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[actus_l] "Ca la fiche mal, à Saint-Fons": msg#00061politics.activism.vie-privee.actu
http://www.lyoncapitale.fr/index.php?menu=01&article=1299 FICHAGE : LA POLICE MUNICIPALE FICHE-T-ELLE SES JEUNES ? (2007-05-24 00:00:32) Polémique. Un article du Canard Enchaîné révèle l’existence d’un document municipal qui répertorie les jeunes qui “squattent” dans la rue. Dans son édition du 9 mai, le Canard Enchaîné rend publique un document sur les “squatts et regroupements”* des jeunes de Saint-Fons. On apprend que les jeunes de cette ville du couloir de la chimie sont suivis à la trace, jusque dans les lieux où ils se retrouvent, square ou boulodrome. A chaque fois, on peut lire en face de la localisation, les informations biographiques correspondant aux jeunes Youssef, Sohaib, Romain, Moussa et consorts. Premier problème : la mairie n’a pas saisi la CNIL**, pour demander son autorisation de constituer ce qui ressemble à un fichier de 80 noms. Très remonté contre le Canard, Le maire (divers droite), Michel Denis, refuse de reconnaître l’existence d’un “fichier”. Il parle “d’une synthèse des mains courantes liées aux infractions”. “L’objectif d’un tel document était de repérer les jeunes en difficulté pour mettre en place des actions de prévention afin d’éviter leur présence dans la rue à 3 heures du matin”. Il poursuit : “ce genre d’article de presse risque de foutre le feu à notre commune alors qu’on a accompli un travail énorme pour faire baisser de 32% la délinquance”. Second problème : la tenue d’un tel document nécessite de connaître l’identité des jeunes et donc, pour se faire, de les contrôler. Or les policiers municipaux ne sont pas habilités à procéder à ce genre de contrôles. “On procède à des vérifications”, se défend Michel Denis. Dans un communiqué, la Ligue des droits de l’homme a “manifesté sa vive protestation. (...) Non seulement les policiers municipaux ont outre passé les pouvoirs qui leur sont conférés, mais encore l’ont fait de façon ouvertement xénophobe”. Pour faire taire ces accusations, le maire dit ne plus se servir du document et s’être séparé de certains mauvais éléments de sa police. Malgré tout, cette agitation autour du fichier de Saint-Fons vient alimenter la polémique sur les policiers municipaux, accusés de se prendre pour des agent de la police national, alors qu’ils n’en sont que les supplétifs. Laurent Burlet *Intitulé exact du document **Commission National Informatique et Liberté Auteur : Laurent Burlet (voir aussi le -long- article de Christophe Nobili dans le Canard du 9 mai 2007 : "Ca la fiche mal, à Saint-Fons") (...) l'an passé, le parquet de Lyon avait procédé à un courtois rappel à l'ordre. Du coup, le chef de la police communale, un dénommé Christian Bernard, avait dû à son tour se fendre d'une note interne à ses agents, le 13 juin 2006 : "dernièrement, sur plusieurs interventions, l'identité des individus a été relevée (...) et le n° de la carte d'identité a été mentionné sur la main courante ou sur le rapport. Je vous rappelle que le relevé d'identité n'est possible pour les policiers municipaux que dans le cadre d'une constatation d'infraction par procès-verbal (...). Les derniers manquements sur cet aspect n'ont pas manqué d'être repérés et signalés par les autorités de la police nationale." Si même les flics nationaux s'en plaignent... Pourtant, et le parquet de Lyon sera ravi de l'apprendre, les joyeuses pratiques des flics municipaux de Saint-Fons ne s'arrêtent pas là. Non seulement ils raffolent des contrôles à gogo sans motif particulier, mais, en plus, ils se sont amusés à archiver les données personnelles récoltées lors de ces opérations dans un fichier informatique joyeusement intitulé "suivi des lieux de squatt (sic) et de regroupement". (...) Sa cible privilégiée : les jeunes, au hasard souvent les plus bronzés, qui, le soir, commettent l'outrage de se retrouver en petits groupes. (...) A l'arrivée, on y trouve minutieusement et quasi quotidiennement recensés les lieux et les dates de ces petites réunions, les nom et prénom des personnes présentes, ainsi que leurs date et ville de naissance, sans oublier leur adresse personnelle. Au total, quelque 80 jeunes de 15 à 25 ans sont ainsi marqués à la culotte par la police municipale. (...) Bien entendu, quitte à prendre des libertés avec la loi, la commune n'a jamais sollicité l'autorisation de la CNIL pour mettre au point sons système. Du coup, à la mairie, le chef des services, Pascal Rondot jure que ce "fichier ne sert plusd aujourd'hui" et explique sans rire : "Ce document a été établi dans le cadre d'un travaiol de proximité du contrat local de sécurité. C'était une compilation des mains courantes des policiers sur plusieurs mois, pour connaître les lieux de regroupement des jeunes et aller ensuite à leur rencontre pour faire un travail de prévention avec une association." Dans une ville de 16 000 habitants, c'est pas un peu se ficher du peuple ? Christophe Nobili _____ Liste de diffusion d'informations relatives à l'informatique et aux libertés Info, dés/abonnement : http://listes.samizdat.net/sympa/info/actus_l |
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