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[actus_l] 6.600 entreprises vont être suivies par le nouveau service de ren: msg#00028politics.activism.vie-privee.actu
http://www.latribune.fr/info/-6-600-entreprises-vont-etre-suivies-par- le-nouveau-service-de-renseignement-du-ministere-de-l-Interieur--~- IDCEBCA863B5E73F71C12573790028E872 Economie / France La Tribune.fr - 19/10/07 à 10:39 - 1214 mots Interview du nouveau patron de la DST "6.600 entreprises vont être suivies par le nouveau service de renseignement du ministère de l'Intérieur" Rôle des avocats d'affaires et des communicants dans le secret des affaires, les banques et le financement du terrorisme, place des entreprises dans la lutte contre la prolifération nucléaire, propos très fermes sur l'utilisation des "officines": Bernard Squarcini, nommé patron de la DST en juin 2007, dévoile ses conceptions en matière d'intelligence économique. C'est l'une des trois missions principales de ce service de renseignement du ministère de l'Intérieur, avec la lutte contre le terrorisme et les espions étrangers. Latribune.fr : La Direction de la Surveillance du Territoire (DST) et la Direction Centrale des Renseignements Généraux (DCRG) vont se rapprocher dans les prochains mois au sein d'une nouvelle Direction du renseignement intérieur. Quelles en seront les conséquences en matière de protections des entreprises françaises ? Bernard Squarcini : C'est une évidence, leur sécurité sortira renforcée. Aujourd'hui, le maillage territorial est loin d'être complet. Le projet de rapprochement de la DCRG et de la DST permettra de le compléter. La sous-direction de la protection du patrimoine de la DST entretien des contacts avec 4000 entreprises, la DCRG avec 2600. Au total, plus 6600 entreprises seront désormais suivies par la nouvelle entité. Sans critère de taille, ce sont les plus en pointe au plan technologique dans les secteurs dits régaliens, de la défense ou de l'énergie, notamment. Le rapprochement permettra ainsi de limiter les doublons et de vérifier si toutes les entreprises sensibles figurent bien sur nos tablettes. Latribune.fr : Il y a peu, différents pays ont été attaqué par des "hackers" chinois. Les entreprises françaises ont-elles été victimes d'agressions électroniques ? Bernard Squarcini : Nous avons un vrai souci sur ce point. Les entreprises ne portent pas plainte lorsqu'elles sont victimes d'intrusions. Or, nous savons qu'elles subissent des attaques virulentes. Nous recevons ainsi environ 3 ou 4 alertes par semaine. C'est considérable ! Et nous ne pouvons pas diffuser des bonnes pratiques de défense auprès de toutes les entreprises puisque officiellement il n'y a pas d'attaque. Laissez-moi noter tout de même que certes les entreprises peuvent être espionnées sous une forme collective par des hackers, mais elles peuvent surtout pillées par des attaques plus insidieuses qui ciblent un cadre, un dirigeant. Rien ne vaut les conseils prodigués aux salariés, quel que soit leur niveau hiérarchique, en matière de comportement de sécurité. Latribune.fr : Sur ce terrain, les entreprises sont-elles sensibles à vos actions de sensibilisation ? Bernard Squarcini : Même si notre culture de la sécurité n'appartient pas à l'univers d'un cadre, nous ressentons une forte attente des entreprises pour nos sensibilisations et nos formations. Nous procédons en définissant les priorités de nos interventions avec les directions des groupes et les responsables administratifs. Nous les déclinons ensuite sur le terrain. Sur des points précis, nous relions les cadres experts avec les services spécialisés afin de toucher le bon public. Cette politique est élargie à la protection des pôles de compétitivité, action forte en matière d'aménagement du territoire. Latribune.fr : Les entreprises confient leurs secrets à leurs avocats d'affaire, leurs cabinets d'audit ou leurs communicants. N'est-ce pas une faille dans leur protection ? Bernard Squarcini : Ces avocats d'affaires, ces cabinets d'audit et ces communicants respectent une vraie discrétion. Cela ne nous empêche pas d'exercer une veille vigilante et de diffuser des conseils de prudence aux entreprises. Notre philosophie est simple : nous ne sommes pas là pour distiller de la méfiance mais pour éviter le pillage de notre patrimoine. Mais si nous disposons de preuves de vols de secrets et de transferts à des entreprises étrangères, nous nous organisons pour qu'une entreprise sensible ne soit plus mise en contact avec un prestataire indélicat. Latribune.fr : Lors d'une opération de rachat, d'une vente, les entreprises font souvent appel à des sociétés de renseignement privées (SRP). Ces SRP font l'objet d'un article de loi qui soumet leur création à un agrément du ministère de l'intérieur. Or, le décret d'application de ce texte de loi n'a pas été publié. Que pensez-vous de l'opportunité d'un contrôle accru ? Bernard Squarcini : Je veux être très direct. Une de nos missions consiste à surveiller ces SRP. Nous voulons éviter tout dérapage par certaines d'entre elles qui peuvent déboucher sur des actes illégaux, même s'ils sont jugés légitimes pour l'entreprise qui les commandite. Très clairement, nous souhaitons que le décret soit rédigé avec des contraintes pénales, publié au Journal officiel et appliqué strictement afin que l'activité des SRP soit moralisée. De manière à laisser les SRP sérieuses travailler. Je rajouterai, là aussi très fermement, que nous surveillons tous les actes des fonctionnaires de police, et des autres, afin que s'ils franchissent la ligne jaune, ils soient sanctionnés administrativement et, s'il le faut, pénalement. Latribune.fr : Alors que l'Iran est soupçonné de vouloir se doter d'une bombe atomique, pourquoi la sous-direction de la protection du patrimoine s'occupe-t-elle aussi de lutte contre la prolifération des armes nucléaires, bactériologiques et chimiques ? Bernard Squarcini : Effectivement, il peut sembler curieux que cette sous-direction, qui aide les entreprises à se protéger, s'occupe aussi de la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive. C'est en fait très logique. Nous sommes intéressés par tous ceux qui veulent détourner les textes internationaux interdisant la vente de matériels sensibles à certains pays, dont effectivement, l'Iran. Personne ne s'amusera à acheter une pièce essentielle à la fabrication d'une bombe. En revanche, on peut tenter de se procurer les éléments de cette pièce petit à petit auprès de fournisseurs de matériels même éloignés du secteur nucléaire. Il est indispensable de maintenir une veille sur le monde de l'entreprise afin d'éviter à notre pays les accusations de rupture d'embargo, même inintentionnelle. Cette veille s'appuie sur une sensibilisation et un contrôle des entreprises. Latribune.fr : Pouvez-vous dresser un bilan de cette veille ? Bernard Squarcini : Le bilan demeure, à ce jour, positif. Les sanctions préconisées par le conseil de sécurité des Nations-Unies sont appliquées sur le territoire de manière particulièrement ferme, tant au niveau des individus que des entreprises. Par ailleurs, la coopération entre les services européens et alliés dans ce domaine est quotidienne et se révèle efficace... Permettez-moi de ne pas en dire plus. Latribune.fr : Les banques se sont dotées de règles de contrôle contraignantes contre l'argent du crime ou du terrorisme. Quelle est votre évaluation de ces procédures ? Bernard Squarcini : Les banques les ont mis en oeuvre avec diligence et efficacité. Mais laissez-moi préciser que le budget des attentats de 1995 en France s'est élevé, peu ou prou, à ... 250 francs (38,11 euros). Les procédures des banques ne peuvent pas détecter ce micro- financement. Quant à la traque des fonds de Ben Laden, elle n'a débouché sur rien de concret, sinon sur des excuses à des personnes mises en cause injustement. En revanche, les sécurités mises en place par les établissements financiers sont extrêmement utiles en matière de lutte contre la criminalité organisée. Propos recueillis par Pascal Junghans http://www.latribune.fr/info/Visite-indiscrete-dans-les-locaux-de-la- DST-~-ID72FEC8FE190F0644C125737900296AB1 Economie / France La Tribune.fr - 19/10/07 à 11:35 - 596 mots reportage Visite indiscrète dans les locaux de la DST Derrière le banal immeuble ressemblant au siège d'une grande entreprise, avec ses portillons tournant de plexiglas assez bas, sont installés depuis septembre deux des services de renseignements français les plus mythiques : la direction centrale des renseignements généraux (DCRG) et la Direction de la sécurité du territoire (DST). L'immeuble du service de renseignement affiche l'image banale des locaux d'une grande entreprise. Mais combien de secrets recèlent les vieilles armoires datant de Mathusalem ? Ne serait ce que les grilles de fer vert, c'est un immeuble de bureaux comme il en existe tant rue de Villiers à Levallois, presque semblable à celui de PriceWaterhouseCoopers qui lui fait face. J'entre et encore c'est la banalité faite siège de grande entreprise, avec ses portillons tournant de plexiglas assez bas. C'est pourtant là que se sont installés en septembre deux des services de renseignements français, et les plus mythiques : la Direction centrale des renseignements généraux (DCRG) et la Direction de la sécurité du territoire (DST). Cette installation est la première étape de leur rapprochement ou de leur fusion, c'est selon. Le premier immeuble qui donne sur la rue est réservé à la DCRG. Le second, masqué, est occupé par les agents de la DST. Au total, deux immeubles d'une dizaine d'étages chacun et 30.000 mètres carrés, dont le réaménagement a coûté quelque 200 millions d'euros Les ascenseurs gris fer me conduisent dans des couloirs où traînent encore les vieux bureaux et fauteuils venus de la rue Nélaton où logeait la DST. Dans les bureaux des contre-espions de la DST, les tables de travail sont vides de tout papier. Peut être imagine-t-on que je pourrais tirer des conclusions trop rapides d'une lettre ou d'un rapport entrevu ? Juste une armoire blindée datant de Mathusalem, mais dont les serrures brillent d'un éclat moderne, reste ouverte, dévoilant des dossiers dont on se demande quels secrets ils recèlent. A l'étage du grand patron, le tableau vert qui encadre les photos des directeurs successifs de la DST depuis la guerre a toujours ce petit air penché qu'il avait déjà à Paris. Je passe devant le bureau de l'attaché scientifique, un général, de l'attaché diplomatique, un membre du Quai d'Orsay, du directeur adjoint, de la directrice de cabinet, une ancienne des RG, finement recrutée pour préparer la fusion ou le rapprochement, c'est selon. En face, le nouveau directeur des relations internationales, poste clé de contact avec tous les services de renseignements étrangers. Et tout au fond, j'entre dans le grand bureau de Bernard Squarcini, ouvert sur les toits et les tours de la région parisienne. Ici la table de travail est couverte de petits papiers retenus par des médailles. Une pile de livres, dont "l'Atlas de l'islam radical", LCI dévide ses informations sans le son. Les souvenirs de la rue Nélaton ont survécu au déménagement. Le musée du contre espionnage a été pieusement réinstallé avec ses vieux livres reliés de toile noire qui contiennent la liste, avec photo, de tous les agents allemands qui ont traqué les résistants durant la deuxième guerre mondiale. Plus que la lutte contre l'URSS, la première mission de la DST a été la traque des tortionnaires. Dont certains se sont reconvertis. Les cellules ont été installées "ailleurs", dit-on. Sises au troisième sous-sol de l'ancien immeuble de la DST, elles avaient reçues les félicitations d'une délégation européenne de défense des droits de l'homme. De notre spécialiste des questions de renseignements, Pascal Junghans ------- Ceux qui savent ne parlent pas, ceux qui parlent ne savent pas. Le sage enseigne par ses actes, non par ses paroles. Lao-Tseu Faute de saisir le moment opportun, certaines entreprises tournent aisément court Jin Shen-tan ------- _____ Liste de diffusion d'informations relatives à l'informatique et aux libertés Info, dés/abonnement : http://listes.samizdat.net/sympa/info/actus_l |
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