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Subject: [actus_l] Levée de boucliers contre la biométrie dans les lycées

http://www.zdnet.fr/actualites/informatique/0,39040745,39313020,00.htm

Levée de boucliers contre la biométrie dans les lycées
Par Christophe Guillemin
ZDNet France
Lundi 20 février 2006

Société - Des lycées commencent à adopter la biométrie pour contrôler l’accès
des élèves à la cantine. Des dispositifs qui ne convainquent pas les parents,
les enseignants comme les associations de défense des libertés individuelles.

Une demi-douzaine d'associations et de syndicats (*) se mobilisent contre le
déploiement de la biométrie dans les établissements scolaires. «Notre position
est que la biométrie est une technologie trop sensible pour être utilisée en
milieu scolaire», explique à ZDNet.fr Alain Weber, avocat et responsable de la
commission libertés et informatique de la Ligue des droits de l'homme (LDH).
«Nous demandons à ce qu'il n'y ait aucune utilisation de cette technologie
dans ces établissements, malgré le lobby commercial qui fait pression sur eux.»

Pour la Fédération syndicale unitaire (FSU), première organisation du
personnel de l'Education nationale, «le déploiement de cette technologie en
milieu scolaire tend à faire passer ce type de contrôle comme une pratique
anodine alors qu'il ne devrait pas l'être», explique son secrétaire général
Gérard Aschieri. Il lui préfère l'utilisation du badge, plus anonyme et moins
«disproportionnée».

À la Fédération des conseils de parents d'élèves, on considère que «plus que
la biométrie, c'est son utilisation en milieu scolaire qui pose problème. Rien
ne remplace un contrôle humain qui demeure mieux adapté un univers éducatif».
Le syndicat Sud Education de l'Essonne déplore également une «déshumanisation
de l'accueil des élèves».

Quant au Syndicat de la magistrature, il pointe une «banalisation à travers
l'école des dispositifs sécuritaires». «Il y a une tendance de la part de
l'éducation nationale à déployer ses systèmes sans réfléchir aux enjeux
éthiques», déplore son secrétaire général Côme Jacqmin.

Selon lui, le principal argument avancé par les établissements utilisant ces
systèmes est qu'ils s'avèrent plus facile à gérer. Il n'y a ainsi plus de
risques de perte de badges et donc plus de coûts de remplacements. «C'est un
mauvais argument. D'un point de vue éducatif, on peut déjà apprendre aux
élèves à faire attention aux équipements qui sont mis à leur disposition.»

Deux établissements français utilisent la biométrie pour l'accès à la cantine

À l'origine de cette mobilisation, un fait divers remontant à novembre 2005,
rapporté par notre confrère 01net. Une vingtaine d'étudiants du lycée de la
Vallée de Chevreuse à Gif-Sur-Yvette (Essonne) manifestent alors contre
l'installation d'un système biométrique, pour contrôler l'accès à la cantine
de leur établissement. Un dispositif basé sur la reconnaissance du contour de
la main. La manifestation dégénère et les bornes biométriques sont détruites
occasionnant 20.000 euros de dégâts, selon la gendarmerie locale. Le proviseur
a porté plainte.

Le procés a eu lieu le 17 février au tribunal correctionnel d'Évry, qui a
condamné trois étudiants à 9.000 euros solidaires de dommages et intérêts, 500
euros chacun d'amende ainsi que trois mois d'emprisonnement avec sursis. Leur
avocate nous a confié que la demande d'appel était «très probable». La
direction du Lycée s'est refusée à tout commentaire.

Les différents organismes ont appuyé la manifestation de ces lycéens. «Nous
avons soutenu publiquement cette protestation saine des élèves même si nous ne
cautionnons bien évidemment pas les dégâts occasionnés aux équipements»,
indique Gérard Aschieri de la FSU. Ce soutien public n'est qu'une première
étape. La LDH prévoit une journée de colloques sur le sujet dans les semaines
à venir.

Une dizaine d'autres dossiers en cours d'examens par la Cnil

Interrogée par ZDNet.fr, la Commission nationale de l'informatique et des
libertés (Cnil) nous a confirmé avoir donné les autorisations nécessaires au
déploiement de deux dispositifs biométriques d'accès à une cantine scolaire,
dont celui du lycée de la Vallée de Chevreuse. Mais deux mois après leur mise
en place.

Comme nous le confiait récemment, Mathias Moulin, un de ses experts
juridiques: «Dans le cas du contour de la main, il ne peut a priori être capté
qu'avec un matériel spécifique. Quelle que soit la finalité de la mise en
place d'un tel système, il y a de grandes chances que nous y soyons
favorables.» La Cnil estime que ce type de dispositif est celui qui présente
le moins de dangers pour les libertés individuelles.

Un avis que ne partagent pas les différentes organisations précitées. Un
dossier qui est loin d'être clos puisque la Commission nationale de
l'informatique et des libertés doit examiner une dizaine de demandes pour des
systèmes biométriques en milieu scolaire.

(*) La Ligue des droits de l'homme (LDH), le Syndicat de la Magistrature, la
Fédération syndicale unitaire, le syndicat Sud Education de l'Essonne, la
Fédération des conseils de parents d'élèves.

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