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Subject: [actus_l] La complainte du Blackberry dans les ministères

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-925472,0.html


La complainte du Blackberry dans les ministères

LE MONDE | 19.06.07 | 16h31 • Mis à jour le 19.06.07 | 16h31
Une complainte récurrente monte, depuis la présidentielle, au sein des
cabinets ministériels, à Matignon et à l'Elysée : l'interdiction
d'utiliser le Blackberry, un assistant personnel permettant de
téléphoner et de recevoir des courriers électroniques (/Le Monde/ du 9
juin).

Débauchés dans des banques d'affaires, des cabinets d'avocats et des
entreprises, ils n'en reviennent toujours pas. /"On a le sentiment de
perdre un temps fou, il faut réapprendre à travailler à l'ancienne, en
fait de rupture, on vit plutôt une fracture technologique"/, s'exclame
ce directeur de cabinet d'un grand ministère. Près de 7 millions de
personnes, des cadres et des dirigeants du monde entier, ne peuvent plus
vivre sans ce bijou de technologie, leader en France et aux Etats-Unis.


La première circulaire du secrétariat général de la défense nationale
(SGDN) remonte à dix-huit mois, mais elle a dû être renotifiée. Il est
hors de question, dit-on au SGDN, de laisser circuler des informations
gouvernementales entre des mains étrangères.

*PROBLÈME DE SÉCURISATION DES DONNÉES *

Le Blackberry pose, selon Alain Juillet, haut responsable de
l'intelligence économique auprès du gouvernement français, /"un problème
de sécurisation des données"/. Cet outil de communication est fabriqué
par la société canadienne Research in Motion (RIM), et l'ensemble des
données transite par deux serveurs situés aux Etats-Unis et au
Royaume-Uni. En clair, la France, qui a été le premier pays à
s'inquiéter d'éventuels détournements, craint que le réseau
d'interceptions de communications de la National Security Agency (NSA)
américaine ne puisse espionner l'action du gouvernement.

/"Ils ont essayé de nous proposer autre chose pour remplacer nos
Blackberry, mais cela ne fonctionne pas et certaines personnes utilisent
en cachette leur Blackberry"/, constate un membre du cabinet du premier
ministre. La direction centrale des systèmes de sécurité et
d'information, attachée au SGDN, planche sur des outils alternatifs,
mais la tâche est rude. /"Non seulement, l'administration est un puits
de paperasse sans fond, mais en plus nous ne fonctionnons pas dans le
même espace-temps que nos interlocuteurs"/, s'impatiente un directeur
adjoint de cabinet.

/"Les risques d'interceptions sont pourtant réels, c'est la guerre
économique"/, plaide M. Juillet. Pour preuve des risques encourus,
dit-il, /"avant toute grande négociation entre des banques d'affaires
américaines et des entreprises, chacun sort son Blackberry et en extrait
la pile pour montrer que tout se déroule dans un climat serein"/.

Dans le passé, M. Juillet a été PDG de Marks & Spencer avant de prendre
la tête de la direction du renseignement de la DGSE, notamment chargée
des relations avec les entreprises françaises.

*Jacques Follorou*
Article paru dans l'édition du 20.06.07.






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