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Subject: [actus_l] Sur le refus du fichage ADN. Informations à diffuser + Manif vendredi 9 mars à 7h

http://rebellyon.info/article3239.html

Sur le refus du fichage ADN. Informations à diffuser + Manif vendredi 7h

Publié mardi 6 mars 2007

Une manifestation est organisée ce vendredi 9 mars, à 7h00, pour réveiller
Ecully, ville du fichage ADN (voir le PROGRAMME CONTRE-FORUM
BIOVISION/BIOSQUARE 2007).

Face à la systématisation du fichage ADN de toutes les genres de
“déviances“, de la consommation de cannabis au vol à l’étalage en passant par
l’outrage à agents, point d’info sur cet outil répressif.

A la fin de cette page sont disponibles des tracts juridiques et des affiches
sur le refus du fichage ADN Quelques infos sur le fichage ADN

Le fichage ADN était au départ destiné à prévenir les récidives en matière de
violences sexuelles par le fichage de touTEs les condamnéEs. A la misère
sexuelle, à un problème de société sur la considération de la femme en son
sein, l’Etat répond en emprisonnant génétiquement à vie l’individu coupable
dans le statut de criminelLE sexuelLE. Augmentant encore notre sentiment de
dépendance à son égard. Le fichage ADN perpétue ainsi la logique carcérale -à
un problème correspond un ou des individus qu’il suffit de punir- et ne fait
avancer en rien nos problématiques de société.

Sous les différents gouvernements, de gauche et de droite, le fichage a peu à
peu été élargi. La police est maintenant autorisée à prélever notre ADN dans
la quasi-totalité des crimes et délits d’atteinte aux personnes et aux biens :
du vol à l’étalage au tag, de la consommation de stupéfiant à la dégradation
de biens publics en passant par l’outrage à agent… Les délits financiers,
d’abus de confiance et d’autorité publique n’étant pas concernés !

Nul besoin que ces crimes et délits soient même prouvés : la Loi sur la
Sécurité Intérieure (LSI) précise que ce fichage peut être exécuté sur les
seules “présomptions de culpabilité“ que pourraient avoir les gardien-n-e-s de
l’ordre. TouTEs présuméEs coupable ! Le statut de la preuve est modifié. Quand
l’instruction était nécessaire au bon déroulement d’une affaire (enquête de
voisinage, sociale…), elle s’efface aujourd’hui au profit d’un relevé
biologique pour juger de la culpabilité d’un individu. Le transfert du
judiciaire au policier s’intensifie.

L’arbitraire policier renforcé, toute la population des contestataires est en
cours de fichage : manifestantEs anti-CPE, jeunes des banlieues,
faucheurs-euses d’OGM, fumeurs-euses de cannabis, syndicalistes, militantEs
antipub ou simples voleurs-euses... mesuréEs, numériséEs et fichéEs désormais
comme criminelLEs. Refuser le fichage

Le refus de prélèvement ADN (frottement de l’intérieur de la joue avec une
languette de bois) est possible, en garde à vue ou suite au procès, profitant
d’un “paradoxe“ légal : le refus de prélèvement s’appuie sur un droit, celui
de l’inviolabilité du corps, mais constitue un nouveau délit et provoque une
poursuite judiciaire. De plus, on touche alors de très près à la notion de
délit continu (anticonstitutionnel en France) : une fois passée l’affaire pour
un 1er refus de prélèvement, et reconnuE coupable du délit de refus, on peut
se faire convoquer pour prélèvement suite à ce dernier délit...

Le refus en masse reste jouable : la saturation des tribunaux s’envisage avec
seulement 10% de refus. Jusqu’ici, à ce que nous savons, les amendes n’ont pas
excédé 500€, bien loin des 15 000€ et de l’année de prison prévus par la loi
et brandis par les flics lors des gardes à vue pour “encourager“ au don de son
ADN.

Un collectif et un fond de soutien se constituent autour du site
http://refusadn.free.fr afin de permettre au plus grand nombre de refuser.
Envoyez vos dons à TEMOINS, 39 rue Courteline, 69 1000 Villeurbanne, mention
refus ADN au dos de l’enveloppe.

JPEG - 34 ko

Quelques éléments de réflexion

Le fichage ADN est un outil de contrôle fort : il plonge dans l’effroi d’être
épiéE dans son intimité, il donne la sensation d’être rendu transparentE aux
yeux de l’Etat. C’est la même sensation qu’éprouve unE prévenuE lors de sa
photographie : ille préférerait disparaître et se tord intérieurement le
visage pour ne pas être identifiéE. Cette peur est aujourd’hui utilisée pour
contraindre au silence et à la paralysie les contestataires.

Mais cette peur s’appuie sur un sentiment erroné, celui d’être son ADN. Une
pensée intériorisée, héritée de la cybernétique, veut que notre identité se
réduise à des informations stockées dans les hélices de notre ADN. En somme,
une identité seulement biologique qui met de coté toute notre subjectivité.
Dans cet exemple d’identification des prévenus, le prévenu est bien plus la
personne qui voudrait cacher son visage et qui tremble sous l’objectif, que le
visage qui apparaît sur la photo.

Le Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques, le FNAEG, s’ajoute à
tous ces autres fichiers qui constituent par fragments notre identité
virtuelle, cette identité à laquelle il est fait appel en quelques chiffres,
pour tel ou tel contrôle, telle ou telle identification, telle ou telle
gestion de nos droits. Pour parfaire cette identité virtuelle, nos
caractéristiques physiques comme l’ADN sont aujourd’hui numérisées : c’est la
biométrie, ou la mensuration des diverses parties du corps humain. En 2008
s’ajouteront deux nouveaux fichiers avec l’arrivée de la nouvelle carte
d’identité biométrique française, INES ( Identité Nationale Electronique
Sécurisée). Elle contiendra dans sa puce 3 de nos empreintes digitales
numérisées ainsi que la photo vectorisée de notre visage. C’est ici à toute la
population que l’on appliquera les relevés biométriques anciennement réservés
aux criminels.

Parler de criminalisation de la société permet d’illustrer comment, en
s’adressant aux fichiers qu’elle a crées, l’administration les fait parler à
notre place, en nous dé-subjectivant. Face au tribunal, la parole du criminel
n’a pas de poids, on ne lui fait pas confiance : ce sont les preuves qui
parlent à sa place. Les informations que l’Etat récolte sur nous dans ses
fichiers deviennent de la même façon les preuves qui parlent à notre place. En
s’adressant à notre identité numérique, l’administration peut gérer
automatiquement notre cas. Elle n’a pas besoin de nous entendre.

Ce mode de gestion lui permet de nous traiter en cheptel d’individus isoléEs.
Les individuEs, identifiéEs à leur double numérique, peuvent se déplacer ici
ou là, ont le droit de faire ceci ou cela, doivent être placéEs ici ou là dans
la limite où leur double administratif les y autorise... Au mépris de toutes
les interactions sociales qu’illes peuvent vivre.

Finalement, accepter le fichage biométrique, c’est rentrer dans la gestion
automatisée du vivant, réduit à son expression organique, qui ne laisse aucune
place à nos revendications politiques ou personnelles.

Pointer, comme le fait aujourd’hui la CNIL [1], les dérives des technologies
biométriques et ses dangers liberticides ne remet aucunement en cause notre
identité numérique de gestion Elle l’entérine plutôt, en nous pressant de la
protéger et par là de s’y attacher. Ce n’est pas la mauvaise utilisation que
pourrait faire un fasciste de la biométrie que nous tentons ici de dénoncer.
C’est la simple utilisation de cette technologie.

Les réflexions exposées ici sont grandement inspirées d’articles de fond sur
la biométrie. Merci aux rédacteurices et pensereuses.

A télécharger pour la diffusion

Deux tracts d’infos juridiques sur le refus ADN :

PDF - 193.5 ko
feuille juridique sur le fichage et son refus

PDF - 292.5 ko
tract juridique A6

et trois affiches :

PDF - 1.2 Mo
Affiche refus ADN dentiste

PDF - 266.1 ko
Affiche refus ADN prelevement

PDF - 74.3 ko
Affiche crache lui dessus

[1] CNIL, Commission Nationale Informatiques et Libertés


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