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[actus_l] Child Online Protection Act inconstitutionnelle: msg#00041politics.activism.vie-privee.actu
http://www2.canoe.com/techno/nouvelles/archives/2007/03/20070323-150353.html Child Online Protection Act inconstitutionnelle Un juge américain émet une injonction permanente contre la COPA de 1998 Associated Press (AP) et Canoë 23/03/2007 15h03 © Corbis Les programmes filtres sont beaucoup plus efficaces que ne le sera jamais une loi fédérale de 1998 destinée à tenir la pornographie hors de portée des enfants sur Internet. C’est ce qu’a statué hier un juge d’une cour fédérale américaine. Le magistrat a invalidé la mesure en s’appuyant sur les dispositions relatives à la liberté d’expression inscrites au premier amendement à la constitution. Le juge principal de la Cour de district des États-Unis pour le district est de la Pennsylvanie, Lowell Reed Jr., a aussi déclaré que le cadre fourni par la loi Child Online Protection Act (COPA) ne permet pas de répondre adéquatement à des menaces ayant émergé depuis son institution - notamment le phénomène des prédateurs en ligne sévissant sur des sites comme MySpace - parce qu’elle ne cible que les responsables de sites Web commerciaux. «Même l’étude commandée par les responsables du gouvernement derrière ce projet de loi démontre que les programmes filtre les moins performants sont tout de même beaucoup plus efficaces que ne le serait la COPA en matière de protection de la jeunesse contre l’exposition à du matériel jugé pornographique sur le Web», a dit M. Reed. Il a présidé le procès d’une durée d’un mois à l’automne pour examiner une fois de plus la constitutionalité du COPA. Il s’agissait de la deuxième tentative du Congrès pour faire appliquer un projet de loi controversé contre la pornographie en ligne après l'échec similaire de la Communications Decency Act, elle-même invalidée par la Cour suprême en juin 1997. En 2004, la Cour suprême des États-Unis prolongeait une injonction temporaire bloquant l’application de la COPA; et jeudi, c'est une injonction permanente que le juge Reed a émis à cet effet. La loi COPA aurait criminalisé les sites Web permettant aux jeunes d’accéder à du contenu jugé «préjudiciable à des mineurs» selon des standards communautaires contemporains. La loi prévoyait d’exiger de ces sites qu’ils demandent un numéro de carte de crédit ou toute autre preuve d’âge aux utilisateurs éventuels. Au nombre des pénalités prévues par la loi en cas de délits, une amende maximale de 50 000$ et jusqu’à six mois de prison. Des sites sur la santé sexuelle, le magazine en ligne Salon.com et d’autres sites Web soutenus en ce sens par l’organisme de défense des droits humains American Civil Liberties Union, se sont élevés contre l’application de la loi en invoquant son inconstitutionnalité et l’effet régresseur qu’elle ne manquerait pas d'avoir sur la liberté d’expression. Joan Walsh, rédactrice en chef de Salon.com, estime que la loi aurait par exemple donné l’aval à n’importe lequel des 93 procureurs fédéraux désireux de lancer des poursuites contre le site, en raison de la publication sur ses pages de photos de prisonniers dévêtus à la prison iraquienne d’Abu Ghraïb. «On nous aurait ainsi imposé le fardeau de prouver que ces photos ne peuvent pas avoir d’effet néfaste sur des jeunes d’âge mineur, a dit hier Mme Walsh. Dans son jugement, M. Reed a prévenu du danger potentiel de telles lois, qui risquent de nuire aux jeunes de ce pays en retirant - sous prétexte de protéger ces jeunes - une partie de leurs droits à la libre expression inscrits en toutes lettres dans le premier amendement à la constitution, droits dont ils sont censés hériter pleinement à la majorité. Daniel Weiss de Focus on the Family Action, une branche activiste du groupe conservateur chrétien Focus on the Family, a dit que son organisme continuerait de faire des pressions sur le Congrès pour qu’il produise une loi applicable. «Le juge semble indiquer qu’il n’y a pas vraiment moyen pour le Congrès de faire passer une loi valide protégeant les enfants sur Internet», a déploré M. Weiss. «À mon avis, cette réponse est loin d’être satisfaisante.» Pour mieux défendre cette loi vieille de neuf ans, les procureurs du gouvernement ont critiqué les programmes filtre en reprochant leur usage fastidieux et leur manque d’efficacité alors qu’ironiquement, ces mêmes avocats ont déjà soutenu vigoureusement l'utilisation de ces programmes dans les écoles du pays, il y a quelques années seulement. Une cause avait en effet permis de débattre de la validité d’une loi de 2000, exigeant des écoles et des bibliothèques qu’elles installent des programmes filtre sur leur flotte d’ordinateurs afin de se qualifier pour des subventions fédérales. Un tribunal a maintenu l’application de la loi en 2003. _____ Liste de diffusion d'informations relatives à l'informatique et aux libertés Info, dés/abonnement : http://listes.samizdat.net/sympa/info/actus_l |
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