsumÃs. En cas
de rÃcidive, un second message dâavertissement suivra toujours par email
et si rien ne change, suivront suspension et rÃsiliation. Ce mÃcanisme de
sanction, car câen est un, fait peu cas des rigueurs formelles habituelles
(lettre recommandÃe avec accusÃe de rÃception). Quelle sera la situation
de lâabonnà Neuf qui nâa pas souhaità utiliser le mail @Neuf.fr attachà Ã
son abonnement, prÃfÃrant un compte Yahoo ou Gmail ?
Contourner la riposte, en changeant le nom de l'abonnÃ
La riposte est imparfaite : en cas de rÃsiliation, câest le nom de
lâabonnà qui entrera dans une liste noire dont la CNIL hÃrite de la
gestion. Les FAI auront lâobligation de vÃrifier  avant de conclure tout
nouveau contrat portant sur la fourniture dâun tel service, si le nom du
cocontractant figure sur le fichier  explique la loi en gestation. Un
foyer de plusieurs personnes devrait en thÃorie pouvoir se rÃabonner en
changeant simplement le nom de lâabonnà principal.
Les mesures de la riposte graduÃe seront indiquÃes dans les contrats
dâabonnement et exigeront ainsi un avenant de tous les contrats en cours.
Trois moyens d'Ãchapper à la riposte graduÃe
Un article de la loi DADVSI va Ãtre profondÃment remaniÃ. Câest lâarticle
L. 335-12 du code de la propriÃtà intellectuelle et selon lequel lâabonnÃ
doit veiller à ce que son accÃs ne soit pas utilisà pour effectuer des
contrefaÃons sur le rÃseau. Il a lâobligation de mettre en application les
moyens de sÃcurisation proposÃs par son FAI. Dans sa version remodelÃe,
lâabonnà pourra Ãchapper aux sanctions sâil :
* Rapporte lâexistence dâun ÃvÃnement de force majeur (ÃvÃnement Â
imprÃvisible, irrÃsistible et extÃrieur Â, aucun exemple donnÃ, mais on
peut imaginer que lâouverture dâune ligne par le FAI au nom dâun mauvais
abonnà fait parti de ces cas de force majeur)
* Prouve lâentrave par un tiers (aucun exemple donnÃ, cheval de Troie
?)
* DÃmontre avoir mis en Åuvre de faÃon  adaptà  les moyens de
sÃcurisation  efficaces  proposÃs par le FAI.
Lâabonnà sera donc prÃsumà pirate si son IP est tracà sur un rÃseau P2P,
mais il aura donc trois voies pour Ãchapper à la riposte graduÃe et donc Ã
la rÃsiliation. Ce nâest pas à lâabonnà de choisir sa meilleure protection
puisquâun simple arrÃtà va dÃfinir  la liste des moyens de sÃcurisations
prÃsumÃs efficaces Â.
On ne sait pas si la liste sera exhaustive ou non, mais dans ce cas, il
sera fortement conseillà de choisir les moyens de filtrage prÃnÃs par le
gouvernement. Dâores et dÃjÃ, les implications sont importantes pour les
Ãventuelles solutions commerciales qui sont choisies par les ministres. La
prÃsomption dâefficacità sera sans nul doute simple : lâayant droit pourra
toujours tenter de dÃmontrer que telle solution nâest finalement pas Â
efficace  pour Ãviter la tentation P2Piste.
Conservation des logs au service des majors
Enfin, signalons que le texte en prÃparation prÃvoit bien de forcer les
FAI Ã conserver pendant un an les donnÃes techniques permettant
lâidentification des abonnÃs afin de lutter contre lâÃchange illicite. La
conservation de ces donnÃes perd aujourdâhui sa justification initiale
antiterroriste pour pÃnÃtrer à plein rÃgime le terrain de la lutte contre
le tÃlÃchargement illicite. Un dÃcret en Conseil dâÃtat dÃfinira la liste
des donnÃes à conserver et leur durÃe respective de conservation (Ip,
pseudo, matÃriel utilisÃ, mot de passe ?). Ces donnÃes pourront Ãtre
nominatives au profit de la Haute AutoritÃ, alors quâauparavant seule
lâautorità judiciaire pouvait en bÃnÃficier.
On ne sait pas à ce jour ce quâen dira le Conseil Constitutionnel dâun tel
dispositif, les rÃserves Ãventuelles pouvant de toute faÃon Ãtre gommÃes Ã
coup dâavis de la Cour de cassation...
RÃdigÃe par Marc Rees le lundi 25 fÃvrier 2008 Ã 11h42 (29729 lectures)
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[actus_l] Interview de Christophe Espern : le projet de loi Olivennes flirte avec l'antiterrorisme
http://www.pcinpact.com/d-121-1-christophe_espern_interview.htm
Interview de Christophe Espern (EUCD.info, April)
RÃdigà par Marc Rees
Le 28 fÃvrier 2008
Christophe Espern, un des cofondateurs de lâinitiative EUCD.Info se penche
sur lâavant-projet de loi Olivennes. Le personnage, aussi reprÃsentant de
l'APRIL au Forum des Droits sur internet, nous Ãclaire de son analyse sur
ce texte en gestation.
Une critique qui montre que la future loi Olivennes, qui met notamment en
place la riposte graduÃe en France, gÃnÃre aussi une multitude de
problÃmes pour les droits et libertÃs de chacun.
à la lecture de lâavant-projet Olivennes, quelles furent vos premiÃres
impressions ? Ãtes-vous surpris de son contenu ?
Je ne suis pas surpris de l'orientation gÃnÃrale de cet avant-projet. On
est dans la droite ligne des recommandations formulÃes par la mission
Olivennes, qui ne faisaient que rÃpondre aux souhaits exprimÃs par Nicolas
Sarkozy dans sa lettre de mission à la ministre de la Culture, Christine
Albanel. Plus largement, Nicolas Sarkozy lorsqu'il Ãtait candidat avait
fait savoir qu'il instaurerait la riposte graduÃe, il est notoirement
proche d'industriels rÃclamant ces mesures et aucun n'est connu pour Ãtre
particuliÃrement regardant sur les principes, fussent-ils
constitutionnels. Tout cela reste donc cohÃrent à dÃfaut d'Ãtre mesurà et
intelligent.
Par rapport à la directive EUCD ou la loi DAVDSI, voyez-vous là une suite
logique, quasi naturelle ou un tournant nettement plus inquiÃtant ?
Ce texte va beaucoup plus loin que l'EUCD. Il impose en creux aux
internautes d'installer des dispositifs de filtrage listÃs par l'Ãtat ce
que la directive n'exige pas. C'est mÃme sans doute contraire au droit
communautaire. Le texte prÃvoit de plus la crÃation d'une structure
administrative chargÃe de mener des campagnes d'intimidation et de
rÃpression de masse, en partenariat avec des sociÃtÃs privÃes. Ceci
n'existe nulle part ailleurs en Europe. Une telle architecture a par
contre dÃjà Ãtà proposÃe lors des dÃbats parlementaires sur la DADVSI.
Elle Ãtait diffÃrente sur la forme, a Ãtà vite retirÃe vu le tollÃ
suscitÃ, mais on est bien dans une suite logique d'un point de vue
franco-franÃais.
Cela dit, il y a vraiment de quoi Ãtre trÃs inquiet. D'une part, ce texte
arrive à un moment diffÃrent, oà tout semble devenu possible en France
pour lutter contre le partage non autorisà : la CNIL a dÃjà renoncà Ã
s'opposer à la privatisation de missions de police suite à une dÃcision du
Conseil d'Ãtat publiÃe quelques semaines aprÃs l'Ãlection de Nicolas
Sarkozy. L'avant-projet Olivennes exploite d'ailleurs cette capitulation
de la CNIL. D'autre part, ce texte contient des dispositions que je ne
pensais pas voir Ãcrites un jour noir sur blanc tant elles sont
extrÃmistes.
Ainsi, le texte prÃvoit que les agents de cette autorità administrative
dite  indÃpendante  pourront accÃder aux donnÃes de connexion sans
contrÃle de l'autorità judiciaire, c'est-Ã-dire dans des conditions
rÃservÃes jusqu'Ã prÃsent aux services luttant contre le terrorisme !
C'est du jamais vu. De plus, le texte prÃvoit que cette autorità pourra
utiliser ces donnÃes à des fins rÃpressives. Or, suite à une censure du
Conseil Constitutionnel, les fonctionnaires luttant contre le terrorisme
n'ont pas obtenu ce pouvoir. Il est exclusivement rÃservà à l'autoritÃ
judiciaire.
Par ailleurs, la dÃrogation au droit commun reconnue aux services luttant
contre le terrorisme est une mesure temporaire, une mesure d'exception que
le Parlement doit rÃexaminer fin 2008 pour, le cas ÃchÃant, la renouveler
s'il l'estime nÃcessaire au regard des menaces pesant sur la sÃcuritÃ
nationale. Et aujourd'hui, sur recommandation du P.D.G. de la FNAC, le
pouvoir exÃcutif voudrait Ãtendre cette mesure d'exception aux agents
d'une autorità administrative indÃpendante luttant contre des millions
d'internautes pour le compte de Vivendi et de la SACEM ? C'est sidÃrant.
Mais n'est-ce pas finalement une bonne chose que de confier les thÃmes
autrefois dÃvolus à la justice, à une autorità dite indÃpendante ? Nây
gagne-t-on pas en efficacità ?
thomas jeffersonVous connaissez sans doute cette citation attribuÃe Ã
Jefferson et qui dit, en substance, que ceux qui sont prÃts à abandonner
leur libertà pour plus de sÃcurità ne mÃritent ni l'une, ni l'autre, et
n'auront ni l'une, ni l'autre. On peut, je pense, parfaitement remplacer Â
sÃcurità  par  efficacità Â.
Cela dit, en pratique, je doute que l'autorità administrative proposÃe
atteigne son objectif, qui est de ramener les internautes utilisant des
services gratuits vers des services payants, et ce, quels que soient les
moyens financiers et juridiques qui seront mis en place par le
gouvernement franÃais.
DÃjÃ, il y a un problÃme de pouvoir d'achat. La riposte graduÃe ne va pas
remplir le porte-monnaie des FranÃais. RÃprimer plus ne fera pas consommer
plus. Les internautes bannis qui n'achetaient pas car ils n'avaient pas
d'argent mais tÃlÃchargeaient : ils n'achÃteront pas plus. Les autres non
plus.
D'autre part, techniquement, je vois mal comment on va dÃtecter les
Ãchanges rÃalisÃs par des FranÃais via FTP, de disque dur à disque dur,
via des rÃseaux privÃs virtuels, au travers de serveurs Ãtrangers, etc.
Tout au plus, les rÃseaux publics d'Ãchanges marqueront le pas si des
campagnes de chasse, d'intimidation et de rÃpression massives ont lieu,
mais uniquement le temps que d'autres outils plus discrets ou ÃquipÃs de
contre-mesures se dÃmocratisent. à moyen terme, le volume Ãchangà sans
autorisation continuera de croÃtre globalement en France, au fur et Ã
mesure de l'Ãquipement des mÃnages, avec sans doute une part d'Ãchanges
chiffrÃs de plus en plus importante.
Enfin, les failles juridiques intrinsÃques à tout systÃme automatisà de
sanctions seront exploitÃes. Et la riposte graduÃe en comportera par
essence bien plus que le dispositif mis en place pour les infractions
routiÃres, souvent pris comme rÃfÃrence alors qu'il est dÃjà bien trouÃ.
Ce texte ne respecte notamment pas les garanties procÃdurales requises
pour un procÃs Ãquitable. Ce sera vraiment facile de faire condamner la
France par la Cour europÃenne des Droits de l'Homme si d'aventure les
parlementaires franÃais et le Conseil Constitutionnel laissaient passer un
tel dispositif.
En rÃsumÃ, si une telle usine à gaz voit le jour, l'Ãtat aura un peu moins
d'argent dans ses  caisses vides  car il faudra bien payer les
super-agents mis à la disposition de la SACEM et de Vivendi, ainsi que
tous les frais de fonctionnement et de procÃdure associÃs ; les  vilains
pirates  dÃvelopperont des pratiques de contournement juridiques,
techniques, sociales tournant la loi, donc le lÃgislateur, en ridicule ;
face à une telle gabegie, les internautes contribuables qui ne
tÃlÃchargent pas â et ils sont aussi des millions - auront sans doute un
peu plus la haine contre les industries culturelles et les politiques en
gÃnÃral, d'autant plus qu'il y aura forcÃment des bavures numÃriques
mÃdiatisÃes ; les artistes eux ne toucheront pas un euro de plus ; quant Ã
l'image de  la France d'aprÃs  dans le monde, ce ne sera sÃrement pas
celle d'un pays moderne respectueux des libertÃs fondamentales. Rien
d'efficace donc mais un prix certain à payer pour tous.
Denis Olivennes estime ce texte dissuasif, non rÃpressif. Partagez-vous
ce point de vue ?
Nul ne peut contester que l'autorità ÃtudiÃe disposerait d'un pouvoir de
sanction important. Elle pourrait couper l'accÃs internet d'Ãtudiants, de
familles entiÃres, d'entreprises. Elle pourrait donc limiter l'exercice
d'une libertà fondamentale â la libertà de communication, prononcer une
forme de  mort sociale Ãlectronique Â, en rÃpression d'un comportement
coupable, complice, nÃgligent - je ne sais pas trop comment le qualifier -
en tout cas non autorisÃ, à savoir le fait que vous n'avez pas  sÃcurisÃ
 votre accÃs internet alors que l'on vous a signalà par courrier
Ãlectronique à deux reprises qu'il apparaÃt qu'il a Ãtà utilisà pour
commettre des infractions pÃnales. Si une telle punition pour un tel motif
n'est pas de la rÃpression, je me demande ce que c'est. Une mesure de
sÃretà ?
Pour autant, le fait que ce texte crÃe une nouvelle autorità rÃpressive ne
veut pas dire que son action ne s'inscrira pas dans une dÃmarche de Â
dissuasion Â. Surveiller tout le monde, ficher massivement, punir en
rafale, et le faire savoir pour faire peur, la dissuasion prÃnÃe par Denis
Olivennes n'est pas une inconnue. C'est un grand classique des rÃgimes
autoritaires, tout comme l'extension de mesures d'exception à tous
domaines et la mise à l'Ãcart de l'autorità judiciaire. Il y a toutefois
une innovation puisque l'autorità administrative chargÃe de la rÃpression
serait un guichet de dÃnonciation rÃservà à des milices privÃes exerÃant
une surveillance Ãlectronique à grande Ãchelle, à la place de l'habituelle
police administrative. C'est sans doute là le cÃtà libÃral de
l'avant-projet Olivennes...
Merci Christophe Espern.
_____
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[actus_l] Albanel confie une mission sur le filtrage au Doc de Fun Radio
http://www.pcinpact.com/actu/news/42083-CSA-doc-filtrage-moderation-albanel.htm
Albanel confie une mission sur le filtrage au Doc de Fun Radio
Lovin' Fun sur Internet
L'ex Doc de Fun Radio, de son vrai nom Christian Spitz, sâest vu confier
une mission sensible des mains de Christine Albanel. Avec un journaliste
du Figaro, Jean-Paul Mulot, ce pÃdiatre devra rÃflÃchir sur la rÃgulation
Ãventuelle des canaux de diffusion, et en premier lieu dâInternet.
Des informations prÃoccupantes sur Internet
 Il est de ma responsabilità politique de faire en sorte que des rÃgles
du jeu soient clairement Ãtablies pour protÃger les plus faibles et les
plus vulnÃrables. Je pense au premier chef aux publics les plus jeunes Â
expose la ministre. Â Ã ce titre, il me remonte des informations
prÃoccupantes qui touchent autant à la radio quâà lâInternet. (â) Internet
permet dâaccÃder à des propos et des images dâune rare violence, ou
mettant en avant des formes de discrimination qui ne peuvent Ãtre
tolÃrÃes. Â
La ministre le dit haut et fort : Â je ne veux ni restreindre ni censurer.
Je souhaite susciter une prise de conscience, car il nâest plus possible
de laisser aux plus jeunes un libre accÃs à des images trop dures quâils
ne peuvent maÃtriser Â. La lettre de mission publiÃe sur le site du
ministÃre nâest cependant pas complÃte, comme le rÃvÃle la Gazette du Net.
Une seconde page existe, nous nous en sommes procurà une copie intÃgrale.
On peut y lire ainsi quâun  code de bonne conduite pourrait Ãtre ÃlaborÃ
sous le contrÃle des pouvoirs publics avec les opÃrateurs de radio, les
fournisseurs d'accÃs à Internet, voire avec certains sites d'hÃbergement.
Des dispositifs de filtrage et de modÃration sont dÃveloppÃs par de grands
sites d'hÃbergement : sont-ils efficaces ? Peuvent-ils Ãtre gÃnÃralisÃs ?
Sont-ils suffisants pour protÃger contre certaines images ? Â. On ne parle
pas de restriction, ni de censure, mais de gÃnÃralisation Ãventuelle du
filtrage. Un glissement sÃmantique des plus complexes qui nâest pas sans
rappeler la commission de dÃontologie sur le Net dont se sont faits Ãchos
plusieurs textes dans le passà (voir notre actualitÃ).
RÃle premier confià au CSA
Toutefois, câest le CSA qui jouerait le rÃle ultra sensible. La ministre
souhaite en effet que soit menÃe une rÃflexion  quant à une Ãventuelle
extension des compÃtences du CSA dans le domaine dâInternet et notamment
d'un pouvoir de recommandation sur les errements les plus manifestes Â. Le
CSA distributeur de cartons jaunes et rouges sur Internet ? Un projet de
texte doit Ãtre en tout cas rÃdigà dâici fin fÃvrier par lâex-compÃre de
DiFool, pour une nÃgociation avec tous les acteurs d'ici fin mars.
Les mauvaises langues se demanderont si la ministre n'anticipait pas avec
ces mesures la diffusion de cette vidÃo trÃs crue, vue par des millions de
personnes, oà un personnage public de premier rang lÃchait un si violent Â
casse-toi, pauvre con  en plein Salon de lâAgriculture ?
RÃdigÃe par Marc Rees le jeudi 28 fÃvrier 2008 Ã 10h51 (13121 lectures)
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Interview de Christophe Espern (EUCD.info, April)
RÃdigà par Marc Rees
Le 28 fÃvrier 2008
Christophe Espern, un des cofondateurs de lâinitiative EUCD.Info se penche
sur lâavant-projet de loi Olivennes. Le personnage, aussi reprÃsentant de
l'APRIL au Forum des Droits sur internet, nous Ãclaire de son analyse sur
ce texte en gestation.
Une critique qui montre que la future loi Olivennes, qui met notamment en
place la riposte graduÃe en France, gÃnÃre aussi une multitude de
problÃmes pour les droits et libertÃs de chacun.
à la lecture de lâavant-projet Olivennes, quelles furent vos premiÃres
impressions ? Ãtes-vous surpris de son contenu ?
Je ne suis pas surpris de l'orientation gÃnÃrale de cet avant-projet. On
est dans la droite ligne des recommandations formulÃes par la mission
Olivennes, qui ne faisaient que rÃpondre aux souhaits exprimÃs par Nicolas
Sarkozy dans sa lettre de mission à la ministre de la Culture, Christine
Albanel. Plus largement, Nicolas Sarkozy lorsqu'il Ãtait candidat avait
fait savoir qu'il instaurerait la riposte graduÃe, il est notoirement
proche d'industriels rÃclamant ces mesures et aucun n'est connu pour Ãtre
particuliÃrement regardant sur les principes, fussent-ils
constitutionnels. Tout cela reste donc cohÃrent à dÃfaut d'Ãtre mesurà et
intelligent.
Par rapport à la directive EUCD ou la loi DAVDSI, voyez-vous là une suite
logique, quasi naturelle ou un tournant nettement plus inquiÃtant ?
Ce texte va beaucoup plus loin que l'EUCD. Il impose en creux aux
internautes d'installer des dispositifs de filtrage listÃs par l'Ãtat ce
que la directive n'exige pas. C'est mÃme sans doute contraire au droit
communautaire. Le texte prÃvoit de plus la crÃation d'une structure
administrative chargÃe de mener des campagnes d'intimidation et de
rÃpression de masse, en partenariat avec des sociÃtÃs privÃes. Ceci
n'existe nulle part ailleurs en Europe. Une telle architecture a par
contre dÃjà Ãtà proposÃe lors des dÃbats parlementaires sur la DADVSI.
Elle Ãtait diffÃrente sur la forme, a Ãtà vite retirÃe vu le tollÃ
suscitÃ, mais on est bien dans une suite logique d'un point de vue
franco-franÃais.
Cela dit, il y a vraiment de quoi Ãtre trÃs inquiet. D'une part, ce texte
arrive à un moment diffÃrent, oà tout semble devenu possible en France
pour lutter contre le partage non autorisà : la CNIL a dÃjà renoncà Ã
s'opposer à la privatisation de missions de police suite à une dÃcision du
Conseil d'Ãtat publiÃe quelques semaines aprÃs l'Ãlection de Nicolas
Sarkozy. L'avant-projet Olivennes exploite d'ailleurs cette capitulation
de la CNIL. D'autre part, ce texte contient des dispositions que je ne
pensais pas voir Ãcrites un jour noir sur blanc tant elles sont
extrÃmistes.
Ainsi, le texte prÃvoit que les agents de cette autorità administrative
dite  indÃpendante  pourront accÃder aux donnÃes de connexion sans
contrÃle de l'autorità judiciaire, c'est-Ã-dire dans des conditions
rÃservÃes jusqu'Ã prÃsent aux services luttant contre le terrorisme !
C'est du jamais vu. De plus, le texte prÃvoit que cette autorità pourra
utiliser ces donnÃes à des fins rÃpressives. Or, suite à une censure du
Conseil Constitutionnel, les fonctionnaires luttant contre le terrorisme
n'ont pas obtenu ce pouvoir. Il est exclusivement rÃservà à l'autoritÃ
judiciaire.
Par ailleurs, la dÃrogation au droit commun reconnue aux services luttant
contre le terrorisme est une mesure temporaire, une mesure d'exception que
le Parlement doit rÃexaminer fin 2008 pour, le cas ÃchÃant, la renouveler
s'il l'estime nÃcessaire au regard des menaces pesant sur la sÃcuritÃ
nationale. Et aujourd'hui, sur recommandation du P.D.G. de la FNAC, le
pouvoir exÃcutif voudrait Ãtendre cette mesure d'exception aux agents
d'une autorità administrative indÃpendante luttant contre des millions
d'internautes pour le compte de Vivendi et de la SACEM ? C'est sidÃrant.
Mais n'est-ce pas finalement une bonne chose que de confier les thÃmes
autrefois dÃvolus à la justice, à une autorità dite indÃpendante ? Nây
gagne-t-on pas en efficacità ?
thomas jeffersonVous connaissez sans doute cette citation attribuÃe Ã
Jefferson et qui dit, en substance, que ceux qui sont prÃts à abandonner
leur libertà pour plus de sÃcurità ne mÃritent ni l'une, ni l'autre, et
n'auront ni l'une, ni l'autre. On peut, je pense, parfaitement remplacer Â
sÃcurità  par  efficacità Â.
Cela dit, en pratique, je doute que l'autorità administrative proposÃe
atteigne son objectif, qui est de ramener les internautes utilisant des
services gratuits vers des services payants, et ce, quels que soient les
moyens financiers et juridiques qui seront mis en place par le
gouvernement franÃais.
DÃjÃ, il y a un problÃme de pouvoir d'achat. La riposte graduÃe ne va pas
remplir le porte-monnaie des FranÃais. RÃprimer plus ne fera pas consommer
plus. Les internautes bannis qui n'achetaient pas car ils n'avaient pas
d'argent mais tÃlÃchargeaient : ils n'achÃteront pas plus. Les autres non
plus.
D'autre part, techniquement, je vois mal comment on va dÃtecter les
Ãchanges rÃalisÃs par des FranÃais via FTP, de disque dur à disque dur,
via des rÃseaux privÃs virtuels, au travers de serveurs Ãtrangers, etc.
Tout au plus, les rÃseaux publics d'Ãchanges marqueront le pas si des
campagnes de chasse, d'intimidation et de rÃpression massives ont lieu,
mais uniquement le temps que d'autres outils plus discrets ou ÃquipÃs de
contre-mesures se dÃmocratisent. à moyen terme, le volume Ãchangà sans
autorisation continuera de croÃtre globalement en France, au fur et Ã
mesure de l'Ãquipement des mÃnages, avec sans doute une part d'Ãchanges
chiffrÃs de plus en plus importante.
Enfin, les failles juridiques intrinsÃques à tout systÃme automatisà de
sanctions seront exploitÃes. Et la riposte graduÃe en comportera par
essence bien plus que le dispositif mis en place pour les infractions
routiÃres, souvent pris comme rÃfÃrence alors qu'il est dÃjà bien trouÃ.
Ce texte ne respecte notamment pas les garanties procÃdurales requises
pour un procÃs Ãquitable. Ce sera vraiment facile de faire condamner la
France par la Cour europÃenne des Droits de l'Homme si d'aventure les
parlementaires franÃais et le Conseil Constitutionnel laissaient passer un
tel dispositif.
En rÃsumÃ, si une telle usine à gaz voit le jour, l'Ãtat aura un peu moins
d'argent dans ses  caisses vides  car il faudra bien payer les
super-agents mis à la disposition de la SACEM et de Vivendi, ainsi que
tous les frais de fonctionnement et de procÃdure associÃs ; les  vilains
pirates  dÃvelopperont des pratiques de contournement juridiques,
techniques, sociales tournant la loi, donc le lÃgislateur, en ridicule ;
face à une telle gabegie, les internautes contribuables qui ne
tÃlÃchargent pas â et ils sont aussi des millions - auront sans doute un
peu plus la haine contre les industries culturelles et les politiques en
gÃnÃral, d'autant plus qu'il y aura forcÃment des bavures numÃriques
mÃdiatisÃes ; les artistes eux ne toucheront pas un euro de plus ; quant Ã
l'image de  la France d'aprÃs  dans le monde, ce ne sera sÃrement pas
celle d'un pays moderne respectueux des libertÃs fondamentales. Rien
d'efficace donc mais un prix certain à payer pour tous.
Denis Olivennes estime ce texte dissuasif, non rÃpressif. Partagez-vous
ce point de vue ?
Nul ne peut contester que l'autorità ÃtudiÃe disposerait d'un pouvoir de
sanction important. Elle pourrait couper l'accÃs internet d'Ãtudiants, de
familles entiÃres, d'entreprises. Elle pourrait donc limiter l'exercice
d'une libertà fondamentale â la libertà de communication, prononcer une
forme de  mort sociale Ãlectronique Â, en rÃpression d'un comportement
coupable, complice, nÃgligent - je ne sais pas trop comment le qualifier -
en tout cas non autorisÃ, à savoir le fait que vous n'avez pas  sÃcurisÃ
 votre accÃs internet alors que l'on vous a signalà par courrier
Ãlectronique à deux reprises qu'il apparaÃt qu'il a Ãtà utilisà pour
commettre des infractions pÃnales. Si une telle punition pour un tel motif
n'est pas de la rÃpression, je me demande ce que c'est. Une mesure de
sÃretà ?
Pour autant, le fait que ce texte crÃe une nouvelle autorità rÃpressive ne
veut pas dire que son action ne s'inscrira pas dans une dÃmarche de Â
dissuasion Â. Surveiller tout le monde, ficher massivement, punir en
rafale, et le faire savoir pour faire peur, la dissuasion prÃnÃe par Denis
Olivennes n'est pas une inconnue. C'est un grand classique des rÃgimes
autoritaires, tout comme l'extension de mesures d'exception à tous
domaines et la mise à l'Ãcart de l'autorità judiciaire. Il y a toutefois
une innovation puisque l'autorità administrative chargÃe de la rÃpression
serait un guichet de dÃnonciation rÃservà à des milices privÃes exerÃant
une surveillance Ãlectronique à grande Ãchelle, à la place de l'habituelle
police administrative. C'est sans doute là le cÃtà libÃral de
l'avant-projet Olivennes...
Merci Christophe Espern.
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[actus_l] Albanel confie une mission sur le filtrage au Doc de Fun Radio
http://www.pcinpact.com/actu/news/42083-CSA-doc-filtrage-moderation-albanel.htm
Albanel confie une mission sur le filtrage au Doc de Fun Radio
Lovin' Fun sur Internet
L'ex Doc de Fun Radio, de son vrai nom Christian Spitz, sâest vu confier
une mission sensible des mains de Christine Albanel. Avec un journaliste
du Figaro, Jean-Paul Mulot, ce pÃdiatre devra rÃflÃchir sur la rÃgulation
Ãventuelle des canaux de diffusion, et en premier lieu dâInternet.
Des informations prÃoccupantes sur Internet
 Il est de ma responsabilità politique de faire en sorte que des rÃgles
du jeu soient clairement Ãtablies pour protÃger les plus faibles et les
plus vulnÃrables. Je pense au premier chef aux publics les plus jeunes Â
expose la ministre. Â Ã ce titre, il me remonte des informations
prÃoccupantes qui touchent autant à la radio quâà lâInternet. (â) Internet
permet dâaccÃder à des propos et des images dâune rare violence, ou
mettant en avant des formes de discrimination qui ne peuvent Ãtre
tolÃrÃes. Â
La ministre le dit haut et fort : Â je ne veux ni restreindre ni censurer.
Je souhaite susciter une prise de conscience, car il nâest plus possible
de laisser aux plus jeunes un libre accÃs à des images trop dures quâils
ne peuvent maÃtriser Â. La lettre de mission publiÃe sur le site du
ministÃre nâest cependant pas complÃte, comme le rÃvÃle la Gazette du Net.
Une seconde page existe, nous nous en sommes procurà une copie intÃgrale.
On peut y lire ainsi quâun  code de bonne conduite pourrait Ãtre ÃlaborÃ
sous le contrÃle des pouvoirs publics avec les opÃrateurs de radio, les
fournisseurs d'accÃs à Internet, voire avec certains sites d'hÃbergement.
Des dispositifs de filtrage et de modÃration sont dÃveloppÃs par de grands
sites d'hÃbergement : sont-ils efficaces ? Peuvent-ils Ãtre gÃnÃralisÃs ?
Sont-ils suffisants pour protÃger contre certaines images ? Â. On ne parle
pas de restriction, ni de censure, mais de gÃnÃralisation Ãventuelle du
filtrage. Un glissement sÃmantique des plus complexes qui nâest pas sans
rappeler la commission de dÃontologie sur le Net dont se sont faits Ãchos
plusieurs textes dans le passà (voir notre actualitÃ).
RÃle premier confià au CSA
Toutefois, câest le CSA qui jouerait le rÃle ultra sensible. La ministre
souhaite en effet que soit menÃe une rÃflexion  quant à une Ãventuelle
extension des compÃtences du CSA dans le domaine dâInternet et notamment
d'un pouvoir de recommandation sur les errements les plus manifestes Â. Le
CSA distributeur de cartons jaunes et rouges sur Internet ? Un projet de
texte doit Ãtre en tout cas rÃdigà dâici fin fÃvrier par lâex-compÃre de
DiFool, pour une nÃgociation avec tous les acteurs d'ici fin mars.
Les mauvaises langues se demanderont si la ministre n'anticipait pas avec
ces mesures la diffusion de cette vidÃo trÃs crue, vue par des millions de
personnes, oà un personnage public de premier rang lÃchait un si violent Â
casse-toi, pauvre con  en plein Salon de lâAgriculture ?
RÃdigÃe par Marc Rees le jeudi 28 fÃvrier 2008 Ã 10h51 (13121 lectures)
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