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[actus_l] La police à l'heure des cyberindics: msg#00048

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Subject: [actus_l] La police à l'heure des cyberindics


http://www.lefigaro.fr/france/20070614.FIG000000075_la_police_a_l_heure_des_cyberindics.html


La police à l'heure des cyberindics

CHRISTOPHE CORNEVIN.
Publié le 14 juin 2007
Actualisé le 14 juin 2007 : 07h26

*Via la Toile, chacun peut dénoncer crimes et délits. Les 70 policiers
enquêteurs auront pour mission de démêler la vraie dénonciation de la
fausse.*


VINGT-HUIT millions d'internautes, vingt-huit millions de cyberindics
potentiels... Nouvelle étape dans la traque des criminels : policiers et
gendarmes ont décidé de développer un portail virtuel inédit pour
recueillir les dénonciations des particuliers confrontés, en pianotant
sur leurs ordinateurs, aux adeptes du hacking, aux pirates bancaires,
aux trafiquants d'armes ou de drogues ou, coeur de cible, aux
pédo-pornographes du Web... /«/ /Jusqu'alors, des internautes
signalaient parfois au même moment et à différents endroits du
territoire des faits similaires à un commissariat ou une brigade de
gendarmerie/, remarque le commissaire divisionnaire Christian Aghroum,
patron de l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux
technologies de l'information et de la communication (OCLCTIC). /Les
enquêtes étaient donc doublonnées à la source/... /»/

Pour démasquer les « cybercriminels », en dévoilant leurs techniques,
l'OCLCTIC rode un guichet de dénonciations électroniques
(internet-mineurs.gouv.fr). Entre septembre et mars dernier, sans
qu'aucune publicité n'ait été effectuée, ce portail a recueilli près
de... 4 000 « signalements ».

*Une démarche civique*

/« //Ils peuvent être anonymes //»/, rassure d'emblée le commissaire
Aghroum. Un tiers des informations se sont révélées inexploitables. Mais
2 100 signalements dénoncent la diffusion d'images ou des vidéos
pédo-pornographiques, 208 des provocations à la haine raciale, 82 des
injures xénophobes. Le reste dévoile de façon encore trop parcellaire
des trafics d'armes, d'animaux, des provocations au suicide ou encore de
douteux jeux de hasard... Autant de thèmes sous-estimés qui, ajoutés à
d'éventuels propos terroristes diffusés dans des « chats » ou encore des
recettes de bombes sur Internet, seront désormais traités par un
« super-guichet unique ».

Baptisé « /plateforme de signalements de contenus illicites sur
Internet /», il devrait tourner à plein régime dès décembre. Installés
sur une plate-forme située au siège de la direction centrale de la
police judiciaire à Nanterre, les « cyberenquêteurs » - qui vont passer
de 45 à 70 - ont été spécialement formés pour vérifier la réalité des
signalements et les qualifier juridiquement afin d'éviter tout vice de
procédure. Par ailleurs, des policiers et gendarmes « N'tech » peuvent
voir en quelques clics si le signalement n'a pas déjà été effectué dans
le passé ou n'a pas été traité par un commissariat ou une brigade de
province. Ensuite, ils poussent leurs investigations sur les sites pour
retrouver les adresses électroniques et localiser le suspect.

Ce dernier, retranché derrière son écran, se croit souvent intouchable.
À tort : 124 enquêtes émanant des premières dénonciations électroniques
sont actuellement menées à travers la France. Pas moins de 109 autres
« tuyaux » ont, en outre, fait l'objet de télégrammes transmis à
Interpol. Agissant sur la base d'une information internaute dénonçant un
portail raciste anti-Blancs, les policiers ont localisé - via son
adresse IP et ses logs de connexion -, puis interpellé un jeune
internaute en région parisienne. L'examen technique de son site a permis
de découvrir qu'il vendait en ligne de la résine de cannabis, des
pistolets Beretta ainsi que des armes automatiques...

/« //Grâce à ce portail, nous aurons une vision précise des nouvelles
tendances criminelles/, note-t-on à la DCPJ. /Chez les internautes, on
discute beaucoup, on signale les bons comme les mauvais coups. Ceux qui
nous informent le font pour éviter que trop de cochonneries traînent sur
la Toile et pervertissent leurs enfants ou leurs voisins... /» Loin
d'être un ultime avatar du Big Brother orwellien, ce portail du crime en
ligne entend donc répondre à une démarche avant tout civique.




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