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[actus_l] Le Forum des droits sur l’internet publie la synthèse de la consu: msg#00045politics.activism.vie-privee.actu
http://www.foruminternet.org/activites_evenements/lire.phtml?id=162 / Le Forum des droits sur l’internet publie la synthèse de la consultation publique qu'il a menée auprès des internautes entre le 15 février et le 1er avril 2007./ / En partenariat avec l’//Internet Society France/ <http://www.isoc.fr/>/ (Isoc) et les sites d’information //ZDNet.fr/ <http://www.zdnet.fr/>/ et //CNETFrance.fr/ <http://www.cnetfrance.fr/>, l’objectif de cette enquête était d’identifier les intérêts et préoccupations des internautes sur l’ensemble des sujets relatifs à la société de l’information et aux nouvelles technologies. (...) II. – RESPECT DES LIBERTÉS FONDAMENTALES SUR INTERNET Le sujet du respect des libertés fondamentales sur internet est vaste, et englobe différents aspects du droit ou de l’utilisation de l’informatique et des nouvelles technologies. Ce thème transversal est le sujet de prédilection des internautes en 2007 ; il aura attiré plus de 2 500 visiteurs uniques sur les différents sujets lancés par les internautes. La croissance ininterrompue de la puissance et des fonctionnalités des moyens informatiques pose en effet la question de la compatibilité de leur utilisation avec les libertés fondamentales des citoyens, telles que la protection des données personnelles, ou le respect de la vie privée. Ainsi, selon LPCINTIC, ce qui caractérise internet, c’est « le passage d’un usage parcellaire d’une information d’origine privée à une utilisation massive ». Selon lui, « tout le risque vient donc du traitement massif des données individuelles ». Par ailleurs, les moyens informatiques permettent de décupler les usages potentiels d’une donnée : ainsi, en reprenant l’exemple d’une image issue d’une caméra de vidéosurveillance, ce qui change la donne, selon LPCINTIC, « c’est que l’image peut être archivée. Puis comparée. À des milliers, des millions d’autres images. Prises dans la rue d’à coté, la minute suivante. Puis la suivante. Que des algorithmes peuvent créer, automatiquement, mon profil type. Enfin qu’un système expert peut considérer, de lui-même, que mon comportement est celui d’un délinquant potentiel. » Les internautes redoutent en fait les risques que peut présenter une société totalement interconnectée, où toutes les données et opérations qui transitent par l’informatique et l’internet sont enregistrées et conservées. En effet, si ces traitements automatisés poursuivent généralement des objectifs louables, comme la lutte contre le terrorisme, leur détournement pourrait s’avérer préjudiciable à la démocratie. Ils souhaitent donc encadrer au mieux les moyens de surveillance des pouvoirs publics et des acteurs privés, et demandent une application stricte du dispositif protecteur prévu par la loi. Au total, 57 contributions ont été reçues par le Forum des droits sur l’internet, répartis sur 6 fils de discussion différents. De ces contributions, l’on peut identifier quatre sujets de discussion récurrents. A. – Anonymat sur internet et données personnelles Est-on vraiment anonyme sur internet ? La question de l’anonymat et du respect de sa vie privée lorsque l’on utilise internet est la première préoccupation exprimée par les internautes dès le premier jour de la consultation. Ce sujet est fortement lié à la protection des données personnelles. Ainsi, Enkidu s’interroge « Est-il encore possible d’être anonyme ou d’avoir une vie privée sur internet (à des fins licites bien entendu) alors que les outils techniques de traçage se multiplient (cookies, logs...) que les mécanismes infectieux de type chevaux de Troie ou logiciels espions peuvent diffuser des informations personnelles à des tiers ? » Cela pose plus globalement la question de savoir si l’on peut « être réellement anonyme sur un outil informatique (ordinateur personnel ou réseau) que l’on ne maîtrise plus ». Koyote souligne que dès lors que l’on est connecté à internet « tout ce que l’on fait n’est plus anonyme », et que « pour être totalement anonyme, il faudrait crypter toutes les communications et passer par des proxys qui ne conservent pas les logs ». Toutefois, ce visiteur indique que cela ne le dérange pas, « à condition de le savoir et de savoir la destination de ces données ». Le décret en date du 24 mars 20064 pris pour l’application de la loi Sécurité Quotidienne du 15 novembre 2001 impose en effet aux hébergeurs et prestataires d’accès à internet une conservation des données de connexion sur les utilisateurs pour une durée d’un an. Picrochole résume : « pour qu’une vie privée soit possible, et pour que l’illicite puisse être sanctionné, sur le Net comme ailleurs, il est nécessaire que l’anonymat reste la règle, mais qu’il puisse être levé, dans des cas précis, limités et bien définis, par des personnes ou organismes identifiés, habilités à le faire, en respectant des procédures claires – ces règles étant elles-mêmes connues de tous, y compris les possibilités d’un recours. » Selon Julia, revendiquer un anonymat total, c’est aussi légitimer la délinquance sur internet : « notre anonymat revendiqué, légitime celui des délinquants », ce qui aurait pour effet de supprimer toute notion de violation de la loi, puisqu’en étant anonyme, on est en quelque sorte au dessus des lois. Il faut donc veiller à distinguer l’espace public, tel que les pages internet en accès libre, sur lequel l’on doit pouvoir identifier les producteurs de contenus, et l’espace privé, telle que la messagerie personnelle, ou les sites internes privés et protégés par mot de passe ou chiffrés. Web 2.0 et démocratie locale : l’exemple des sites permettant la gestion syndicale des immeubles JPM évoque le cas particulier des sites extranet permettant la gestion immobilière pour des syndicats de copropriétaires ou les associations syndicales. Il souligne les nombreux avantages que présente ce type de solutions, permettant une communication plus aisée et apaisée entre les différentes parties. L’utilisation de technologies participatives « Web 2.0 », de forums de discussion, de blogs de copropriétaires ou de syndicats de copropriété, reliés et interconnectés entre eux par le biais de la syndication, permet aussi de faire circuler l’information beaucoup plus vite, et de donner un sens nouveau à la vie de quartier et aux relations de voisinage, de plus en plus délaissées par les citadins dans les grandes villes. Une formidable opportunité pour renouveler et redynamiser le lien social dans les quartiers, et vaincre l’isolement des citadins. Le Web 2.0 n’est-il pas par essence un internet « local », qui s’interconnecte harmonieusement dans une sphère globale, collaborative, et mondialisée ? JPM remarque néanmoins que ces sites d’immeubles ou de quartiers « présentent aussi des risques pour la vie privée et la sauvegarde de la confidentialité de certaines informations ». Il note par exemple qu’il est « inopportun de diffuser une liste de copropriétaires débiteurs. La reproduction sur le site de procès-verbaux d’assemblées peut aussi être contestable, malgré l’intérêt du principe. » S’il est évident que ces sites doivent être d’accès restreint, compte tenu des données personnelles échangées, ce type particulier de sites, amené à se développer fortement dans les prochaines années, pose des problèmes plus complexes, tenant notamment au fait que « le syndicat des copropriétaires est une personne morale très énigmatique pour la CNIL, qui a déjà dû modifier deux fois la norme simplifiée imposée aux syndics, qu’ils soient professionnels ou non, sans que la norme actuelle soit parfaitement en cohérence avec les nécessités de l’administration du syndicat ». En outre, de façon plus générale, les internautes soulignent que les technologies Web 2.0 fonctionnent de façon égalitaire et non hiérarchisée, ce qui fait parfois peur, car elles semblent incontrôlables, personne n’en étant directement le responsable : JPM précise ainsi que « les blogs et autres forums peuvent " dérailler " ». Quelles sont les frontières de la vie privée sur internet ? Les internautes cernent avec difficulté quelles sont les frontières entre vie privée et vie publique sur internet. Julia s’étonne ainsi d’avoir accès, depuis son blog, à des informations détaillées sur ses visiteurs dans la rubrique « statistiques » de son site : « je peux consulter en détail les visites reçues : quel article a été lu, par qui ? Mon hic est par qui : parfois, je ne vois que l’insertion visitée et rien en référence visiteur (comment font-ils ?), parfois je ne vois que des IP5, parfois des sites politiques et je me demande pourquoi ceux-ci viennent car je n’aborde pas le domaine politique ! […] ». Selon un visiteur non-inscrit, « la loi devrait créer un cadre étroit et strict dans lequel les FAI6 seraient autorisés à communiquer ces données et pas en-dehors », et « ce cadre doit se limiter aux problèmes liés au cyber-terrorisme et à la pédophilie, et c’est tout ! », ce à quoi Koyote répond que « concernant l’utilisation des logs pour le cyber terrorisme et la pédophilie, il ne faudrait pas une loi trop stricte afin d’être assez réactif et proactif dans la recherche et le démantèlement des réseaux ». P.C. pose la question de l’appréciation de la frontière entre sphère privée et sphère publique : « une démocratie saine doit s’attacher à déterminer une frontière claire, autant que possible, entre ce qui est du domaine de la chose publique, et ce qui est du domaine de la chose privée ». Toutefois, cette distinction est plus difficile à faire depuis l’existence de l’internet : « auparavant, le domaine privé était assez clairement défini ; au minimum, tout ce qui se passait, par exemple, à l’intérieur de nos domiciles en relevait exclusivement. Mais, avec le Net, nos PC nous relient au grand Web sauvage... Chez nous, où est la frontière ? À la sortie du modem ? À l’entrée de nos disques durs ? Au niveau de l’écran et du clavier? Sony peut-il nous installer dans notre dos des rootkits espionnant nos usages ? » L’affaire du « rootkit7 Sony », dévoilée par Mark Russinovitch en octobre 2005, avait fait grand bruit chez les consommateurs des produits de la firme8. P.C. pose ainsi la question de « l’existence d’un droit à la sphère privée sur internet, sphère privée englobant les communications avec ceux que nous considérons comme faisant partie de notre intimité ». Cette question trouve écho chez les autres participants au débat. Ainsi, Forrest Ent s’interroge : « un mail est-il du domaine privé, ou bien la police peut-elle "l’intercepter" sans mandat ? Peut-elle enregistrer sans mandat la liste des IP interconnectées ? », Et il se pose la question du traitement et de la collecte de données personnelles par des tiers : « par ailleurs, ces actions sont-elles légales pour un tiers ? Par exemple, la MPAA9 a-t-elle le droit d’espionner le réseau Bittorrent français ? ». Il ressort du débat que tous les procédés d’identification et de collecte massive de données personnelles doivent être étroitement contrôlés. Comment mieux contrôler le respect de la vie privée ? Selon fredleborgne, « Pour le courrier, terrorisme et pédophilie ont servi de prétexte pour filtrer. Soit. Un filtre automatique après tout n’en a rien à faire de savoir que moi et Simone, la semaine dernière... Mais qui vérifie que ces filtres ne surveillent pas "autre chose" ? » Il indique aussi que « La CNIL interdit beaucoup de type de fichier, mais ne peut pas tout contrôler. Et nous, nous ne pouvons pas porter plainte pour chaque spam. » La question du contrôle et de la licéité des traitements prend vite une place majeure dans le débat. Beretta_vexée dresse un constat négatif sur la Commission Nationale Informatique et Libertés : « De son aveu même la CNIL est incapable de subvenir à ses missions de contrôle, que ce soit pour des raisons législatives, de budget ou de personnel », estimant que l’autorité « n’a engagé des actions que dans le cas de débordements délictueux les plus flagrants et connus de tous. Les contrôles "informatifs" de la CNIL servent au mieux à rendre les fraudeurs et les délinquants plus prudents. La CNIL aide à cacher ce qu’elle sait ne pas pouvoir contrôler. » L’autorité elle-même, par la voix de son président, Alex Türk, constate son manque de moyens et de personnel pour traiter les dossiers et effectuer des contrôles sur le terrain10 : la CNIL, avec 90 employés, n’en effectue que 100 par an, alors que l’autorité espagnole en effectue 600. En Allemagne, l’autorité de contrôle compte 400 collaborateurs. (...) III. – GOUVERNANCE ET CORÉGULATION DE L’INTERNET Le sujet de la gouvernance de l’internet a été le second thème majeur de cette consultation. Les internautes remarquent d’emblée que s’ils ont des droits sur l’internet, ils ont aussi des devoirs. Vareille note ainsi, dans un fil de discussion dénommé « Le Forum des devoirs sur l’internet » que « le premier des devoirs est de respecter les droits », et qu’il y a « bien d’autres devoirs à codifier et améliorer à commencer par le respect des règles ou codes de bonne conduite comme la netiquette » ou encore de « corriger les inexactitudes de Wikipedia, aider à traduire des documentations ». Cette thématique de la gouvernance a été dominée par la riche actualité16 de ce début d’année 2007 sur les questions de régulation et de labellisation de l’internet français ; dès lors, la grande majorité des visites et des contributions se sont orientées vers le fil de discussion intitulé « Labelliser les sources d’information sur le Net ». Les internautes semblent par ailleurs faire part d’une certaine hostilité vis-à-vis des tentatives de « marchandisation » à outrance du réseau internet, comme l’illustrent les propos de fredleborgne lorsqu’il revient sur les phénomènes de spéculation sur les noms de domaine. Le Forum des droits sur l’internet a ainsi enregistré sur ce thème plus de 2 000 visiteurs uniques et recueilli 74 contributions sur les différents sujets de discussion, dont plus de 1 800 sur le seul sujet consacré à la labellisation des sources d’information sur internet. Au vu de cette focalisation, le Forum des droits sur l’internet a lancé un « mini-sondage » sur le sujet de la labellisation de contenus de sites internet, dont les résultats équilibrés témoignent de l’ampleur du débat sur cette question. A. – La labellisation, quels besoins pour quels domaines ? Le projet de décret portant création d’une Commission nationale de déontologie et des services de communication au public en ligne indiquait que la labellisation visait essentiellement la protection de l’enfance. Cependant, le rapport de Marc Tessier au ministre de la Culture intitulé « La presse au défi du numérique », et rendu public en février 200717, proposait la création d’un label « presse » pour distinguer les sites tenus par des organismes de presse proprement dits des autres sites internet. Cette idée semble répondre à un besoin exprimé par les internautes. Réponses au mini-sondage : Faut-il labelliser les sites sur internet ? Non, cela risque de nuire à la liberté d’expression, et il vaut mieux développer l’esprit critique : 51% Oui, mais pour certains domaines seulement, tels que la protection de l’enfance, ou l’accessibilité : 28.5% Oui, notamment au moyen d’un label distinguant les sites d’organes de presse des autres sites : 20.5% Des internautes indiquent que « la TV et la presse sont soumises à des régulations et on ne peut vraiment pas parler de censure sur ces médias. Pourquoi internet échapperait-il à une régulation organisée par les pouvoirs publics mais indépendante du pouvoir politique ? » Selon certains internautes, les contenus multimédias, potentiellement plus dangereux, devraient donc faire l’objet d’un contrôle, à l’image de celui effectué par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) sur la télévision et la radio. Ils constatent aussi qu’« un parent sur internet n’a que des moyens très limités pour savoir si un site a un contenu qui ne risque pas de choquer son enfant. » Il y a donc un autre besoin exprimé sur le sujet de la protection de l’enfance, visant à garantir qu’un site peut être ou non « de confiance », c’est-à-dire qu’un enfant peut l’utiliser sans risques de voir des contenus dangereux pour lui ou inadaptés à son âge. En outre, dans le domaine du commerce électronique, les internautes expriment le besoin d’identifier plus clairement l’auteur d’une information, en ce qui concerne notamment les avis ou commentaires donnés sur tel ou tel produit vendu dans le commerce : « tout le monde peut dire tout et n’importe quoi sans que le visiteur sache s’il a à faire à un professionnel sérieux qui a recoupé ses informations ou à un internaute de base ne donnant que son avis. » Les entreprises utilisent en effet de plus en plus internet pour améliorer l’image de leur marque ou de leurs produits et pour générer un « buzz » positif, au moyen de contributions ou d’avis déposés sur des sites ou forums de discussion très fréquentés. Ces pratiques, à défaut d’être strictement encadrées, devraient être régulées. Les internautes se rendent bien compte que, selon les domaines concernés par la labellisation, les enjeux peuvent être forts différents : « merci de ne pas faire d’amalgame entre l’information et la protection de l’enfance : ce sont deux sujets différents, et c’est justement cet amalgame qui est critiqué dans le projet de commission de déontologie ». Le débat va se focaliser sur la labellisation des sites d’information, notamment par un label « presse ». Sur cette question, les internautes semblent largement divisés et vont échanger de nombreux arguments, tant sur les objectifs poursuivis par cette labellisation, que sur la méthode qui devra être mise en oeuvre. B. – Pour ou contre la labellisation des sites d’information ? C’est précisément en ces termes que se cristallise le débat recueilli sur la consultation du Forum des droits sur l’internet. Les internautes apportent de nombreux arguments dans ce débat : tandis que certains soulèvent la nécessité de labelliser, les autres en revanche mettent en exergue les risques et les difficultés de ce procédé. Les arguments des internautes en faveur d’un label presse Un internaute rappelle l’étendue et la diversité des labels dans le monde, et leur fort intérêt pratique : « il existe déjà des règles aujourd’hui. Des chartes professionnelles. Des labels ouvriers. Des lois internationales. Et elles n’ont pas pour conséquences de nuire à l’information, mais plus souvent d’en favoriser le droit d’expression ! Elles existent en France pour le papier et le multimédia. Il est assez puéril d’imaginer que leur existence soit un frein à la liberté d’expression sur le net. » Les internautes qui défendent le label « presse » estiment qu’il est tout d’abord nécessaire d’informer les internautes sur les conditions de réalisation et de publication de l’information. Les journalistes, par exemple, sont soumis à un ensemble de règles déontologiques strictes : « de tels labels publics ne peuvent être que bénéfiques pour l’internaute, y compris concernant la presse et l’information ». Selon un internaute, l’absence de repères sur internet « risque effectivement de faire perdre son sens à toute liberté d’expression ». Les journalistes doivent par ailleurs vérifier leurs informations, et présenter certaines garanties en matière d’éthique professionnelle ou éditoriale, ceci « afin d’offrir aux internautes la garantie d’une information respectant des règles d’éthiques sans lesquelles la richesse de l’expression en cours serait noyée dans un bruit de fond où nul ne pourrait plus distinguer le vrai du faux ». L’objectif serait de « permettre aux internautes, ceux qui le souhaitent, d’avoir une garantie de qualité éthique ». Vers un engagement de qualité éthique Il ne s’agit donc pas de « réguler l’internet » à proprement parler, mais plutôt d’améliorer la présentation des sources des informations publiées sur internet : « réguler internet en créant des chartes de déontologie et des labels n’est pas synonyme d’un contrôle étatique de l’information ». Il faudrait plutôt rechercher « dans le domaine de l’information, sur le Net, un engagement de qualité, pour ceux, et seulement ceux, qui veulent s’en prévaloir ». Les internautes estiment qu’ « il n’est pas question de dire où se trouve la bonne information, il est question de savoir d’où vient l’information et quel type de contenu on peut trouver sur tel ou tel site » et que le but d’un label « presse » n’est pas de signifier que « l’information est bonne, mais qu’elle ne provient pas d’un simple site de particulier n’ayant pas forcément les moyens et le temps de proposer une information de qualité, recoupée et fiable ». Il est ainsi « tout à fait positif de garantir que des informations ont été vérifiées suivant des processus bien définis et de les labelliser en conséquence », ceci afin de permettre à l’internaute « d’identifier et de choisir, en meilleure connaissance de toutes choses. » Des coûts de fonctionnement importants au regard de l’intérêt pratique Les internautes, opposés à la labellisation des sources d’information sur internet, apportent plusieurs arguments dans le débat. Ils critiquent tout d’abord le coût de mise en place de ces procédés. Selon un internaute, la charge de travail générée par cette activité de labellisation risque en effet d’être lourde, et de nécessiter des ressources humaines et financières très importantes du fait du grand nombre d’éditeurs de contenus sur internet : « tout utilisateur du Net étant un producteur d’informations, potentiel ou effectif, ça ne fera qu’un milliard d’individus à labelliser, c’est-à-dire dont il faudra garantir l’indépendance, auxquels il faut ajouter quelques millions d’entreprises, organismes gouvernementaux, administrations, associations, groupements divers et variés… » Selon lui, la labellisation « va sûrement résoudre le problème de l’emploi sur toute la planète, et pour quelques décennies… » Les internautes reprochent également le peu d’intérêt pratique de cette solution : « les internautes sont-ils si limités intellectuellement, qu’il faille que le gouvernement leur indique quels sont les sites qui donnent de la bonne information ? » Ainsi, pour certains, labelliser des sites d’information, ce serait estimer que les internautes sont dépourvus de tout esprit critique : « il arrive que des informations publiées sur le Net soient fausses. Les internautes n’en sont pas pour autant démunis de sens critique, et savent à peu près utiliser un moteur de recherche et comparer des informations. » Améliorer l’esprit critique des internautes par l’enseignement Plutôt que de labelliser l’information, il serait souhaitable d’améliorer l’esprit critique des internautes. Comme le souligne beretta_vexee, « Toute information doit être vérifiée et recoupée, qu’elle soit issue d’internet ou d’ailleurs. Apprendre et faire comprendre cette démarche à tous, notamment à l’école, serait à mon sens bien plus constructif que de distribuer de nouveaux labels. » Akane complète : « il suffit d’avoir l’esprit critique pour savoir que l’information diffusée là n’est pas forcément exacte et le prendre plutôt comme une opinion ou un avis qui vient conforter une information plus officielle. » Les internautes estiment qu’en raison de la pluralité des sources disponibles sur internet, il serait opportun de renforcer l’apprentissage de l’esprit critique à l’école, ou de créer un enseignement spécifique à l’usage de l’internet. À ce titre, Vareille indique que « comme le soulignait Philippe Breton dans un entretien accordé à Télérama (il soulignait le déficit d’éducation à l’esprit critique : parole à apprendre, parole à réapprendre ?) : l’enseignement du débat construit ou débat argumenté est actuellement insuffisant » et rappelle que « l’esprit critique se construit essentiellement par le débat argumenté. » Picrochole conclut sur ce point, en indiquant que « la meilleure solution au "problème" de la fiabilité des informations circulant ou disponibles sur le Net relève de l’éducation de ceux qui l’utilisent. » Comment mettre en place une labellisation internationale ? Certains internautes en faveur de la labellisation souhaiteraient que celle-ci soit effectuée au niveau mondial. LPCINTIC se demande ainsi s’il « n’est pas indispensable de pouvoir labelliser, internationalement, à travers une charte ad hoc, les sources d’information qui le souhaitent ». En effet, étant donné le caractère mondial et interconnecté du réseau internet, les internautes soulèvent qu’une labellisation purement nationale présenterait peu d’intérêt : « à moins d’un régulateur international […] je ne vois vraiment pas l’utilité de la chose ! ». L’idée de mettre en place un régulateur international de l’internet, exprimée à plusieurs reprises par les internautes dans la discussion, se heurte à plusieurs obstacles concernant sa mise en oeuvre. Quelle institution serait responsable du pilotage d’un tel régulateur ? Comment mettre d’accord des pays qui ont une vision très différente de l’internet sur les sujets les plus sensibles ? Des questions qui mériteraient d’être débattues dans un prochain sommet consacré aux technologies de l’information. Sur certains sujets, pourtant, une nouvelle forme de « labellisation internationale » voit le jour. Un internaute souligne par exemple, dans le domaine de la santé et de la médecine en ligne, l’initiative « HON Code18 (Health On the Net) », qui propose des outils d’analyse de qualité des pages ou sites traitant de la santé sur internet, et qui propose un référentiel médical exhaustif traduit en plusieurs langues. Comparaisons avec la presse traditionnelle Les internautes notent par ailleurs que le journalisme « traditionnel » n’est pas non plus libre de toute influence, et ne se distingue pas toujours en matière de vérification de l’information : « y a-t-il un label pour désigner la presse de qualité du tabloïd ? Y a-t-il un label de neutralité dans la presse papier ? Qui serait juge de ce qui est neutre, juste, de qualité ou non ? Si cela n’existe pas pour la presse papier pourquoi cela devrait il exister sur internet ? » Forrest Ent approfondit et compare avec la situation dans la presse traditionnelle : « quand "La Tribune" publie un article sur LVMH, il devrait mentionner que c’est la maison-mère, quand "Le Monde" publie un article sur Lagardère, il devrait mentionner que c’est un actionnaire à 17%, quand "Le Figaro" publie un article sur l’élection présidentielle, il devrait préciser que ses propriétaires sont sénateurs et députés UMP ». Il conclut : « si l’on n’arrive pas aujourd’hui à garantir la qualité de l’information et la crédibilité d’un petit nombre de grands médias, comment pourrait-on imaginer le faire sur le Net ? » Labellisation et liberté d’expression Les internautes estiment par ailleurs qu’un tel label pourrait être une menace pour la liberté d’expression, qui pourrait rendre plus difficile le travail de certains sites d’information très fréquentés tels qu’Agoravox, mais dont les contributeurs ne bénéficient pas, à ce titre, d’une carte de presse. Selon Akane, « la labellisation est une forme vicieuse de censure. Elle discrédite forcément les sites qui ne l’ont pas, et il est vrai que partout où des autorités indépendantes sont passées, la liberté s’est atténuée, l’exemple des radios libres me semble très bien choisi. » Farzende estime que la labellisation vise en fait « à bâillonner les associations qui informent ou qui alertent les médias sur internet, surtout les associations de défense de la liberté d’expression ou les journaux citoyens où tous les rédacteurs peuvent publier leurs articles sur le Net et qu’ils peuvent déranger certains au pouvoir » et juge que « la Chine finira par se voir faire des émules en France ». Pour kurokame, une information dite de confiance aura pour effet de « consolider les médias traditionnels et leurs groupes attachés, à en faciliter davantage la stratégie des annonceurs publicitaires par exemple et à l’assèchement de la diversité voire de la liberté d’expression », ce qu’il résume ainsi : « en bref, c’est orienter le choix (puis très certainement le jugement) de l’internaute plutôt que de lui laisser mener une expérience de surf en toute liberté et se forger ses propres opinions ». Dans le même sens, selon Akane, « l’absence de labellisation conforte une liberté d’opinion et une richesse des échanges qui n’existe pas dans les autres médias, justement parce qu’internet est un espace non contrôlé, où tout le monde peut ouvrir son site, s’exprimer ». C. – Labelliser, oui, mais comment, et par qui ? Définir le processus de labellisation Une question revient régulièrement au fil du débat : comment opérer la labellisation, autrement qu’avec des critères qualitatifs au moins partiellement subjectifs ? Selon certains internautes, la labellisation ouvre en effet la porte à « une classification institutionnelle des contenus, non pas en fonction de critères techniques comme cela peut se passer pour le cinéma (violence, sexe, etc.) mais en fonction de critères subjectifs ». Finalement, une majorité d’internautes s’accorde pour dire que « ce qui fait vraiment la qualité de l’info, l’honnêteté, n’est pas labellisable ». Le processus même de labellisation soulève donc un certain nombre de questions qui restent sans réponse claire. Selon Picrochole, en effet, une fois reconnue la problématique de la fiabilité des informations sur internet, et la modalité de réponse, c’est-à-dire la labellisation, il faudra ensuite : - définir le cahier des charges du label « en considérant qu’il n’existe aucun organisme, gouvernemental ou pas, national ou international, qui dispose de la légitimité pour le faire ; et qu’il existe un nombre considérable d’organismes (sinon tous) qui refuseront d’accorder à un autre cette légitimité ; et en connaissant les limites (notamment territoriales) de sa portée » ; - adopter le cahier des charges et le mettre en oeuvre ; - assurer le respect des règles édictées. Attribuer des labels, selon quels critères ? Au cours du débat, la question de savoir quels critères retenir pour attribuer ou retirer un label est posée. Des critères tels que « l’exactitude de l’information », ou encore « la complétude de l’information » semblent irréalistes. Le critère de la « qualification de l’auteur », qui pourrait s’appuyer partiellement sur la carte de presse ou des diplômes, semble trop subjectif. Enfin, le critère de « l’indépendance rédactionnelle » serait certes le plus instructif, mais, selon Forrest Ent, il s’est avéré impossible de le mettre en oeuvre dans le cadre de la presse écrite. Au contraire, selon Vareille, il n’y a pas de critère à définir : les processus de certification ou de labellisation existent bel et bien, et il n’est pas nécessaire de les réinventer. Il s’agit simplement de processus « qui permettent en particulier de garantir la conformité à des normes ou standards de fabrication ». Le Label rouge, dans le domaine alimentaire, ne certifie pas la valeur gustative du produit, mais plutôt certains critères et standards minima tenant à la fabrication de ce produit. Cependant, un internaute fait remarquer qu’il risque d’être plus délicat de trouver des critères pertinents en matière rédactionnelle ou journalistique qu’en matière alimentaire. À qui doit-on confier la tâche de la labellisation ? Sur la nature de l’autorité à même de labelliser les sites d’information, les points de vue sont divergents : pour certains, c’est l’État qui doit labelliser, pour d’autres, une commission indépendante, une association de consommateurs, ou tout autre organisation privée présentant des garanties d’indépendance. À ce titre, LPCINTIC considère que « l’État, quand il représente l’expression d’une nation au travers d’un système démocratique de représentation, vaut toujours mieux que l’expression de l’individu autocrate (ce que permet souvent la puissance financière) ou de la foule anonyme (ce que permettent nombres d’usages sur le Net) ». P.C. considère quant à lui qu’ « il semble dangereux dans une démocratie que le ministère de la Communication ou le ministère de l’Intérieur viennent proposer des garanties "éthiques" à l’information ». Au-delà de la nature, de la forme juridique, ou du rattachement administratif ou gouvernemental de l’entité en charge de la labellisation, est posée la question de sa composition, et de la juste répartition entre les collèges représentant les utilisateurs et ceux représentant les professionnels (médias par exemple), et de la présence d’un ou plusieurs ministères en son sein. L’idée de confier la labellisation à une « commission indépendante, sans pouvoir règlementaire, qui établirait ses labels et recommandations en concertation avec les utilisateurs et les professionnels » semble satisfaisante pour certains, mais un internaute note que « l’État se réserve généralement un pouvoir de nomination, les intérêts professionnels sont bien organisés et ont divers moyens de pression face aux politiques et les usagers sont toujours les grands perdants ». Selon fredleborgne, avec « une labellisation de la presse "laissée" aux professionnels, on créerait pour la presse sur le Net l’équivalent du CSA ». Selon Vareille, « il semble irréaliste de chercher à interdire les processus de labellisation par des autorités disposant justement des moyens de les mettre en place », mais il faut au contraire « proposer et encourager des systèmes alternatifs de labellisation en espérant qu’ils sauront rester indépendants de groupes de pression ». Il convient donc de réfléchir « aux façons de proposer des labels contradictoires ou du moins de trouver des procédés qui permettent à chacun de s’assurer du sérieux des labels institutionnels ». D. – Au-delà de la labellisation, le Web 2.0 et les outils de certification automatiques Face à la difficulté d’établir une liste de critères pertinents et objectifs permettant d’octroyer ou de rejeter un label, l’idée d’une certification « automatique », à partir de critères plus techniques revient à plusieurs reprises dans le fil de discussion. Un premier critère pourrait être par exemple le niveau de référencement sur les différents moteurs de recherche : « le plus simple des procédés qui actuellement mobilise le moins de moyens est le "page ranking19" des moteurs de recherche ; il faudrait voir comment labelliser des algorithmes de "page ranking" ». En fonction du niveau de référencement de l’information, celle-ci pourrait par exemple se voir attribuée automatiquement un label. Autre critère, celui résultant d’une analyse sémantique avancée des textes mis en ligne : « on peut certainement rêver avec les technologies de "Web sémantique" de labellisations automatiques ; un exemple récent assez remarquable mettant en oeuvre de l’analyse lexicale statistique automatique a mis en évidence que des pièces attribuées à Molière et Corneille avaient très probablement été écrites de la même main ». Compte tenu de l’ampleur de la quantité d’informations à analyser, il faudrait cependant, pour mettre en oeuvre de tels automatismes, des performances de calcul très importantes, et développer un nouvel outil d’analyse à partir d’un cahier des charges ouvert largement débattu. Ces idées semblent pourtant porteuses d’avenir, et pourraient permettre à chacun de « disposer d’outils de vérification de conformité et d’indépendance des labels ». Les internautes évoquent aussi l’utilisation progressive de critères de pertinence qui proviennent des utilisateurs eux-mêmes, dans le cadre d’un réseau internet social complètement interconnecté. En effet, avec le développement de la syndication et des blogs, qui permettent la rediffusion massive des informations les plus intéressantes, seules les informations jugées pertinentes par la majorité des utilisateurs deviennent accessibles, car elles sont diffusées en masse, et reprises à de multiples endroits sur l’internet. A contrario, une information qui ne circulerait pas sur les blogs ou sur les plates-formes d’échanges de contenus multimédias serait presque invisible. Par ailleurs, il faut aussi compter avec le développement des « nuages de motsclés 20 », qui permettent d’afficher sur les pages d’un site, sous forme de liens de taille plus ou moins importante en fonction du niveau de pertinence, les mots clés utilisés lors des recherches des internautes les plus populaires, ainsi que les articles ou publications les plus visités d’un site internet. Cette fonctionnalité très « Web 2.0 » va également dans le sens d’une présélection naturelle des contenus, effectuée directement par les utilisateurs, et par leur comportement sur les sites qu’ils visitent. Une solution peut-être plus efficace et moins onéreuse que la labellisation humaine, et qui permet de mettre en valeur les contenus de qualité. Enfin, il convient de connaître, de faire partager, et d’utiliser « les outils qui peuvent permettre de vérifier la validité d’une information », comme les sites internet recensant les « hoaxes » ou canulars et arnaques sur internet. Une sorte de labellisation informelle, participative et bénévole, mais qui est souvent très pertinente (...) IX. – RELATIONS DU TRAVAIL ET INTERNET Le thème des « Relations du travail et de l’internet » n’a pas été abordé spontanément par les internautes lors de la première étape de la consultation. Sujet de réflexion important du Forum des droits sur l’internet ces dernières années41, ce thème a été lancé lors de la seconde étape de la consultation. Il a suscité dans l’ensemble peu d’intérêt : un seul fil de discussion a été proposé par les internautes sur le sujet de la surveillance des salariés au travail, et a totalisé 6 contributions de leur part. Toutefois, pour pallier à cette absence, divers mini-sondages ont été proposés aux internautes. Malgré le faible nombre de participants, ils permettent d’avoir un bref aperçu des pratiques en matière de technologies de l’information au travail. A. – La surveillance des salariés au travail BlackBird explique tout d’abord que les entreprises ont de plus en plus souvent recours à des logiciels établissant des logs ou « rapports » des activités des salariés sur internet, et se pose la question de savoir « quelles sont les limites que donne la loi à ces pratiques ? » Si le dispositif législatif et réglementaire prévoit en effet une obligation pour tout fournisseur public ou privé de services d’accès à internet de conserver certaines données de connexion, permettant par la suite, par exemple en cas d’infraction commise sur internet par un salarié, d’identifier le fautif, l’employeur doit cependant respecter certaines règles propres à l’étendue et à l’utilisation qui peut être faite de ces données, notamment dans le cas de situations conflictuelles, comme lors de licenciements. C’est le cas, par exemple, des correspondances des salariés identifiées comme privées, qui font l’objet de la protection de la loi42 au titre du droit au respect de la vie privée des personnes physiques. Un internaute constate que ces limites peuvent parfois faire obstacle à la mise en oeuvre du télétravail : « il y a de nouveaux usages indispensables pour développer le télétravail ». Certaines de ces fonctionnalités, parmi lesquelles la plupart sont issues de l’esprit collaboratif du « Web 2.0 », et permettent de faciliter le « travail collaboratif », sont en effet très critiquées par les salariés, car elles dévoilent une partie de leur vie privée : « parmi ces nouveaux outils il y a le calendrier partagé qui permet de s’assurer que quelqu’un est joignable dans le cadre de son activité professionnelle et les serveurs de présence [de type Messenger, Jabber, ou tout autre programme offrant des services d’Instant Messenging43] ». Cependant, selon sofmail, évoquant ces outils de contrôle, « il ne doit en aucun cas s’agir d’un flicage à outrance ou d’une pratique pouvant le devenir ». Il précise par ailleurs que le débat est « de savoir si lors des "pauses" ou encore si l’employé reste quelques instants après son temps de travail, il peut, sans flicage ou surveillance, se servir d’internet ». Enfin, selon lui, toute la difficulté réside dans le fait de savoir à partir de quel moment « l’employeur outrepasse son pouvoir et fait ingérence dans la vie privée de ses employés ». B. – Mini-sondages sur ce thème Le contrôle par l’employeur des matériels informatiques des salariés Avez-vous été informé sur les systèmes de contrôle mis en place dans votre entreprise ? (oui : 21%) Avez-vous déjà fait l’objet d’un contrôle sur votre poste informatique ? (oui : 21%) Trouvez-vous le pouvoir de contrôle de l’employeur suffisamment encadré dans votre entreprise ? (oui : 14%) Aucune de ces réponses ne me convient : 57% Trouveriez-vous normal que les organisations syndicales puissent librement envoyer des courriers électroniques à l’ensemble des salariés d’une entreprise sans autorisation préalable de l’employeur ? Oui, la liberté syndicale est indispensable : 31% Oui, mais l’usage doit être encadré par la loi et les salariés doivent pouvoir refuser les messages électroniques : 62.5% Non, il est préférable que cette possibilité ne soit accordée qu’après une négociation collective : 6 % Non, la communication syndicale doit se faire par d’autres canaux ou en dehors de l’entreprise : 0% Aujourd’hui, la jurisprudence considère qu’un employeur ne peut pas ouvrir un courrier électronique personnel de ses salariés sans leur accord (ou décision de justice). Comment procédez-vous pour envoyer un courriel privé depuis votre lieu de travail ? Vous l’envoyez de votre messagerie professionnelle sans indication particulière : 37,5% Vous l’envoyez de votre messagerie professionnelle en indiquant son caractère « privé » dans l’objet du message : 6% Vous l’envoyez uniquement depuis votre messagerie personnelle accessible en ligne : 50% Vous n’envoyez jamais de message à caractère personnel depuis votre lieu de travail : 6% Au travail, avez-vous été sensibilisé aux règles d’utilisation de l’informatique ? Oui, j’ai été sensibilisé à ces règles : 58% Oui, je sais qu’il existe des règles mais je ne les connais pas bien : 25% Non, je n’ai pas connaissance de règles de cette nature : 17% (...) 4 Décret n°2006-538 en date du 24 mars 2006, voir le texte intégral et son commentaire sur le site du Forum des droits sur l’internet. 5 Adresse IP, l’identifiant de chaque internaute connecté au réseau internet. 6 Fournisseur d’accès internet. 7 Un « rootkit » est un kit logiciel permettant, une fois activé ou installé sur un poste, de prendre le contrôle de ce dernier à l’insu de l’utilisateur, avec des privilèges d’administration étendus (au moyen d’un compte « root » sur systèmes Unix, Linux, Mac par exemple). 8 Sony, Rootkits and Digital Rights Management Gone Too Far, Mark Russinovitch, 31 octobre 2005. 16 Le 20 février 2007, le Forum des droits sur l’internet publiait un avis sur le projet de décret portant création d’une Commission nationale de déontologie des services de communication au public en ligne. Quelques jours plus tard, le rapport Tessier, intitulé « La presse au défi du numérique » était rendu public sur le site internet du Ministère de la Culture et de la communication. 17 La presse au défi du numérique, Rapport au ministre de la Culture et de la communication, Marc Tessier, Maxime Baffert, février 2007, en ligne sur le site internet du ministère de la Culture. 18 Voir le site Health On the Net (Santé sur internet). 19 Niveau de référencement déterminant l’ordre d’affichage des résultats sur un moteur de recherche. 41 Voir notamment le dossier « Relations du travail et internet », publié le 26 janvier 2006, et la Recommandation « Le télétravail en France », publiée le 14 décembre 2004 sur le site du Forum des droits sur l’internet. 42 Article 9 du Code Civil : « Chacun a droit au respect de sa vie privée. Les juges peuvent, sans préjudice de la réparation du dommage subi, prescrire toutes mesures, telles que séquestre, saisie et autres, propres à empêcher ou faire cesser une atteinte à l’intimité de la vie privée : ces mesures peuvent, s’il y a urgence, être ordonnées en référé. 43 Messagerie instantanée. _____ Liste de diffusion d'informations relatives à l'informatique et aux libertés Info, dés/abonnement : http://listes.samizdat.net/sympa/info/actus_l |
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