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[actus_l] De la traçabilitédésirée: msg#00023

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Subject: [actus_l] De la traçabilitédésirée


UpFing07 : Tous apprentis sorciers ? Et alors !
<http://www.internetactu.net/?p=7088>


Dans: Enjeux, débats, prospective <http://www.internetactu.net/?cat=14>,
Confiance et sécurité <http://www.internetactu.net/?cat=16>, Economie et
marchés <http://www.internetactu.net/?cat=25>, Innovation, R&D
<http://www.internetactu.net/?cat=49>, Comptes rendus
<http://www.internetactu.net/?cat=50> - Par Jean-Marc Manach le 31/05/2007

La notion d’apprenti sorcier ne date pas de l’internet… mais en
permettant aux utilisateurs d’accéder à des outils dignes des
professionnels, les TIC renouvellent assurément la figure de l’apprenti
sorcier. Quel est le rôle croissant de ces “pro-am”
<http://www.internetactu.net/?p=5852> dans les processus d’innovation
d’aujourd’hui ? Dans les prochaines vagues d’innovation suivantes (puces
dans les objets, objets dans les corps…), l’innovation par les
utilisateurs continuera-t-elle de fonctionner ou bien sommes-nous
confrontés à une renaissance de la figure de l’amateur qui peut
s’éteindre avec la prochaine vague d’innovation ?, s’interrogeait Daniel
Kaplan, chef d’orchestre de cette “session
<http://www.openfing.org/upfing/index.php/Tous_apprentis_sorciers_:_et_alors_%3F>“.

En l’an 2000, rappelle Arnaud Belleil, directeur associé de Cecurity.com
et auteur de de “e-Privacy - Le marché des données personnelles
<http://www.eyrolles.com/Informatique/Livre/9782100056156/livre_e_privacy.php>“,

les craintes en matière d’atteintes à la vie privée se focalisaient en
bonne partie sur les… cookies et le marketing ultra-personnalisé, qui
augurait d’un consommateur manipulable à l’envi. La réalité,
aujourd’hui, ce sont les spams, qui sont tout le contraire de la
personnalisation, et l’avènement d’une société de surveillance choisie
et désirée par les individus, et pas imposée par des états totalitaires
ou marchands intrusifs.

Arnaud Belleil évoque ainsi l’utilisation d’étiquettes RFiD par les
marathoniens pour faciliter leur chronométrage, de bracelets de
géolocalisation pour enfants dans le parc d’attraction Legoland pour
libérer les parents du stress de la surveillance, mais aussi pour les
personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer afin de leur éviter la
contention, le GPS pour les montagnards, à l’image des balises Argos
utilisées en mer, leur permettant d’envisager de pouvoir faire des
randonnées seuls avec un risque plus faible qu’auparavant… toutes
technologies qui, pour lui, relève d’une forme de “/traçabilité
désirée/” offrant un certain nombre de nouvelles fonctionnalités et
possibilités. Chacun accepte des dispositifs différents selon ses choix
personnels, arbitrant entre la sécurité, la vie privée et la
transparence ; entre ses valeurs et ses pratiques.

*Les puces RFiD sous-cutanées sont-elles une évolution “normale” de la
société ?*

Pour Daniela Cerqui <http://www.internetactu.net/?p=6594>, enseignante à
l’Institut d’Anthropologie de l’université de Lausanne, la société de
surveillance n’est pas un dérapage mais la conséquence logique de la
volonté de transparence. Elle rappela ainsi comment Kevin Warwick avait
été vertement attaqué lorsqu’il s’était, le premier, implanté une puce
RFiD sous la peau en 1998, alors qu’aujourd’hui, cette pratique tend à
se banaliser. De son point de vue d’anthropologue, la prise en compte
des risques, de même que la prise de “/risques mesurés/” qu’évoquait par
exemple Stéphane Distinguin dans l’atelier précédent
<http://www.internetactu.net/?p=7088#comments>, ne sont que la partie
immergée de l’iceberg : “/à coups de petits bonds, on finit par faire de
grands pas en avant/“.

Daniela CerquiPour elle, il faut éviter de stériliser le débat en
opposant techno-optimistes et catastrophistes : la technique n’est pas
une limite, mais la mise en oeuvre de systèmes de valeurs, de
définitions de l’humain, qui existent dans la société. “/il n’est ni
positif ni négatif, mais normal, d’être ensemble ainsi et de communiquer
au moyen de toutes ces nouvelles technologies/“. Pour autant, ce n’est
pas parce que c’est naturel, que cela n’a pas besoin d’être questionné.

/“Quel type de société voulons-nous mettre en place avec les nouvelles
technos ? S’il faut savoir prendre en compte les risques, il faut
surtout prendre en compte l’ensemble de notre rapport aux nouvelles
technos, car derrière elles, il y a une définition de la vie en société,
une définition implicite et normative de l’humain, du monde que nous
voulons. Nous croyons ainsi que la mise en relation entre les gens doit
être plus efficace, que plus il y a de médiation technique, mieux on
communiquera.”/ La médiation est devenue centrale, mais l’erreur serait
de porter le débat sur le “comment” uniquement, et non sur le “pour
quoi” : /“Nous avons une responsabilité collective : nous faisons erreur
quand le dialogue porte uniquement sur le “comment” et non pas sur le
“pour quoi”"./ .

Revenant sur l’opposition classique entre l’expert d’un côté, et le
grand nombre de l’autre, Jean-Michel Cornu, directeur scientifique de la
FING, évoqua (.pdf
<http://www.openfing.org/upfing/images/e/ed/UpFing07_JMCornu.pdf.pdf>)
la figure de la termite qui, sans planification ni architecte, sans
contrôle ni médiateur, parvient néanmoins à démultiplier la capacité
d’innovation de sa colonie. Ce mode d’innovation par l’usage est
d’autant plus adapté à la société de l’information et à son économie de
biens non rivaux (je ne perds pas ce que je te donne, il n’y a pas de
coût de duplication) : “/je suis influencé par les autres, et les autres
le sont par ce que je fais/“.

Mais qu’en sera-t-il avec la prochaine révolution technologique qui
s’annonce ? Les moyens de démultiplier l’innovation dans le numérique
vont-ils arriver dans le monde réel ? On voit qu’internet à un impact,
mais quel va-t-il être quand il va sortir de l’écran, évoquait
Jean-Michel Cornu en faisant référence notamment à l’arrivée de
l’imprimante 3D <http://www.internetactu.net/?p=6761> qui va nous
permettre d’usiner et de rendre réel nos plus folles créations.

*Faut-il regarder les objets ou bien les acteurs ?*

Les réactions furent nombreuses dans la salle, essentiellement relatives aux
questions de vie privée. Citons, ainsi,

* les risques de “/function creep/” (utilisations détournées) de ces
technologies, et de blanchiment des données collectées (Sabine
Delaitre, IPTS <http://www.jrc.es/>),
* quid des pouvoirs de la Cnil, de plus en plus désarmée, alors que
les Etats déploient de plus en plus de programmes de surveillance
non sollicités : Dossier Médical Partagé, carte d’identité
électronique sécurisée, passeports biométriques… (Jacques François
Marchandise, FING),
* quid du cordon ombilical virtuel que permet la “mobilité”, et des
risques associés de laisser ses enfants faire des choses que, sans
bracelet électronique, on ne les aurait jamais autorisé à faire
(Eric Culnaert, AEC <http://www.aecom.org/>),
* n’oublions pas qu’avant d’être “/désirée/” par des consommateurs,
la surveillance est d’abord et avant tout un business de produits
et technologies relevant du marché (/cf./ le Livre bleu

<http://bigbrotherawards.eu.org/Livre-Bleu-du-Gixel-les-BBA-republient-la.html>
du Gixel), et que ce n’est qu’après qu’elle devient un enjeu de
société (Jean Marc Manach, InternetActu).

Répondant à Daniel Kaplan, pour qui “/la vie privée ne doit pas être
l’arbre qui cache la forêt/“, Dorothée Benoit Browaeys, de Vivagora
<http://www.vivagora.org/>, nota que, souvent, ce sont les objets et
leurs applications qui cachent la forêt : “/quelle va être la grille de
lecture pour identifier et révéler les logiques de valeur ? Quelles
sociétés ces systèmes veulent-ils construire ? Faut-il regarder les
objets ou bien les acteurs ?/”

Jean-Gabriel Ganascia
<http://www-poleia.lip6.fr/%7Eganascia/indexfr.html>, professeur
d’informatique, de sciences cognitives et d’intelligence artificielle à
Paris 6, rappela ainsi que ce n’était pas tant pour s’être implanté une
puce sous le bras que Warwick avait fait scandale - dans le milieu
universitaire en tout cas - mais parce que son initiative relevait plus
d’une logique médiatique que scientifique. Michel Eimer, délégué aux TIC
du Conseil régional d’Aquitaine, estima pour sa part que faute de
pouvoir répondre au “pour quoi”, on fabriquait ainsi du “comment”…






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