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Subject: [actus_l] Le scandale du passeport RFID

http://aietech.com/leblog/2007/2/6/le-scandale-du-passeport-rfid.html

Le scandale du passeport RFID

785186-665619-thumbnail.jpg Ou plutôt : « le scandale du non-scandale du
passeport RFID ». Le vrai scandale, c’est le silence médiatique assourdissant
sur cet état de fait : après les USA, l’Europe impose à ses citoyens un
e-passeport doté d’une puce RFID qui ne demande qu’à bavarder. Qui facilite le
vol d’identité, qui donne un coup de pouce au banditisme, au terrorisme. Et
tout cela au nom de la sécurité nationale. Dès le départ, les experts avaient
prévenu. Non, une puce RFID n’est pas un moyen de sécuriser un passeport mais
bien plutôt de lui coller un gros problème de sécurité supplémentaire. En
octobre 2004, le pape de la sécurité informatique Bruce Schneier dénonçait : «
…les porteurs d’un [tel] passeport diffuseront en permanence leurs nom,
nationalité, age, adresse et tout ce qu’il y a sur la puce RFID. » C’était le
premier volet du scandale : les politiques décident contre l’avis des
compétents. Acte deux. Les preuves s’accumulent. En Allemagne, début 2006, le
consultant en sécurité Lukas Grunwald, clone la puce de son propre passeport,
avec du matériel du commerce. Puis, Kevin Mahaffey, spécialiste du RFID de Los
Angeles, montre que le passeport de l’administration Bush permet d’envisager
une mine qui se déclencherait au passage d’un citoyen des États-unis. Sa démo
fait un tabac sur YouTube. Enfin, un article du Guardian annonce que des
spécialistes savent lire le contenu d’un e-passeport. À distance. Mais nous
avons atteint un troisième stade : le scandale est désormais officiel mais
chut, n’en parlons pas. Et ne faisons rien. Aux États-Unis, des gurus de la
sécurité informatique appointés par un sous-comité ad hoc du Department of
Homeland Security, expliquaient, en mai, dans un rapport (« L’usage de la RFID
pour l’identification humaine ») que la RFID « …augmente les risques pour la
sphère privée et la sécurité personnelle, sans bénéfice proportionné pour
l’efficacité ou la sécurité nationale. » Réaction : néant. Ce n’est pas tout.
« En omettant de mettre en place un concept et un système de sécurité
appropriés, les gouvernements européens obligent leurs citoyens à adopter des
pièces d’identité […] qui diminuent leur sécurité et la protection de leur
sphère privée tout en accroissant les risques liés aux vols d’identité. » Quel
groupuscule gauchiste parle ainsi ? Un comité d’experts auprès de l’UE, le
Fidis (Futur de l’identité dans la société de l’information), qui a voté à
l’unanimité et publié en novembre dernier la Déclaration de Budapest. C’est
donc la crème de la crème de nos experts européens officiels en sécurité
informatique qui interpelle nos gouvernements et leur dit : « vous avez
déconné à plein tube ». Où sont les réactions ? Où sont les gros titres ?
Autopromo. On trouvera des précisions dans un article sur la technologie RFID
que je signe dans le dernier numéro spécial de La Recherche, sur les Sciences
à risque (Les Dossiers de La Recherche, N° 26, p. 64).

Posted on mar. 6 févr. 2007 by Registered CommenterPierre Vandeginste in


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